October 11, 2019 / 9:59 AM / 2 months ago

LEAD 2-Renault révoque son DG pour se donner "un nouveau souffle"

(Actualisé avec conférence de presse de Senard)

par Gilles Guillaume

PARIS, 11 octobre (Reuters) - Le conseil d’administration de Renault s’est séparé vendredi de son directeur général Thierry Bolloré, l’un des derniers hauts dirigeants du groupe incarnant les années Carlos Ghosn, afin de donner un “nouveau souffle” au constructeur automobile français et à son alliance avec Nissan.

“Le nouveau souffle de l’alliance nécessite une nouvelle gouvernance, le nouveau souffle pour Renault nécessite un nouveau patron”, a déclaré le président du groupe, Jean-Dominique Senard, lors d’une conférence de presse.

Ce “nouveau souffle” implique de renforcer l’autonomie, le décloisonnement et la “capacité de respiration” des équipes, a encore expliqué le président du groupe au losange, nommé en janvier après la démission de Carlos Ghosn arrêté au Japon pour malversations financières.

Alors directeur général délégué, Thierry Bolloré, 56 ans, avait été nommé en janvier directeur général de Renault pour maintenir, au côté de Jean-Dominique Senard, le fil rouge opérationnel qu’il incarnait depuis début 2018.

Lors d’une réunion vendredi matin, le conseil d’administration de Renault a voté son remplacement par un triumvirat intérimaire, épilogue de plusieurs jours de rumeurs sur son départ.

La directrice financière Clotilde Delbos a été nommée directrice générale par intérim, le temps de mener le processus de désignation d’un nouveau numéro deux. Le délai que prendra ce processus est “incertain”, a précisé Jean-Dominique Senard.

Clotilde Delbos sera assistée dans ses nouvelles fonctions par José-Vicente de los Mozoz, directeur de la fabrication et de la logistique et autre pilier du comité exécutif, et par Olivier Murguet, directeur commercial de Renault. Tous deux sont nommés directeur généraux adjoints.

“IL FAUT SAVOIR CHANGER LES PERSONNES”

Lorsqu’il a succédé au président Carlos Ghosn, dont l’arrestation au Japon a ébranlé Renault et Nissan, Jean-Dominique Senard s’est vu fixer pour mission par le conseil d’administration - et notamment l’Etat français, principal actionnaire avec 15% du capital - de restaurer le dialogue avec le partenaire japonais et de renouveler la gouvernance du groupe au losange.

L’Etat estimait depuis plusieurs mois que ce renouvellement tardait trop. “Il faut parfois savoir changer les personnes qui sont là depuis longtemps”, a dit mardi à Reuters une source au fait de la vision qu’a l’Etat du dossier.

Le départ de Thierry Bolloré intervient trois jours après le changement de direction à la tête de Nissan, qui a désigné mardi Makoto Uchida pour remplacer Hiroto Saikawa au poste de directeur général du deuxième constructeur automobile japonais, un choix jugé inattendu mais judicieux pour relancer l’alliance avec Renault.

Dans une démarche peu commune, Thierry Bolloré a dénoncé par avance jeudi dans une interview aux Echos un “coup de force inquiétant” et un risque de déstabilisation. En retour, le communiqué de Renault, vendredi, ne mentionne aucun des remerciements d’usage pour les sept années que le dirigeant a passées chez Renault.

Lors de sa conférence de presse, Jean-Dominique Senard a salué la “présence nécessaire et utile” de Thierry Bolloré “au moment de la crise de l’an dernier”, ajoutant qu’il n’y avait rien de personnel dans la décision de le mettre à l’écart. (Avec Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Bélot)

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