May 1, 2019 / 3:26 PM / in 3 months

Gabriel Makhlouf prend la tête de la banque centrale irlandaise

DUBLIN, 1er mai (Reuters) - Le gouvernement irlandais a nommé mercredi au poste de gouverneur de la banque centrale Gabriel Makhlouf, actuel secrétaire au Trésor en Nouvelle-Zélande, a annoncé mercredi le ministère des Finances.

Il prendra ses fonctions le 1er septembre prochain en remplacement de Philip Lane qui quittera l’institution le mois prochain pour devenir le chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE). Un gouverneur temporaire assurera l’intérim pendant l’intervalle de trois mois.

Gabriel Makhlouf, qui siègera au Conseil des gouverneurs de la BCE, deviendra le premier non-Irlandais à diriger la Banque d’Irlande.

“J’ai le grand plaisir de nommer une personne ayant le calibre international de Gabriel Makhlouf”, a déclaré le ministre des Finances Paschal Donohoe dans un communiqué. “Gabriel a démontré son large savoir en matière d’économie, de marchés financiers, de politique monétaire et budgétaire, et a l’expérience d’avoir conduit un service public complexe de plus de 10.000 personnes.”

Né au Caire en 1960 de parents diplomates aux Nations unies - le père chypriote-britannique et la mère gréco-arménienne -; Gabriel Makhlouf a étudié l’économie à l’université d’Exeter au Royaume-Uni. Il a présidé en 2000-2004 le Comité des affaires fiscales de l’OCDE à Paris puis a été haut fonctionnaire au Royaume-Uni, auprès notamment de l’ex-ministre des Finances Gordon Brown, avant de devenir en 2011 le principal conseiller économique du gouvernement néo-zélandais à son poste de secrétaire au Trésor.

Avec sa nomination et l’arrivée de Philip Lane au directoire de la BCE, l’Irlande aura pour la première fois deux représentants au Conseil des gouverneurs de l’institution de Francfort, qui compte 25 membres.

Gabriel Makhlouf a été préféré aux deux autres candidats en lice, dont la vice-gouverneure Sharon Donnery, qui avait déjà postulé sans succès l’an dernier à la présidence du Mécanisme de surveillance unique, le système de supervision bancaire de la BCE.

La nomination de Sharon Donnery aurait fait d’elle la première femme à diriger la Banque d’Irlande et permis aussi de doubler la représentation féminine au Conseil des gouverneurs, où l’Allemande Sabine Lautenschläger, membre du directoire, est seule à siéger avec 24 collègues masculins - ce qui a valu à l’institution de vives critiques du Parlement européen.

Après le remplacement de Peter Praet par Philip Lane le 1er juin, la BCE connaîtra d’autres changements de personnel importants, avec notamment la fin du mandat de son président Mario Draghi le 31 octobre.

En Irlande, Gabriel Makhlouf veillera sur une économie qui est la plus performante d’Europe depuis 2014, avec pour mission d’éviter une surchauffe si le rythme actuel de croissance se prolonge mais aussi de préparer le système financier au choc d’un éventuel Brexit sans accord.

Les pouvoirs de supervision de la banque centrale seront aussi mis à l’épreuve pendant son mandat de sept ans puisque plus d’une centaine de sociétés de services financiers ont demandé l’autorisation d’installer ou de développer des filiales en Irlande en conséquence de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Il y a tout juste 10 ans, une crise bancaire partie d’un défaut de supervision avait conduit le pays au bord du gouffre. (Padraic Halpin, Véronique Tison pour le service français)

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