February 13, 2019 / 12:06 PM / 2 months ago

LEAD 3-Le Parlement espagnol rejette le projet de budget

(Ajoute réactions, précisions)

par Belén Carreño et Paul Day

MADRID, 13 février (Reuters) - Le Parlement espagnol a rejeté mercredi le projet de budget 2019 du gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, ce qui pourrait ouvrir la voie à des élections législatives anticipées.

L’issue du vote ne faisait guère de doute, les deux partis indépendantistes catalans représentés au Parlement, le Parti démocrate européen catalan (PDeCAT) et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), ayant annoncé qu’ils voteraient contre le projet de loi de finances pour protester contre la politique du gouvernement envers leur région.

Des sources gouvernementales rapportaient mardi qu’en cas de rejet du budget, le président du gouvernement convoquerait aussitôt des législatives anticipées. La date du scrutin n’a pas été fixée, mais il pourrait avoir lieu le 14 ou le 28 avril, ajoutaient-elles.

Après le vote, Pedro Sanchez a quitté le Parlement sans un mot, mais avec le sourire. Il fera connaître sa décision à l’issue d’une réunion de ses ministres vendredi, a dit l’un d’eux.

“M. Sanchez, ça suffit, c’est terminé (...) Il est temps de convoquer des élections”, lui a lancé Albert Rivera, chef de file du parti centriste Ciudadanos.

“Il est clair aujourd’hui que nous sommes en bout de course, que cette agonie ne peut pas durer, que les Espagnols ont besoin d’un meilleur gouvernement et que le plus tôt sera le mieux”, a quant à lui déclaré Pablo Casado, président du Parti populaire (conservateur), parlant d’un vote de défiance.

LA CATALOGNE AU CENTRE DE L’ÉCHIQUIER

Le projet de budget a été rejeté par 191 voix contre 158 et une abstention. Le Parti socialiste (PSOE), au pouvoir depuis juin dernier, détient moins d’un quart des sièges parlementaires et ne pouvait espérer le faire adopter sans le soutien des élus de formations régionales.

Le vote s’est déroulé au lendemain de l’ouverture du procès de douze séparatistes catalans accusés de rébellion, de sédition et de détournement de fonds pour leur rôle dans la proclamation d’indépendance d’octobre 2017. Le ministère public va requérir des peines allant jusqu’à 25 ans de prison.

Selon des sources politiques, Pedro Sanchez souhaite un retour aux urnes le plus tôt possible pour remobiliser les électeurs de gauche après la grande manifestation organisée dimanche à Madrid par la droite et l’extrême droite pour dénoncer son approche pragmatique du conflit catalan.

Aucun parti ne semble en mesure d’atteindre la majorité. Le PSOE, en perte de vitesse, reste toutefois en tête des intentions de vote. Conservateurs, centristes et extrême droite pourraient former une coalition gouvernementale, mais, sur le papier, les socialistes peuvent également s’entendre avec Ciudadanos.

Pedro Sanchez a succédé en juin au conservateur Mariano Rajoy, dont le gouvernement a été victime d’une motion de censure après un scandale de corruption.

Henri-Pierre André, Pierre Sérisier et Jean-Philippe Lefief pour le service français

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