February 28, 2019 / 9:49 AM / 2 months ago

REPORTAGE-Engie-Le Royaume-Uni, laboratoire d'un groupe repositionné

LONDRES, 28 février (Reuters) - Sur un site de 130 hectares d’équipements sportifs, de logements et d’espaces verts, le Queen Elizabeth Olympic Park de Londres présente un condensé des multiples offres d’Engie à l’échelle des quartiers et des collectivités locales.

Situé à Stratford, à l’est de la City, le quartier accueille des équipements hérités des Jeux de 2012 tels que le stade et le village olympiques - converti en zone résidentielle -, un centre aquatique ou encore un gymnase omnisport, le tout dominé par l’emblématique tour “Orbit”, une sculpture en acier haute de 115 mètres.

Ici, Engie a d’abord construit pour les JO deux centrales de cogénération à partir de gaz et de biomasse, dont il assure l’exploitation et qui produisent à la fois de l’électricité, de la chaleur et du froid, avec des émissions de CO2 réduites par rapport aux centrales thermiques classiques.

Sept ans plus tard, le groupe français va cependant bien au-delà de son métier de fournisseur d’énergie en assurant des missions aussi diverses que la maîtrise de la consommation d’énergie de la piscine ou la gestion des espaces verts et de la sécurité du site, des activités qu’il sous-traite en partie.

Engie a appliqué cette démarche à l’ensemble du marché britannique dans le cadre de son plan 2016-2018, une manière de compenser la réduction drastique de ses capacités de production d’électricité - passées ici de 5 à 2,2 gigawatts avec la vente de centrales thermiques - en accélérant dans les services, notamment à travers le rachat en 2017 de Keepmoat Regeneration, spécialiste de la rénovation pour les collectivités locales.

Aujourd’hui, son chiffre d’affaires de 3,5 milliards de livres au Royaume-Uni (4,1 milliards d’euros environ) se décompose à parts égales entre la fourniture d’énergie, les services et la rénovation de bâtiments, les collectivités locales et les industriels représentant de loin sa plus importante clientèle.

“UN TRÈS BON TERRITOIRE D’OFFRES”

Comme au sein du Queen Elizabeth Olympic Park de Londres, Engie développe outre-Manche une offre complète qui va de la production d’énergie décentralisée à la maîtrise des consommations en passant par le “facility management” (gestion externalisée des équipements et des services généraux des bâtiments), le développement de micro réseaux électriques privés ou même de services pour les maisons de retraite.

“La fourniture d’énergie devient de plus en plus ‘commoditisée’ (...). Pour nous, une partie du futur réside dans l’énergie décentralisée avec une garantie d’efficacité énergétique”, a souligné Wilfrid Petrie, directeur des activités d’Engie au Royaume-Uni et en Irlande, lors d’une rencontre avec la presse.

“Dans les services, le futur est de plus en plus dans les bâtiments et les villes intelligentes, dans les systèmes de maintenance à distance, dans l’intelligence qu’on peut trouver dans l’usage et dans la transformation des bâtiments”, a-t-il ajouté.

“Le Royaume-Uni est une sorte de laboratoire, un territoire assez libéralisé qui est un très bon territoire d’offres pour le groupe.”

Engie se retrouve ainsi de plus en plus en concurrence avec des spécialistes des services tels que Sodexo mais fait valoir qu’il est le seul à disposer d’une palette de compétences qui rassemble aussi bien la fourniture d’énergie que la gestion technique d’équipements locaux ou l’aménagement de sites à l’échelle d’un quartier ou d’une ville.

Sur le marché britannique, le groupe vise une croissance de 10% par an au cours des trois prochaines années de ses activités liées aux “territoires”, dont il souligne les contraintes budgétaires croissantes.

ENGIE S’ESTIME ARMÉ FACE AU BREXIT

Engie estime en outre que ses offres combinant fourniture d’énergie et de services représenteront 50% de son chiffre d’affaires au Royaume-Uni en 2020 contre 35% aujourd’hui et 15% en 2016.

“Nous sommes très équilibrés entre énergie et services (...), on a presque plus de potentiel de développement dans les réseaux décentralisés, avec les contrats de services et d’offres dans les villes, que dans de grosses capacités de production”, selon Wilfrid Petrie.

“Aujourd’hui, celui qui fait de l’énergie décentralisée, c’est celui qui rénove des bâtiments, qui est capable d’aménager un micro réseau dans un quartier et d’avoir un certain nombre de concessions locales. C’est un métier qui évolue de plus en plus vers des offres intégrées où il y a un gros aspect d’aménagement.”

Le dirigeant voit en outre l’équilibre entre clients privés et publics comme un facteur de stabilité dans la perspective du Brexit, dont Engie ne prédit pas de “conséquences directes fortes”.

Au Royaume-Uni comme dans l’ensemble de ses géographies, Engie se développe aussi dans la production d’électricité d’origine renouvelable et plus particulièrement dans l’éolien en mer, avec un projet de parc de 950 mégawatts au large de l’Ecosse, dont la construction vient de débuter.

Au terme de son plan stratégique 2016-2018, le groupe a annoncé ou comptabilisé pour 16,5 milliards d’euros d’actifs de “l’ancien monde” de l’énergie - des centrales à charbon et des activités dans l’amont pétrolier et gazier principalement - tout en se développant dans les services, les renouvelables et les infrastructures énergétiques, des axes qu’il a globalement confirmés jeudi dans le cadre d’un nouveau plan sur trois ans.

Edité par Jean-Michel Bélot

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