August 23, 2019 / 12:09 PM / 25 days ago

REPORTAGE-Biarritz se barricade à la veille du G7

* Des forces de l’ordre en grand nombre

* Des vacanciers ont pris la fuite

* La ville changée en place forte avant le sommet

BIARRITZ, 23 août (Reuters) - Policiers omniprésents, vacanciers tenus à l’écart et navires militaires à l’horizon : Biarritz a pris vendredi un visage insolite à cette période de l’année, plus proche de la place forte que de la station balnéaire, à mille lieues de l’effervescence habituelle de la fin du mois d’août.

Des barrières, dressées dans la nuit de jeudi à vendredi, ont soudain divisé la ville en zones concentriques : le front de mer ultra sécurisé, réservé aux délégations et aux résidents, une zone intermédiaire, d’où la plupart des véhicules sont exclus, et le reste, où la vie peut suivre son cours normal.

Les forces de l’ordre déployées en nombre surveillent les entrées et sorties dans la zone dite rouge, celle où se retrouveront samedi les chefs d’Etat et de gouvernement de sept pays parmi les plus puissants de la planète (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Canada, Italie).

Au total, 13.200 policiers et gendarmes - selon le ministère de l’Intérieur - participent au dispositif de sécurité dans la région, sans compter les militaires dont le nombre n’a pas été dévoilé et les agents escortant les délégations étrangères.

Des navires de guerre apparaissent également au large et des hélicoptères par intermittence dans les airs.

Les nombreuses contraintes imposées aux promeneurs en ont fait fuir beaucoup, comme Pascal, un Alsacien de 56 ans, qui a décidé d’écourter son séjour de 24 heures pour se rabattre sur le bassin d’Arcachon, plus au nord.

“Ça nous embête un peu parce qu’on ne peut pas circuler et la plage qui est juste en face de chez nous est fermée”, se désole-t-il, avant d’allumer le moteur de sa voiture.

“LE BIARRITZ DES ANNÉES 1970”

Conséquence : la foule des touristes qui peuple d’ordinaire les rues de Biarritz à la fin de l’été a cédé la place à un aréopage nettement plus clairsemé d’hommes en bleu, de journalistes caméra à l’épaule et de résidents et vacanciers épars arborant un badge de rigueur - bleu, rouge ou vert.

“On dirait le Biarritz des années 1970”, selon Catherine, une retraitée installée là depuis 12 ans, qui s’émerveille du “calme” retrouvé.

Certains Biarrots vivant en zone rouge se plaignent toutefois du courrier qui n’est plus distribué pendant quatre jours ou des poubelles dans les rues, scellées pour l’occasion.

De nombreux commerçants et restaurateurs, médusés par la fréquentation en chute libre, se demandent quant à eux pourquoi l’exécutif français, organisateur de ce sommet comme tous les sept ans, a choisi ces dates en pleine saison.

Le propriétaire du Ventilo Caffé, non loin de la plage du Port-Vieux, évalue à 60% à 70% la perte de chiffre d’affaires pour la journée de jeudi et décidera ce vendredi s’il est préférable de baisser complètement le rideau durant les trois jours du sommet, quitte à mettre ses salariés au repos.

La réunion des grands de ce monde a des conséquences au-delà de Biarritz, notamment à Hendaye, à quelques kilomètres de là, où les agences bancaires se sont couvertes de panneaux de bois pour se prémunir contre les assauts éventuels de manifestants hostiles au G7.

Sur ces panneaux, ont fleuri les slogans tels que “G7 envie de tout péter” ou “Le capitalisme n’est pas immortel”. (Simon Carraud et John Irish avec Noémie Olive et Stéphane Mahé, édité par Elizabeth Pineau)

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