September 19, 2019 / 1:30 PM / in 3 months

LEAD 1-Paris et Berlin d'accord sur une stratégie économique commune

* Accord sur les priorités, pas sur le calendrier

* Paris et Berlin “tendent la main” aux USA sur Boeing

* Un projet commun de stockage sécurisé des données sensibles (Actualisé avec autres citations, précisions)

PARIS, 19 septembre (Reuters) - Paris et Berlin entendent mettre en oeuvre une stratégie économique commune face au ralentissement de la croissance dans le monde et dans la zone euro, en développant notamment une politique budgétaire “qui soit capable de prendre le relais d’une politique monétaire”, a déclaré jeudi Bruno Le Maire.

Les ministres français et allemand des Finances, qui se sont réunis à Paris pour le 50e Conseil économique et financier, ont mis en garde les Etats-Unis contre toute “nouvelle guerre commerciale” dans le contentieux opposant Airbus à Boeing devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Américains et Européens s’accusent mutuellement de verser des aides publiques illégales aux compagnies aériennes. Les Etats-Unis menacent de relever les droits de douane en représailles aux subventions accordées à Airbus.

Face au ralentissement économique mondial, au défi climatique et technologique et à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, “il nous a semblé d’autant plus important de faire face ensemble”, a déclaré le ministre français de l’Economie et des Finances lors d’une conférence de presse commune avec les ministres allemands Olaf Scholz (Finances) et Peter Altmaier (Economie et Energie).

Cette stratégie commune s’articulera autour de trois priorités :”Poursuivre la réduction de la dette publique là où c’est nécessaire”, “poursuivre les réformes structurelles” et “avoir une politique budgétaire qui soit capable de prendre le relais d’une politique monétaire”, a précisé Bruno Le Maire.

Un débat demeure toutefois sur le calendrier de mise en oeuvre de cette stratégie, a ajouté le ministre, soulignant que la France souhaitait l’activer le plus rapidement possible.

“LES GUERRES COMMERCIALES NE SONT BONNES POUR PERSONNE”

Autre point d’accord : une taxonomie franco-allemande “qui permettra de définir si un investissement est vert ou pas”.

Les deux pays ont confirmé en outre leur projet commun de “stockage sécurisé de données sensibles”. “Ce sont les données sensibles de toutes les entreprises, ce ne sont pas les données des entreprises sensibles”, a souligné Bruno Le Maire.

Les entreprises françaises Dassault Systèmes, Thales, Atos et OVH, notamment, travailleront sur le sujet avec des entreprises allemandes et devraient “rendre leurs décisions pour la fin de l’année”.

Cncernant l’exploitation des données elles-mêmes, “nous avons pris du retard par rapport aux grandes entreprises digitales américaines, je suis tout à fait ouvert à ce qu’on approfondisse la réflexion avec nos amis allemands là-dessus”, a dit le ministre français.

A la suite de Bruxelles, Français et Allemands appellent par ailleurs à un accord à l’amiable sur le litige entre Boeing et Airbus, chacun des constructeurs accusant l’autre de bénéficier de subventions publiques.

“Nous continuons à tendre la main à nos alliés américains” a assuré Bruno Le Maire. “Si les Etats-Unis devaient nous imposer des sanctions, (ils) doivent savoir que nous serions prêts à réagir, là encore dans le cadre de l’OMC et des possibilités qu’elle nous donnera d’ici quelques mois”.

L’OMC doit se prononcer dans les semaines qui viennent sur le préjudice subi par Boeing. La plainte européenne devant l’OMC étant intervenue à la suite de celle de Washington, l’UE ne pourra se déterminer qu’au printemps 2020.

“Cela ne nous paraît pas de bonne politique d’avoir les Etats-Unis qui imposent des sanctions à l’Europe sur la base de la décision de l’OMC et puis l’Europe qui réagit quelques mois plus tard”, a dit Bruno Le Maire. “Les guerres commerciales ne sont bonnes pour personne”, a-t-il martelé, évoquant “0,5 point de croissance mondiale en moins en 2020” en raison du conflit sino-américain.

France et Allemagne ont confirmé la construction de deux usines de batteries électriques - l’une qui entrera en activité en 2022 en France, en Nouvelle Aquitaine, forte de 2.000 salariés dans le cadre d’un consortium avec Saft, filiale du groupe Total, et l’autre en 2024 en Allemagne. (Sophie Louet avec Leigh Thomas et Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Belot)

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