March 6, 2019 / 1:35 PM / in 5 months

GRAPHES-Ce qui a poussé les actions chinoises à un pic de 9 mois

6 mars (Reuters) - Les actions chinoises connaissent un fort rebond depuis le début de l’année, rattrapant une bonne partie de leurs pertes de 2018, dans l’espoir de nouvelles mesures de relance en Chine et d’un accord qui mettrait fin à la guerre commerciale avec les Etats-Unis.

Le rally a été aussi alimenté par le processus d’internationalisation du marché des actions A, qui a permis l’afflux de capitaux étrangers au moment où Pékin s’engage à ouvrir davantage les marchés financiers et à approfondir ses réformes.

L’indice composite de la Bourse de Shanghai s’est adjugé 17,9% sur les deux premiers mois de l’année, à comparer à une hausse de 8,2% de l’indice MSCI de l’Asie-Pacifique sur la même période.

La croissance de la deuxième économie mondiale a ralenti à 6,6% en 2018, son niveau le plus faible depuis 1990, amenant les autorités à décider une série de mesures de relance.

Le Premier ministre Li Keqiang a annoncé mardi des réductions supplémentaires d’impôts et de taxes, une hausse des investissements en infrastructures et des mesures pour encourager les prêts aux petites et moyennes entreprises.

Afin de stimuler le crédit, la banque centrale a réduit le taux des réserves obligatoires des banques à cinq reprises en l’espace d’un an, la dernière en janvier.

De fait, les banques chinoises ont accordé en janvier un montant record de 3.230 milliards de yuans (426 milliards d’euros) de nouveaux prêts, selon des chiffres publiés le 15 février par la Banque populaire de Chine (BPC).

Des subventions sur des produits comme l’électroménager ont apporté un coup de pouce aux fabricants de produits de consommation, depuis longtemps appréciés par les investisseurs étrangers. L’indice sectoriel CSI des biens de consommation de base a progressé de près de 30% cette année.

Les investisseurs sont aussi encouragés par les derniers développements dans le dossier commercial sino-américain.

Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a déclaré mardi que le président Donald Trump rejetterait tout accord commercial qui ne serait pas parfait mais il ajouté que les Etats-Unis continuaient de travailler à un compromis avec Pékin.

Selon les économistes, un accord commercial ne sera pas une panacée pour l’économie chinoise mais il soulagera les industriels et exportateurs.

LES TECHS AU TOP

En tête du rebond, les valeurs technologiques profitent des efforts de la Chine pour développer son propre secteur des hautes technologies et réduire sa dépendance envers l’étranger.

Pékin est en train d’installer un nouveau conseil des hautes technologies qui aura pour mission de faciliter les introductions en Bourse de sociétés locales, avec pour objectif de renforcer l’attrait de Shanghai. Pour l’heure, Hong Kong et New York concentrent 70% du produit des IPO chinoises.

Au cours de clôture du 4 mars, l’indice CSI des technologies de l’informations affichait une hausse de 40% depuis le début de l’année, suivi de près par l’indice sectoriel des télécoms avec un gain de plus de 30%.

Le nouveau marché ChiNext, à forte pondération technologique, progresse de même de 30% depuis le 1er janvier.

Les valeurs financières ne sont pas en reste avec leur indice sectoriel CSI300 en hausse de près de 30%, conséquence des réformes mises en oeuvre par Pékin pour assainir et renforcer le secteur.

L’ARGENT AFFLUE

La hausse de la Bourse est alimentée par l’afflux d’argent étranger à mesure que le pays libéralise ses marchés de capitaux.

Les flux nets dans les marchés boursiers de Shanghai et de Shenzhen via le mécanisme transfrontalier Stock Connect ont dépassé les 120 milliards de yuans en janvier-février, quatre fois plus que lors des deux premiers mois de 2018.

Fin janvier, Pékin a franchi une nouvelle étape dans la dérégulation de ses marchés de capitaux en annonçant la fusion de deux dispositifs d’encadrement de l’accès des institutions financières étrangères aux marchés intérieurs, tout en y incluant de nouvelles classes d’actifs.

MSCI va de son côté quadrupler le poids des valeurs de Chine continentale dans ses indices mondiaux cette année, ce qui pourra potentiellement faire affluer 80 milliards de dollars (70 milliards d’euros) de capitaux étrangers dans les marchés chinois.

“Les investisseurs étrangers devancent désormais les assureurs comme premiers détenteurs d’actions A, et grâce à l’augmentation de la pondération dans les indices MSCI ils vont bientôt rivaliser avec les fonds communs chinois”, estime Gao Ting, responsable de la stratégie pour la Chine d’UBS Securities.

Les investisseurs sont aussi attirés par la valorisation du marché boursier continental, dont les valeurs restent bon marché à l’aune de comparaisons historiques et internationales.

Le SSEC, l’indice composite de Shanghai, se paie actuellement 12,7 fois les résultats des sociétés à comparer à un multiple d’environ 18 pour le Dow Jones à New York.

De plus, le recours à l’endettement pour acheter des actions opère un retour en grâce remarqué, le soutien à la croissance étant redevenu la priorité numéro un des autorités qui ont du coup relâché leur campagne contre les financements risqués.

Les prêts sur marge, considérés comme un baromètre de l’appétit pour le risque, ont dépassé dès cette semaine le seuil des 800 milliards de yuans.

Avec la contribution de Samuel Shen, Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Joanny

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