April 26, 2019 / 2:56 PM / 5 months ago

LEAD 1-"Grand débat", petites réponses, jugent opposition et syndicats

* Berger (CFDT) voit une “porte ouverte”, avec des réserves

* Critiques sur un manque d’engagement pour le climat

* Le Medef s’inquiète du financement des mesures (Actualisé avec FO, Medef, Médiamétrie)

PARIS, 26 avril (Reuters) - “Porte ouverte” ou “mascarade”, opposition et syndicats étaient partagés vendredi sur les mesures annoncées par Emmanuel Macron dans l’espoir d’éteindre la contestation des “Gilets jaunes”, mais tous les ont jugées imprécises, voire un peu courtes, notamment sur l’écologie.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui avait appelé à un “Grenelle” du pouvoir d’achat et regretté un manque de dialogue du chef de l’Etat avec les organisations intermédiaires, s’est placé dans une position constructive, à défaut d’être enthousiaste.

“Ce n’est ni l’extase, ni la dépression, il y a des portes ouvertes dans lesquelles il faut s’engouffrer et il y a des manques, sur lesquels je continuerai de dire que c’est insuffisant”, a-t-il déclaré sur RTL .

“C’est insuffisant sur l’écologie, il y a des mesures en termes de justice sociale qui ne sont pas claires”, a-t-il précisé, tout en saluant l’annonce de l’augmentation du minimum contributif des retraites, de 640 euros à 1.000 euros.

“Tout ça se mesure à l’aune du passage de la parole aux actes. On va voir si les actes suivent”, a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a déclaré sur BFMTV qu’”aucune des questions qui sont dans les mobilisations, je pense à la question des salaires par exemple ou du smic qui est du ressort du gouvernement, à la question de l’ISF et de la justice fiscale (...) n’a été satisfaite”.

Yves Veyrier, secrétaire général de Force ouvrière, s’est inquiété de voir le président “confirmer les orientations mises en oeuvre depuis le début du quinquennat, notamment en matière de réforme des retraites et de la fonction publique, avec leur pendant en matière de santé et d’éducation”.

Le Medef a jugé que l’ensemble des annonces “pose globalement le problème du financement de ces mesures” et regretté “l’absence de volonté sérieuse de baisse des dépenses publiques et en particulier le recul annoncé sur la baisse du nombre d’emplois publics”.

Selon un sondage Harris Interactive-Agence Epoka pour RTL, Le Figaro et LCI, 63% de sondés n’ont pas été convaincus par les annonces d’Emmanuel Macron. La conférence de presse a été suivie par quelque 8,5 millions de téléspectateurs, selon Médiamétrie.

PAS D’INFLEXION

Dans le monde politique, la gauche a déploré un virage social manqué et l’absence de la question écologique, hormis l’annonce d’une convention citoyenne aux contours flous.

“C’était un grand débat paraît-il, ce sont de petites réponses”, a déclaré sur France 2 le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.

Il a dénoncé des mesures “en trompe-l’oeil”, comme sur le maintien de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, assorti d’une augmentation de la durée de cotisation, ou la simplification annoncée du référendum d’initiative partagée, assortie d’une baisse du nombre de parlementaires.

“Toutes celles et ceux qui ont accompagné le chef de l’Etat venant de la gauche et qui espéraient une inflexion sociale, écologique démocratique, où est-elle cette inflexion ? Nulle part”, a-t-il estimé.

Pour le député La France insoumise Alexis Corbière, qui s’exprimait sur BFMTV, “il y autant de raisons voire même plus, de continuer à se mobiliser car ce président n’entend rien”.

Yannick Jadot, tête de liste des Verts (EELV) aux élections européennes, a regretté une forme d’inaction face à l’urgence climatique.

“On attendait d’un président qu’il agisse à la hauteur de ce qu’il prétend, sur l’urgence climatique. Malheureusement, il organise une nouvelle fois le report, la procrastination, l’inaction en matière de climat. C’est terrible parce qu’il y a urgence”, a-t-il dit sur France 2.

A droite, le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a fustigé des corrections à la marge, signes selon lui d’une présidence en zigzag.

“Un président qui n’a pas de boussole, c’est le risque de finir avec un quinquennat pour rien, on est déjà à mi-mandat”, a-t-il dit sur Europe 1. “Hier, qu’est-ce qu’on a eu ? Des corrections à la marge d’erreurs lourdes qui avaient été commises, mais pas de cap.”

La tête de liste LR aux européennes, François-Xavier Bellamy, a salué pour sa part la baisse annoncée de l’impôt sur le revenu : “Je ne peux pas ne pas me satisfaire que certaines mesures soient prises, qui correspondent exactement à ce que nous demandions”, a-t-il reconnu, tout en estimant que le débat avait débouché sur la “redécouverte de ces évidences”. (Julie Carriat avec Simon Carraud et Elizabeth Pineau, édité par Yann Le Guernigou et Jean-Baptiste Vey)

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