September 30, 2019 / 5:01 AM / 24 days ago

RPT-POINT HEBDO-Les marchés abordent le dernier trimestre entre deux eaux

(Répétition sans changement d’une dépêche diffusée vendredi)

* Une grande confusion règne sur les marchés

* Le commerce et les malheurs de Trump donnent le ton

* La crainte d’une récession toujours en arrière-plan

* La peur d’un assèchement de la liquidité refait surface

* Les PMI des services et l’emploi américain à l’agenda

par Patrick Vignal

PARIS, 30 septembre (Reuters) - Avec des signaux contradictoires sur le front du commerce, des soucis pour Donald Trump et la crainte de voir un secteur manufacturier malade contaminer l’ensemble de l’économie, le dernier trimestre de l’année s’ouvre dans la plus grande confusion sur les marchés financiers.

La journée de jeudi a illustré l’instabilité ambiante avec des Bourses européennes qui saluaient des gestes de bonne volonté venus de la Chine tandis que les indices américains plongeaient dans le rouge après la publication de la plainte du “lanceur d’alerte” à l’origine de la procédure de destitution à l’encontre du président américain.

“La procédure d’impeachment et l’interminable dossier commercial sont les deux variables qui dictent la tendance”, notent les analystes de Saxo Banque, qui résument bien le climat général en parlant de “marchés entre deux eaux”.

Donald Trump, qui pourrait rechercher une forme d’accord commercial avec Pékin afin de favoriser sa réélection en 2020, fait donc dans le même temps l’objet d’une procédure parlementaire pour destitution, pour avoir demandé au président ukrainien d’enquêter sur Joe Biden, l’un de ses possibles adversaires.

Les investisseurs ne savent plus, au gré des événements qui se bousculent, s’ils doivent se réjouir ou se désoler. Dans ce contexte, leur appétit pour le risque reste limité, avec des réactions modérées aux mauvaises nouvelles comme aux bonnes.

Si les premières abondent, les secondes sont plus rares, se limitant pratiquement à l’espoir d’une embellie sur le front commerce et à l’assurance de voir les banques centrales demeurer accommodantes pendant une période prolongée.

Les raisons de s’inquiéter ne manquent pas en revanche, à commencer par l’accumulation des signaux attestant du ralentissement de l’économie mondiale, avec un secteur manufacturier en contraction un peu partout, notamment en Allemagne.

Dans ce contexte, les résultats définitifs des enquêtes mensuelles auprès des directeurs d’achat sur l’activité manufacturière en Chine (lundi) puis en Europe et aux Etats-Unis (mardi) seront étudiés avec soin sur les marchés.

Mais les indices les plus attendus sont ceux des enquêtes sur le secteur des services en Allemagne et dans la zone euro. Ils seront publiés jeudi et pourraient confirmer un début de contagion des symptômes du secteur manufacturier à cette activité, qui résiste pour l’instant en raison notamment de la bonne tenue de la consommation.

L’EMPLOI AMÉRICAIN À SURVEILLER DE PRÈS

L’une des explications à cette résistance de la consommation est que le marché du travail est sain, notamment aux Etats-Unis, avec une situation proche du plein emploi.

Tout fléchissement sur ce front serait considéré comme un signal d’alarme, ce qui donne un relief particulier au rapport mensuel sur l’emploi et les salaires aux Etats-Unis, attendu pour vendredi.

Dans ce contexte agité, avec la crainte d’une récession toujours en arrière-plan, la peur d’un assèchement de la liquidité vient de refaire surface avec des tensions sur le marché interbancaire américain qui ont conduit la Réserve fédérale à injecter chaque jour des sommes considérables pour tenter de garder le contrôle des taux courts.

“Les taux sur les prêts au jour le jour sont montés jusqu’à 10% sur ce marché crucial pour la provision de liquidités à l’économie”, note Axel Botte, stratégiste d’Ostrum Asset Management. “Cette hausse est symptomatique du fonctionnement des marchés monétaires depuis la crise financière. Les banques centrales y jouent un rôle considérable et ne sont plus qu’un pourvoyeur de liquidités en dernier ressort.”

Le débat pourrait être étendu à l’ensemble de la politique monétaire, qui ont atteint leurs limites selon Andy Warwick, gérant chez Newton (BNY Mellon Investment Management)

Les largesses des instituts d’émission depuis la crise financière ont contribué à faire prospérer les actifs financiers mais pas à relancer l’économie réelle et elles ont nourri un mécontentement qui s’exprime notamment dans la montée des populismes, selon lui.

“La Banque centrale européenne est plus accommodante que jamais, la Réserve fédérale l’est encore et la Banque du Japon ne cessera jamais de l’être mais leurs politiques monétaires ont échoué”, dit-il.

LES BANQUES CENTRALES DIVISÉES

Si les actions restent soutenues par les injections massives de liquidité par les banques centrales, le marché obligataire et les indicateurs économiques avancés adressent des signaux inquiétants, souligne le gérant.

“De nombreux voyants d’alerte sont au rouge”, dit-il avant d’expliquer que sa priorité va désormais à la préservation du capital de ses clients.

Pour ne rien arranger, les instituts d’émission sont de plus en plus divisés, comme vient de l’illustrer la décision de Sabine Lautenschläger de quitter son poste de membre du directoire de la Banque centrale européenne trois ans avant la fin de son mandat.

Clairement rangée dans le camp des partisans d’une certaine orthodoxie monétaire, l’Allemande n’était pas d’accord avec la décision de la BCE de reprendre ses rachats d’actifs. Son départ, le 31 octobre, coïncidera avec la fin du mandat de Mario Draghi, qui cédera la présidence de l’institution de Francfort à Christine Lagarde.

“Le fait que l’opposition à la dernière décision de politique monétaire donne de la voix depuis qu’elle a été prise montre à quel point la BCE est fragile aujourd’hui”, commente Carsten Brzeski, économiste d’ING.

“Quand Christine Lagarde remplacera Mario Draghi en novembre, elle aura du travail à faire pour recoller les morceaux.”

édité par Marc Angrand

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