May 6, 2019 / 6:40 AM / 4 months ago

Boeing a mis 13 mois à révéler le problème d'alerte sur le 737 MAX

CHICAGO/WASHINGTON, 6 mai (Reuters) - Boeing a mis plus d’un an à informer les autorités américaines de l’aviation civile que le système d’alerte sur l’incohérence de certaines données de vol n’était plus proposé qu’en option sur le 737 MAX alors qu’il était auparavant installé d’office sur les précédentes versions de l’appareil.

L’avionneur américain a cependant affirmé dimanche que l’absence de ce système d’alerte ne représentait aucun risque en termes de sécurité.

Depuis qu’il est apparu que Boeing ne proposait plus qu’en option sur le 737 MAX un dispositif prévenant les pilotes d’éventuelles incohérences dans les données relatives à l’angle d’attaque émanant de deux capteurs, le constructeur s’efforce de démentir l’idée selon laquelle il fait payer les compagnies aériennes pour équiper leurs appareils de certains dispositifs de sécurité.

Tous les 737 MAX dans le monde sont cloués au sol depuis mars, à la suite de deux catastrophes aériennes en cinq mois impliquant ce modèle d’avion.

Boeing a admis que, dans les deux cas, des données erronées sur l’angle d’attaque ont été transmises au système anti-décrochage de l’appareil dans le cadre d’une chaîne plus large d’événements, l’avionneur ne reconnaissant cependant aucune faute.

L’angle d’attaque, ou d’incidence, correspond à l’angle formé par l’aile de l’avion par rapport au flux d’air et il permet de déterminer la capacité de l’appareil à conserver sa portance et à continuer de voler.

LA FAA D’ACCORD AVEC L’ÉVALUATION DE BOEING

Dans un communiqué publié dimanche, Boeing dit n’avoir découvert qu’après avoir commencé à livrer des 737 MAX en 2017 que le système d’alerte sur l’angle d’attaque était en option et non pas de série comme il le souhaitait.

Un responsable de l’administration fédérale de l’aviation (FAA) aux Etats-Unis a déclaré dimanche à Reuters que Boeing avait attendu 13 mois avant de prévenir cet organisme en novembre 2018.

Un autre système fournissant les données brutes sur l’angle d’attaque est proposé depuis des années en option et n’est que rarement utilisé par les pilotes de ligne.

“Ni l’indicateur d’angle d’attaque ni le système d’alerte (sur l’angle d’attaque) ne sont nécessaires pour le fonctionnement sûr de l’appareil”, déclare Boeing.

“Ils ne fournissent que des informations complémentaires et n’ont jamais été considérés comme des équipements de sécurité sur les avions de ligne.”

Après la chute d’un 737 MAX de Lion Air en octobre en Indonésie, les équipes de Boeing ont confirmé leurs précédentes conclusions selon lesquelles le système d’alerte n’était pas nécessaire à l’exploitation de cet appareil.

La FAA est d’accord avec cette évaluation mais elle a critiqué la lenteur avec laquelle Boeing a révélé ce problème.

“Une communication en temps voulu ou plus précoce de Boeing avec les exploitants aurait contribué à réduire ou à éliminer une possible confusion”, a dit un porte-parole de la FAA.

Quand les 737 MAX seront de nouveau autorisés à voler, tous les nouveaux appareils seront équipés de série d’un système d’alerte sur l’angle d’attaque, a promis Boeing. Les compagnies dont les 737 MAX sont interdits de vol pourront activer directement ce système. (Avec Tim Hepher à Paris Bertrand Boucey pour le service français, édité par Benoit Van Overstraeten)

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