February 22, 2019 / 11:54 AM / 4 months ago

POINT HEBDO-Les marchés espèrent la fin du suspense sur le commerce et le Brexit

* Les discussions USA-Chine semblent progresser

* Une clarification du Brexit attendue avec impatience

* L’économie européenne dans un trou d’air

* Le rebond de Wall Street pourrait toucher à sa fin

par Marc Angrand

PARIS, 22 février (Reuters) - Les investisseurs peuvent espérer un peu plus de clarté dans les prochains jours sur les deux grandes incertitudes du moment, le Brexit et le bras de fer commercial entre les Etats-Unis et la Chine, mais la multiplication des signes de ralentissement de la croissance mondiale fait peser un risque sur la poursuite du rebond boursier, même en cas d’issues favorables.

A moins d’une semaine de l’échéance du 1er mars fixée par Washington pour parvenir à un accord avec Pékin, les signaux positifs se sont multipliés ces derniers jours bien que les résultats concrets se fassent encore attendre.

Donald Trump, fidèle à son habitude, a soufflé le chaud et le froid mais les investisseurs ont surtout retenu qu’il pourrait repousser la date butoir du 1er mars fixée pour la conclusion d’un accord, date dont il a lui-même reconnu qu’elle n’avait rien de “magique”.

“Les investisseurs s’attendent de plus en plus clairement à ce que, comme par magie, la date soit repoussée ou même disparaisse”, écrit Paul Donovan, chef économiste d’UBS, dans une note, avant de mettre en garde: “une bonne nouvelle sur le commerce est une petite bonne nouvelle pour les marchés. Une mauvaise nouvelle sur le commerce est une très, très mauvaise nouvelle pour les marchés.”

L’espoir d’une détente des relations entre les deux premières puissances économiques mondiales a contribué à la progression des actions ces derniers jours, tout comme la confirmation par la Fed, dans le compte rendu de sa dernière réunion, de l’arrêt des hausses de taux, un facteur désormais bien intégré dans les cours.

LE RISQUE BREXIT HANDICAPE TOUTE L’EUROPE

L’équation est plus compliquée sur le Brexit, parce que plus politique encore, avec à la clé un compte à rebours qui met à dure épreuve les nerfs des investisseurs.

A cinq semaines de l’échéance du 29 mars, Londres et Bruxelles pourraient tenter de sortir du blocage actuel en publiant une “déclaration parallèle” précisant certaines modalités de l’accord rejeté par la Chambre des communes sans la remettre en cause en totalité.

Une fois encore, c’est au Parlement à Westminster que tout pourrait se jouer mercredi, au lendemain d’une déclaration de Theresa May devant les députés.

L’enjeu numéro un reste d’éviter la pire des issues, soit un Brexit sans accord et sans vote du Parlement, souligne François-Xavier Chauchat, économiste et membre du comité d’investissement de Dorval Asset Management.

“L’entrée dans un Brexit sans accord par défaut est un cauchemar politique. Il y a quelque chose qui doit être clarifié et si clarification il y a, il y aura un gros soulagement sur la dynamique européenne”, explique-t-il.

“Il y a énormément de gens qui continuent à ne pas vouloir investir en Europe à cause de ce risque-là, parce que le Brexit sans accord, ce serait une grave récession au Royaume-Uni, avec un effet inconnu mais sans doute significatif sur le reste de l’Europe, donc une probabilité de récession en Europe qui monterait fortement.”

QUEL MOTEUR POUR WALL STREET ?

Ce risque de récession en zone euro est pour l’instant jugé faible même si les indicateurs économiques confirment au fil des jours le ralentissement de l’activité.

Il est peu probable que les chiffres définitifs des indices des directeurs d’achats (PMI) du secteur manufacturier, attendus vendredi prochain, infirment cette tendance au vu des estimations “flash” publiées jeudi, qui reflètent avant tout une contraction de l’activité dans l’industrie.

Côté américain, la première estimation du produit intérieur brut (PIB) du quatrième trimestre attendue jeudi devrait sans surprise marquer un net ralentissement : le consensus Reuters table sur une croissance de 2,4% en rythme annualisé, soit un point de moins qu’au troisième trimestre, mais certains s’attendent à un coup de frein plus marqué encore.

“Nous prévoyions entre 2% et 2,5% de croissance au quatrième trimestre mais au vu des derniers chiffres des ventes au détail, on sera plutôt à 2%”, explique ainsi Gero Jung, chef économiste de la banque Mirabaud.

De nombreux économistes et plusieurs antennes régionales de la Fed ont en outre revu à la baisse leurs prévisions pour le premier trimestre de cette année.

Dans ces conditions, Wall Street pourrait finir par manquer d’arguments pour poursuivre sa progression après une hausse de plus de 10% depuis le 1er janvier pour le Standard & Poor’s 500 et de près de 18% par rapport au plus bas de décembre.

“Le marché américain est déjà beaucoup remonté, il est à nouveau cher et aller plus haut ne sera pas simple”, souligne François-Xavier Chauchat chez Dorval AM.

“Le rebond s’est fait après une situation de krach et a bénéficié à fond du double effet des rachats de découverts et du changement radical de la politique de la Fed. Cet effet va finir par être complètement intégré dans les prix; il l’est peut-être déjà.”

Avec Patrick Vignal et Blandine Hénault, édité par Marc Joanny

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