February 11, 2019 / 2:23 PM / 2 months ago

AVANT-PAPIER-Ouverture mardi à Madrid du procès de douze indépendantistes catalans

MADRID/BARCELONE, 11 février (Reuters) - Douze responsables politiques ou dirigeants associatifs catalans comparaissent à partir de mardi à Madrid devant le Tribunal suprême espagnol pour rébellion et détournement de fonds, à la suite de la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017.

“C’est le procès le plus important que nous ayons connu en démocratie”, a estimé le 1er février dernier le président du Tribunal suprême, Carlos Lesmes.

L’un des neuf accusés actuellement en détention, Raul Romeva, était au moment de son arrestation ministre des Affaires étrangères du gouvernement régional catalan ainsi que député européen. Pour lui, le procès ne peut qu’aboutir à un acquittement général.

“Une peine (de prison) pèserait à jamais sur l’histoire et sur l’avenir de l’Espagne”, a-t-il écrit dans un courriel à Reuters.

Parmi les autres accusés figurent Oriol Junqueras, qui était en 2017 vice-président du gouvernement de Catalogne, et Carme Forcadell, ancienne présidente du parlement régional.

L’ancien président catalan Carles Puigdemont s’est exilé en Belgique et ne peut donc être jugé en Espagne.

Pour Federico Santi, analyste au sein du cabinet de conseil Eurasia, le procès de Madrid risque fort de rallumer les tensions dans la riche province du nord-est du pays.

Le ministère public va requérir des peines allant jusqu’à 25 ans de prison.

Parmi les centaines de témoins appelés à la barre figurera Manuel Rajoy, qui était président du gouvernement espagnol au moment de la tentative de sécession et jusqu’en juin dernier.

CONFRONTATION

Les manifestations en faveur de l’indépendance catalane se sont calmées ces derniers mois mais les partis sécessionnistes ont prévu de se faire entendre lors du procès qui devrait durer environ trois mois.

Lluis Orriols, professeur de sciences politiques à l’Université Carlos III de Madrid, pense que ce procès va raviver le débat sur le séparatisme avant les élections municipales et régionales de la fin mai.

“La question catalane alimente une confrontation sur le nationalisme et sur l’identité, pas seulement en Catalogne mais dans toute l’Espagne”, explique-t-il.

Des dizaines de milliers de personnes ont ainsi manifesté dimanche à Madrid à l’appel de la droite et du centre-droit pour protester contre la volonté du chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez d’organiser des réunions bilatérales entre l’administration centrale et celle de Catalogne, ainsi que de mettre en place une instance de coordination.

Cette offre de dialogue a été rejetée par les partis indépendantistes catalans tout en galvanisant l’opposition de droite qui crie à la trahison.

En outre, la période est difficile pour le gouvernement: le Parlement doit se prononcer mercredi sur le projet de budget 2019, qui a besoin du soutien des sécessionnistes catalans. Un rejet du texte pourrait conduire à des élections législatives anticipées avant l’échéance normalement prévue en 2020.

Selon l’agence de presse EFE, Pedro Sanchez envisage de convoquer un scrutin anticipé le 14 avril.

En Catalogne même, l’opinion est très partagée sur la question de l’indépendance. Si les sécessionnistes sont majoritaires en sièges au parlement local, ils ne l’ont pas été en voix lors des dernières élections régionales de décembre 2017. (Avec Belen Carreno; Guy Kerivel pour le service français)

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