May 14, 2019 / 5:23 PM / 3 months ago

LEAD 1-Italie-Désaccord Salvini-Di Maio sur les règles budgétaires de l'UE

(Actualisé avec réaction de Di Maio, contexte)

ROME, 14 mai (Reuters) - Les deux vice-présidents du Conseil italien, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, ont affiché au grand jour mardi leur désaccord sur les règles européennes en matière de déficit et de dette publique, le premier critiquant les déclarations du second sur la possibilité de les enfreindre.

Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S, autoproclamé “anti-système”), et Matteo Salvini, celui de la Ligue (extrême droite), s’affrontent régulièrement depuis le début de la campagne pour les élections européennes du 26 mai, sur des sujets allant de l’immigration à la lutte contre la corruption.

Mardi, Luigi Di Maio, a jugé devant des journalistes à Pérouse qu’il était “assez irresponsable” de créer des tensions sur les marchés financiers en évoquant une augmentation de la dette publique.

Il a estimé que la coalition gouvernementale devait donner la priorité à la réduction des dépenses et à la lutte contre l’évasion fiscale avant d’envisager de recourir à l’endettement.

Quelques heures plus tôt, Matteo Salvini avait déclaré que l’Italie était prête à enfreindre la règle européenne plafonnant le déficit public à 3% du produit intérieur brut (PIB) et à porter la dette au-delà de 140% du PIB si cela était nécessaire pour favoriser l’emploi.

“Si nous devons enfreindre certaines limites, comme celle des 3% ou des 130-140%, nous sommes prêts à le faire”, a dit Salvini.

“Nous sommes prêts à toutes les dépenses nécessaires pour parvenir à un taux de chômage de 5% et si quelqu’un à Bruxelles n’est pas content, ce n’est pas notre problème”, a-t-il ajouté devant la presse.

CAMPAGNE EUROPÉENNE ET ENJEU DE POLITIQUE INTÉRIEURE

Ces déclarations ont ravivé les craintes d’un nouveau dérapage budgétaire, poussant à la hausse les rendements des emprunts d’Etat émis par Rome.

Avec une dette publique qui représente 132% de son PIB, l’Italie se classe, derrière la Grèce, au deuxième rang du classement des pays les plus endettés de la zone euro.

La Commission européenne s’était abstenue en décembre d’entamer une procédure disciplinaire à l’encontre de Rome mais elle tablait à l’époque sur un ratio d’endettement ramené à 131,1% en 2018. Elle doit faire un nouveau point sur la situation en juin au vu des données définitives d’Eurostat et des nouvelles prévisions transmises par Rome.

La Ligue marque le pas dans les intentions de vote à l’approche des élections européennes, selon une série de sondages publiés la semaine dernière.

Matteo Salvini espère transformer ce scrutin en succès électoral de son parti et plus largement des mouvements nationalistes et eurosceptiques en Europe.

La Ligue a également besoin d’un succès pour des raisons intérieures: elle espère marginaliser le Mouvement 5 Etoiles (M5S), son partenaire au sein de la coalition gouvernementale au pouvoir en Italie.

Luigi Di Maio, lui, s’efforce de donner une image plus modérée au M5S en se démarquant des positions de la Ligue sur l’immigration et la sécurité et en adoptant un ton plus conciliant vis-à-vis des autorités européennes en matières de finances publiques.

Mais la semaine dernière, il avait lui-même déclaré que Rome pourrait envisager de dépasser le seuil des 3% de déficit et appelé l’UE à changer ses règles en excluant les investissements dans l’éducation et la santé du calcul du déficit.

Angelo Amante et Riccardo Bastianello; Pierre Sérisier et Marc Angrand pour le service français

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