May 7, 2019 / 2:42 PM / 19 days ago

Dette des émergents-Paris presse pour développer les bonnes pratiques

* Des principes qui tardent à se concrétiser

* Paris et le FMI saluent des avancées chinoises

* Prochaine étape au somment du G20 au Japon en juin

PARIS, 7 mai (Reuters) - La France a plaidé mardi pour accélérer l’application de règles communes et de bonnes pratiques pour un financement soutenable des investissements dans les pays en développement, où l’endettement s’est accru ces dernières années jusqu’à atteindre des niveaux préoccupants.

Dans un contexte de montée en puissance de financements accordés par de nouveaux créanciers - comme la Chine et l’Arabie saoudite par exemple - dans de nombreux pays en développement, la mise en place d’un tel cadre figure au rang des priorités de la présidence française du Groupe des Sept (G7) dans le cadre du G7 Finances.

“Le temps presse. Nous devons prendre des décisions au cours des prochaines semaines lors des sommets du G7 et du G20 et agir en conséquence. Il est temps de prendre des décisions sur le financement soutenable de la croissance et du développement”, a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances français Bruno Le Maire lors d’une conférence à Paris.

Organisée par le Forum de Paris, une structure informelle réunissant des pays prêteurs et emprunteurs, cette rencontre a rassemblé à Bercy plusieurs dizaines de ministres, de gouverneurs de banques centrales, de représentants d’organisations internationales, de grandes banques comme Crédit Suisse ou HSBC et d’ONG comme Oxfam.

Objectif: offrir une caisse de résonance sur ce thème avant le sommet du G20 Finances prévu les 8 et 9 juin prochain à Fukuoka, au Japon, et convaincre la Chine - sans la citer nommément - d’éviter de faire dériver des pays en développement vers le surendettement et de faire preuve de plus de transparence sur les contreparties aux financements qu’elle accorde.

“Il importe au plus haut point d’aller plus loin dans les réformes”, pour permettre de financer les investissements nécessaires dans les pays en développement sans menacer leur stabilité macroéconomique, a souligné la directrice générale du FMI Christine Lagarde lors de cette conférence.

UN RISQUE D’ASSERVISSEMENT, POUR BRUNO LE MAIRE

Selon elle, l’évolution des prêts et du profil des créanciers rend de plus en plus difficile les restructurations de dette pour les pays qui se retrouvent en difficulté, alors qu’il s’agit de l’approche privilégiée par les principaux créanciers publics traditionnels.

A l’inverse, la Chine, mais d’autres pays comme l’Inde, la Turquie et l’Arabie saoudite, ainsi que certains créanciers privés, ont tendance à proposer des prêts gagés sur des actifs jugés problématiques.

Le surendettement devient alors, au-delà de ses répercussions économiques et politiques, une question de souveraineté, a estimé Bruno Le Maire.

“Quand il y a surendettement, cela peut conduire à l’asservissement d’un certain nombre d’Etats”, susceptibles de céder le contrôle d’infrastructures stratégiques ou de matières premières lorsqu’ils ne sont plus à même de rembourser leurs échéances, a-t-il souligné.

D’où l’importance selon le ministre français de s’accorder sur le respect d’un cadre équitable du financement des investissements dans les pays en développement, ainsi que des règles garantissant la soutenabilité de la dette, la transparence sur les conditions d’octroi des prêts, ainsi que sur la qualité des projets ainsi financés.

Le Groupe des Vingt - dont la Chine fait partie - a déjà adopté en 2017 des principes en ce sens, et le Japon, qui préside le G20 cette année, compte faire le point sur leur mise en oeuvre après des auto-évaluations des créanciers publics volontaires.

En attendant, Bruno Le Maire a salué une “avancée positive” de Pékin, alors que le président Xi Jinping s’est engagé la semaine dernière à davantage de transparence dans le financement des projets d’infrastructures dans le cadre du projet des “nouvelles routes de la soie”.

“C’est un pas important dans la bonne direction de la part de la Chine et cela devrait la conduire à mettre en oeuvre les principes du G20”, a-t-il poursuivi. Christine Lagarde a également salué les avancées de la Chine vers des principes d’évaluation de la soutenabilité de la dette pour les bénéficiaires des prêts consentis par Pékin en lien avec ce programme d’investissements massifs. (Myriam Rivet et Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse)

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