February 20, 2019 / 1:41 PM / 2 months ago

ENTRETIEN MARCHÉS-Encore de la volatilité en vue pour la dette émergente-BNPP AM

* La dette émergente est repartie après une année difficile

* Les risques se sont estompés mais n’ont pas disparu

* Une Fed moins accommodante pourrait surprendre le marché

* En Chine, l’efficacité des mesures de soutien n’est pas garantie

par Patrick Vignal

PARIS, 20 février (Reuters) - Les nuages se sont dissipés sur la dette émergente, très chahutée l’an dernier, mais les risques n’ont pas disparu et une forte volatilité est encore à prévoir cette année, estime Jean-Charles Sambor, responsable adjoint pour cette classe d’actifs chez BNP Paribas Asset Management.

Le discours plus accommodant de la Réserve fédérale et l’apaisement au moins temporaire des tensions commerciales ont permis aux obligations émergentes de repartir en fin d’année dernière et sur les deux premiers mois de 2019.

“Le risque Fed, le risque Chine et les risques macroéconomiques sont plutôt derrière nous mais ils ne sont pas totalement partis. C’est pourquoi je pense que nous allons encore avoir une année très volatile”, déclare Jean-Charles Sambor à Reuters.

Un mois de février plus difficile pour les devises émergentes est venu rappeler que l’horizon n’était pas totalement dégagé, souligne-t-il.

“Nous avons pris beaucoup de risques en octobre, lorsque l’on pensait que les marchés émergents étaient vraiment survendus, mais on pense maintenant que le marché est ‘pricé’ à la perfection et nous sommes plutôt, à la marge, en train de réduire le risque dans nos portefeuilles plutôt que de l’augmenter”, dit-il.

L’expert de BNPP AM dit distinguer deux risques majeurs pour la dette émergente: la possibilité d’un discours plus restrictif de la part de la Fed et l’incapacité éventuelle de la Chine à maîtriser le ralentissement de son économie par des mesures de stimulation.

“La Fed, qui a été le grand perturbateur de la dette émergente l’an dernier, a un positionnement très accommodant qui a vraiment aidé le marché”, dit-il.

“La lecture que j’en fais est que les gens pensent que la Fed va rester ‘dovish’ éternellement, ce que je ne crois pas. Je pense qu’on peut avoir à un moment une communication légèrement plus ‘hawkish’ qui pourrait surprendre le marché.”

UN CONTEXTE MACROÉCONOMIQUE “TIÈDE”

Les autorités chinoises, elles, n’hésitent jamais à recourir aux outils monétaires et budgétaires à leur disposition, mais avec aucune garantie sur leur efficacité, fait valoir Jean-Charles Sambor.

“Il y a un risque qu’il n’arrivent pas à avoir de résultats avec ce type de méthode, auquel cas le président Xi (Jinping) perdrait de sa légitimité et pourrait revenir aux bonne vieilles méthodes comme les dépenses d’infrastructure, ce qui risquerait de ne pas plaire au marché”, dit-il.

Ces facteurs de risque pour la dette émergente sont connus et, dans une certaine mesure, déjà intégrés dans les prix des actifs, selon Jean-Charles Sambor.

Le contexte macroéconomique de l’univers émergent ne s’améliore pas vraiment, ajoute l’expert, qui pointe notamment des signes de faiblesse de la croissance chinoise, des exportations qui ne décollent pas malgré l’accalmie sur le front du commerce, une consommation des ménages plutôt atone et des investissements toujours frileux.

“La macro émergente, je la qualifie de tiède, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose pour un investisseur obligataire parce qu’on ne veut pas que l’économie soit trop chaude, ni trop froide”, dit-il.

Des inquiétudes persistent en outre sur certains pays comme la Turquie et des interrogations en entourent d’autres, dont le Venezuela, où un changement politique se dessine, mais aucun de ces pays n’a la taille suffisante pour présenter un risque systémique, ajoute-t-il.

“Sur la dette en monnaie locale, il y a une grosse dispersion avec des pays qui vont très bien et d’autres dont les taux locaux commencent à être beaucoup plus élevés comme la Corée, la Thaïlande ou certains pays d’Europe de l’Est”, dit-il en poursuivant son tour d’horizon. “Par contre, on aime l’Indonésie et certains petits pays d’Amérique latine comme l’Uruguay. Cette dispersion dans les performances est plutôt un bon environnement de marché pour la gestion active”, ajoute-t-il.

Voir aussi :

*GESTION-La dette émergente reprend des couleurs, souligne Schroders

*ENTRETIEN MARCHÉS-Pour la dette émergente, suivez le dollar, conseille GAM

Edité par Marc Angrand

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below