May 14, 2019 / 11:38 AM / 6 days ago

GRAPHES-Les valeurs européennes les plus exposées à la guerre commerciale

* Graphiques interactifs par secteurs

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par Josephine Mason et Ritvik Carvalho

LONDRES, 14 mai (Reuters) - Avec un chiffre d’affaires cumulé de l’ordre de 1.200 milliards d’euros prévu cette année aux Etats-Unis, les sociétés cotées européennes sont particulièrement vulnérables à une hausse des tarifs douaniers que l’administration Trump pourrait annoncer cette semaine.

Donald Trump doit décider d’ici samedi de taxer ou non les importations automobiles, une décision qui pénaliserait spécialement le Vieux-Continent et représenterait un risque supplémentaire pour la croissance mondiale.

Le regain de tension avec la Chine depuis la semaine dernière pourrait pousser le président américain à patienter, à moins qu’il ne décide de lancer la guerre commerciale sur deux fronts.

Le mois dernier, il avait également menacé de taxer des centaines de produits européens, du fromage aux tenues de ski, pour un montant de 11 milliards de dollars (9,8 milliards d’euros).

L’impact risque d’être d’autant plus profond que l’Europe, affaiblie par le ralentissement de la croissance et la situation budgétaire de certains pays comme l’Italie, n’a pas les moyens de la Chine qui, depuis six mois, multiplie les mesures de soutien à son économie pour amortir l’impact de la guerre commerciale.

“S’agissant du commerce, je suis bien plus inquiet pour l’Europe que pour la Chine”, déclare Christophe Donay, responsable de l’allocation d’actifs chez Pictet Wealth Management.

D’après Amundi Asset Management, numéro un européen de la gestion d’actifs, les ventes aux Etats-Unis représentent environ 20% du chiffre d’affaires cumulé des sociétés de l’indice MSCI Europe, alors que les sociétés du MSCI US réalisent environ 14% de leur chiffre d’affaires cumulé en Europe.

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AUTO ET TECH

Sans surprise, les constructeurs automobiles européens sont particulièrement vulnérables au protectionnisme américain.

Des droits de douane de 25% entraîneraient une baisse de 0,2 ou 0,3 point de pourcentage des revenus à l’exportation et du produit intérieur brut (PIB) de l’Allemagne, selon les analystes de Moody’s. Treize pour cent des exportations automobiles allemandes sont à destination des Etats-Unis.

Le constructeur italo-américain Fiat Chrysler réalise un chiffre d’affaires de 45,3 milliards de dollars aux Etats-Unis, mais ses usines d’assemblage sur place le mettent partiellement à l’abri d’une hausse des droits de douane.

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Caroline Simmons, numéro deux du bureau de Londres d’UBS Global Wealth Management, pense qu’une nouvelle dégradation des relations commerciales impacterait principalement les secteurs des hautes technologies, de l’énergie et de l’industrie, dont les entreprises cotées réalisent en moyenne de 10 à 20% de leur chiffre d’affaires aux Etats-Unis.

UBS est à sous-pondérer sur la consommation discrétionnaire dans la zone euro, ensemble qui comprend le secteur automobile, en partie à cause de la guerre commerciale.

“Ce sujet rend le marché nerveux et l’escalade de l’an dernier (entre les Etats-Unis et la Chine) a eu un effet plus important que ce qui était anticipé”, relève-t-elle.

LA PHARMA À SON TOUR ?

Parmi les valeurs du Stoxx 600, le secteur de la santé présente la plus forte exposition au marché américain puisque les laboratoires y réalisent en moyenne 33% de leurs ventes.

D’après les estimations de leurs chiffres d’affaires 2019 compilées par Refinitiv, ils comptent générer pour 133,3 milliards d’euros de revenus cette année aux Etats-Unis, le premier marché mondial pour la pharmacie.

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Le secteur de la santé n’est pas concerné par les prises de bec entre Washington et Bruxelles à ce stade mais certains investisseurs craignent de le voir affecté à son tour.

“Comme ces valeurs sont perçues comme défensives en temps normal, la déception risque d’être double en cas de guerre des tarifs douaniers”, écrit Ibra Wane, stratège chez Amundi, dans une note parue cette semaine.

L’indice sectoriel européen de la santé a regagné 8% depuis les plus bas de la fin décembre, soit moins que la plupart des autres secteurs et que la hausse de 11% de l’indice de référence Stoxx 600.

Au sein de ce compartiment, BTG, BB Biotech et Fresenius Medical Care sont les sociétés les plus exposées puisqu’elles réalisent entre 67% et 90% de leur chiffre d’affaires aux Etats-Unis.

Dans les biens d’équipement, les britanniques Ashtead et Ferguson sont aussi en première ligne, avec plus de 80% de leurs ventes réalisées aux Etats-Unis.

graphiques de Ritvik Carvalho, Véronique Tison pour le service français, édité par Blandine Hénault

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