May 6, 2019 / 11:20 AM / 5 months ago

3 QUESTIONS À-Donald Trump tente un coup de poker avec la Chine-Candriam

PARIS, 6 mai (Reuters) - Les menaces de Donald Trump de porter de 10% à 25% les droits de douane portant sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises s’apparentent à une technique de négociation et il est trop tôt pour dire si elles auront un effet durable sur les marchés, fait valoir Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire de Candriam.

1/ Ce genre d’événement est-il susceptible de faire revenir durablement la volatilité, voire de précipiter l’entrée des marchés dans une phase baissière ?

Nicolas Forest - “C’est une menace de Donald Trump dans le cadre d’une négociation de long terme. Cette discussion avec les Chinois devait être un peu trop longue sur certains points. Nous sommes clairement dans une tactique de négociation. Donald Trump sort le coup de poker pour mettre la pression davantage sur les autorités chinoises. Cela ne veut pas dire que ce droit de douane va s’appliquer. Pour l’instant, il s’agit uniquement d’une menace. Sans doute aurons-nous la réponse d’ici à vendredi.

“Les Chinois ont confirmé qu’une délégation allait se rendre aux Etats-Unis mercredi donc il faut attendre. Pour savoir s’il s’agit d’autre chose qu’un événement ponctuel dans un marché qui est très peu liquide puisque la Bourse de Londres est fermée, il faudrait une confirmation qu’il y aura bien une augmentation des droits de douane. Si c’était le cas, nous pourrions avoir durablement un marché du mois de mai beaucoup plus volatil. Mais il est trop tôt pour le dire.”

2/ Donald Trump, dont on sait qu’il est partisan d’une baisse des taux, met-il ainsi la pression sur la Réserve fédérale en créant un choc susceptible de la conduire à modifier sa politique monétaire ?

Nicolas Forest - “La menace est destinée à mettre la pression sur la Chine, pas sur la Fed. En ce qui concerne la politique monétaire, les données sur le marché de l’emploi et la tenue de l’économie aux Etats-Unis font qu’une baisse des taux n’est pas du tout justifiée, même si le marché continue à anticiper un peu de baisse. La croissance américaine est solide, le taux de chômage est bas et la productivité remonte. La Fed est dans une situation très confortable qui ne justifie pas de baisser les taux. Il faudrait qu’il y ait un choc vraiment très important pour qu’elle le fasse. Or aujourd’hui, même si vous aviez une baisse de 10% sur la courbe des actions, cela ne justifierait pas pour autant que la Fed baisse les taux.”

3/ La menace protectionniste est-elle appelée à durer et à peser sur d’autres économies que celle de la Chine ?

Nicolas Forest - “Sur le long terme, nous sommes dans une phase de ralentissement des échanges mondiaux qui peut entraîner un ralentissement voire une récession de l’activité manufacturière, alors que tout ce qui est secteur des services et activité domestique résiste très bien.

“Nous sommes dans une ère de démondialisation, ce qui ne veut pas dire que nous sommes dans une récession mais simplement dans une situation où les cartes sont redistribuées. Certains pays, comme l’Allemagne, comme la Chine, comme la Corée du Sud, qui ont beaucoup tiré partie de cette globalisation, sont plus vulnérables. Le modèle allemand, qui était cité en exemple dans les années 2000, est particulièrement remis en question.”

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Propos recueillis par Patrick Vignal, édité par Blandine Hénault

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