February 14, 2019 / 9:43 PM / 4 months ago

POINT MARCHÉS-Wall Street a réduit ses pertes, le Nasdaq dans le vert (actualisé)

(Actualisé avec volumes, Nvidia en après-Bourse, autres marchés)

* Le Dow cède 0,41% et le S&P 0,27%, le Nasdaq avance de 0,09%

* La chute des ventes au détail (-1,2%) plombe la distribution

* La baisse des taux longs pèse sur les banques

* Espoirs d’avancées dans les négociations USA-Chine

* Cisco brille après ses résultats, Coke chute

*

14 février (Reuters) - La Bourse de New York a fini sur une note irrégulière jeudi, tiraillée entre l’annonce inattendue d’une chute des ventes au détail aux Etats-Unis en décembre et les espoirs de progrès dans les négociations commerciales sino-américaines.

L’indice Dow Jones a cédé 103,88 points, soit 0,41%, à 25.439,39 et le S&P-500, plus large, a abandonné 7,30 points ou 0,27% à 2.745,73.

Le Nasdaq Composite, qui avait lui aussi débuté la séance en baisse, a finalement grignoté 6,58 points (0,09%) à 7.426,96.

Comme le Dow, le S&P a réduit ses pertes l’après-midi et est parvenu à clôturer au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours, un niveau technique important, une fois passé le choc de l’annonce d’une chute de 1,2% des ventes au détail en décembre.

Ce chiffre qui marque la plus forte baisse des achats des ménages depuis plus de neuf ans paraît confirmer un net ralentissement de l’économie fin 2018 et justifier la prudence de la Réserve fédérale dans la conduite de sa politique monétaire.

Dans la foulée, la Fed d’Atlanta mais aussi JPMorgan Chase et Barclays ont sensiblement réduit leur prévision de croissance pour le quatrième trimestre.

“Il ne fait pas de doute, décembre a été un mois difficile pour le commerce de détail et cela se reflète dans les estimations de résultats pour le premier trimestre, qui sont désormais négatives”, commente Tim Ghriskey, stratège chez Inverness Counsel à New York.

Certains économistes ont cependant mis en doute la fiabilité de la statistique en raison de la fermeture partielle des administrations fédérales qui a pu perturber la collecte de données. “Cette publication (...) paraît tellement incongrue au regard de la tendance générale des dépenses de consommation et d’autres données publiées sur la période des fêtes qu’elle soulève des interrogations sur sa fiabilité”, dit Ward McCarthy, économiste chez Jefferies.

Le marché reste aussi suspendu aux négociations commerciales à Pékin qui se poursuivent en présence du représentant au Commerce américain, Robert Lighthizer, et du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. Selon l’agence Bloomberg, le président Donald Trump serait prêt à repousser de 60 jours l’ultimatum fixé à la Chine pour la conclusion d’un accord, à défaut duquel il menace de relever les droits de douane sur plus de 200 milliards de dollars de produits chinois importés.

Quelque 7,18 milliards de titres ont changé de mains, à comparer à une moyenne de 7,43 milliards sur les 20 dernières séances.

VALEURS

Le compartiment de la distribution a cédé 0,63% en réaction aux ventes au détail.

Six des 11 grands indices sectoriels S&P 500 ont fini dans le rouge, la plus forte baisse étant pour les produits de consommation de base (-1,22%), lestés par Coca-Cola qui a chuté de 8,44%, de loin la plus mauvaise performance du Dow Jones, après des résultats accompagnés de prévisions décevantes pour 2019.

PepsiCo, qui publie vendredi, a cédé 1,34% dans le sillage de son concurrent.

Le tassement des rendements obligataires, alors qu’une pause de la Fed sur ses taux ne semble plus faire de doute, a pénalisé les valeurs financières (-1,16%).

En tête du Dow Jones, l’équipementier des réseaux Cisco s’est adjugé 1,89% en réaction à des résultats trimestriels meilleurs que prévu.

