March 8, 2019 / 11:43 AM / in 4 months

LEAD 3-Brexit-May demande un dernier effort à l'Union européenne

(Actualisé avec déclarations de Michel Barnier)

par Elizabeth Piper

GRIMSBY, Angleterre, 8 mars (Reuters) - La Première ministre britannique Theresa May a réclamé à l’Union européenne qu’elle fasse un dernier effort afin que les deux parties sortent de l’impasse, à quatre jours d’un nouveau vote crucial à la Chambre des Communes sur le Brexit.

Les parlementaires britanniques seront invités mardi à se prononcer pour la deuxième fois sur l’accord de sortie du Royaume-Uni qu’ils ont massivement rejeté au mois de janvier.

La dirigeante s’est engagée à obtenir des concessions de la part des Européens, sans y parvenir jusqu’à présent et rien ne permet de prédire qu’elle obtiendra gain de cause mardi à Westminster.

“Il faut un dernier effort pour répondre aux dernières préoccupations de notre Parlement”, a déclaré Theresa May lors d’un discours prononcé à Grimsby, une petite ville portuaire qui a voté à 70% en faveur du Brexit lors du référendum de 2016.

“Faisons le nécessaire pour que les députés soutiennent le texte mardi”, a-t-elle dit, avant de souligner que personne ne pouvait prédire ce qui se passerait si elle essuyait un nouvel échec.

Elle a d’ailleurs prévenu qu’un report du Brexit pourrait entraîner l’organisation d’un nouveau référendum si bien que la sortie de l’Union européenne pourrait ne jamais se produire.

Malgré ses efforts, la dirigeante n’est toujours pas parvenue à obtenir la moindre concession de la part de ses interlocuteurs européens alors qu’est prévu, mardi, un nouveau vote à la Chambre des communes.

Dans l’hypothèse où le projet serait à nouveau rejeté, Theresa May a fait savoir que les députés auraient la possibilité de voter mercredi et jeudi sur deux autres options : une sortie du bloc communautaire sans accord (no deal) ou un report du Brexit pour une brève période de temps.

QUE PROPOSENT LES BRITANNIQUES ? DEMANDE VARADKAR

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a rappelé vendredi que le Brexit était un problème qui a été créé par le Royaume-Uni et qu’il lui appartenait de faire les concessions nécessaires à sa résolution.

“Je pense que nous avons déjà fait de nombreux compromis et on ne perçoit pas ce que le gouvernement britannique propose à l’Union européenne et à l’Irlande pour que nous ayons envie de faire de nouveaux compromis”, a-t-il dit.

“Je pense que cela exige un changement d’approche de la part du gouvernement britannique afin qu’il comprenne que le Brexit est un problème qu’il a créé”, a dit Varadkar. “L’accord (de retrait) constitue déjà un compromis. Ils ne sont pas parvenus à le faire ratifier. La question devrait être ce qu’ils entendent proposer maintenant”.

Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne, a déclaré vendredi que le Bloc était disposé à proposer à la Grande-Bretagne de quitter unilatéralement l’union douanière tout en maintenant les dispositions liées à la clause de sauvegarde irlandaise.

Le principal point d’achoppement concerne cette clause de sauvegarde (backstop), mécanisme qui doit éviter le rétablissement d’une frontière physique entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord.

Ce mécanisme prévoit un maintien dans l’union douanière le temps qu’une solution soit trouvée pour empêcher un retour à la situation qui prévalait avant les accords de paix de 1998 en Irlande du Nord.

Les députés britanniques redoutent que ce mécanisme devienne permanent et empêche une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Certains souhaitent que ce backstop soit limité dans le temps et que sa durée soit précisée.

Un porte-parole de la Commission européenne a indiqué vendredi que se tiennent d’intenses discussions entre Européens et Britanniques tout en rappelant que le bloc communautaire a déjà exposé ses idées.

“Les discussions techniques se poursuivent. L’UE a présenté ses idées pour donner de nouvelles assurances concernant le backstop”, a dit Alexander Winterstein. (Avec Alistair Smout, James Davey et Joe Green à Londres, Conor Humphries à Dublin et Gabriela Baczynska; Pierre Sérisier et Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Joanny)

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