Hors du Dow, l’assureur American International Group a chuté de 9,03%, sa plus mauvaise séance depuis quatre ans, après l’annonce d’une perte trimestrielle.

Les bénéfices des entreprises, estimés en hausse de 16,2% au quatrième trimestre 2018, sont attendus en repli de 0,3% sur les trois premiers mois de 2019, selon les données de Refinitiv.

Après la clôture, le fabricant de puces Nvidia a publié un bénéfice supérieur aux attentes qui permettait à son titre de grimper de 8% dans les transactions électroniques.

LES INDICATEURS DU JOUR

Les statistiques ont été nombreuses, certaines en rattrapage du “shutdown” qui avait perturbé leur sortie ces dernières semaines.

Les ventes au détail ont chuté de 1,2% en décembre, leur recul le plus prononcé depuis septembre 2009, alors que les économistes tablaient en moyenne sur une hausse de 0,2%. Les données de novembre ont en outre été légèrement révisées à la baisse, à une hausse de 0,1% et non plus de 0,2%.

Les inscriptions au chômage ont de leur côté augmenté de façon inattendue la semaine dernière, de 4.000 à 239.000, entraînant la moyenne mobile sur quatre semaines à un pic d’un an, ce qui semble annoncer un tassement de la croissance du marché du travail.

Les prix à la production ont baissé de 0,1% en janvier comme en décembre, dans le sillage des prix alimentaires et énergétiques, pour une hausse de 2,0% sur un an, la plus faible depuis juillet 2017.

Les stocks des entreprises ont diminué de 0,1% en novembre, leur baisse la plus prononcée depuis huit mois, au lieu de la hausse de 0,3% attendue en moyenne par le marché.

LA SÉANCE EN EUROPE

La statistique américaine des ventes au détail a fait virer à la baisse la plupart des Bourses européennes, Londres faisant exception à la faveur d’un repli de la livre sterling.

A Paris, le CAC 40 a fini en repli de 0,23%, à 5.062,52 points, après être monté auparavant jusqu’à 5.117,79 points. Le Dax allemand a perdu 0,69% mais le Footsie britannique a gagné 0,20%.

L’indice EuroStoxx 50 a cédé 0,62%, le FTSEurofirst 300 0,21% et le Stoxx 600 0,32%.

TAUX

Les rendements des emprunts d’Etat américains ont accentué leurs pertes après les ventes au détail, le 10 ans revenant à 2,65% en fin de journée contre 2,71% mercredi.

La statistique “soulève des interrogations sur la vigueur de la consommation et conforte le biais de la Fed d’une pause dans le cycle de resserrement”, commente Jon Hill, stratège taux chez BMO Capital Markets à New York.

Le marché est en train d’intégrer la possibilité d’une baisse de taux fin 2019 ou début 2020, ajoute-t-il.

CHANGES

Le dollar a également marqué le coup après la statistique des ventes au détail, permettant à l’euro de remonter à 1,1290 dollar en fin de séance à New York, en hausse de 0,24% sur la journée.

La monnaie unique avait auparavant touché un plus bas de trois mois en réaction à l’annonce d’une stagnation de l’économie allemande au quatrième trimestre.

L’indice dollar, qui mesure le niveau du billet vert face à un panier de six monnaies, cédait 0,1% en fin de journée.

La livre sterling a fait exception, poursuivant sa glissade après un nouveau revers de la Première ministre Theresa May à la Chambre des communes, qui accentue le risque d’un Brexit sans accord dans 43 jours.

PÉTROLE

Les cours du pétrole ont terminé en hausse pour la troisième journée consécutive sur le Nymex, toujours soutenus par la perspective d’une baisse de l’offre de l’Opep cette année.

Le contrat mars sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a gagné 0,95% à 54,41 dollars le baril et le Brent de mer du Nord a fini sur un gain de 1,51% à 64,57 dollars après avoir atteint un nouveau plus haut de 2019 à 64,81.

A SUIVRE vendredi : (avec Stephen Culp à New York, Véronique Tison pour le service français)

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