February 1, 2019 / 10:46 AM / 5 months ago

LEAD 1-Recours de la dernière chance pour les journalistes birmans de Reuters

(Actualisé avec libération d’un policier, rapport HRW)

par Thu Thu Aung et Antoni Slodkowski

RANGOUN, 1er février (Reuters) - Les avocats des deux journalistes de Reuters condamnés à sept ans de prison en Birmanie pour violation de la législation sur les secrets d’Etat ont déposé vendredi un recours devant la Cour suprême.

“Nous demandons à la Cour suprême de rendre enfin justice à Wa Lone et Kyaw Soe Oo, de remédier aux erreurs des tribunaux inférieurs et d’ordonner la libération de nos deux journalistes”, a déclaré la direction de Reuters dans un communiqué.

Les deux journalistes birmans ont été condamnés en septembre dernier pour détention de secrets d’Etat alors qu’ils enquêtaient sur le massacre de dix Rohingyas (musulmans apatrides) au cours d’une opération de l’armée menée un an plus tôt dans l’ouest de la Birmanie.

Cette procédure déposée devant la Cour suprême est l’ultime recours dont disposent les avocats des deux journalistes, après le rejet de leur appel en novembre dernier .

La Haute Cour de Rangoun a estimé en janvier que la défense n’avait pas apporté suffisamment d’éléments pour prouver l’innocence des deux reporters, qualifiant la condamnation en première instance d’”appropriée”.

LÉGISLATION OBSOLÈTE

Les avocats des deux journalistes avaient dénoncé un coup monté par la police mais aussi des vices de forme et l’incapacité de l’accusation à prouver les éléments clés du délit.

Un policier qui avait témoigné en faveur des deux hommes, en déclarant qu’ils avaient été piégés par la police, a de son côté été libéré vendredi après avoir passé neuf mois en prison pour avoir enfreint les règlements internes.

Il a, dès sa sortie de prison, fustigé la législation sur laquelle l’accusation s’est basée pour le condamner.

“Le code disciplinaire de la police est un texte qu’il faut amender puisque nous empruntons le chemin de la démocratie, a déclaré Moe Yan Naing.

“Cette loi risque de causer beaucoup de souffrances car elle est obsolète”, a-t-il poursuivi.

Selon Human Rights Watch (HRW), le changement de régime et l’arrivée d’Aung San Suu Kyi au pouvoir en 2016 a conduit à une détérioration de la liberté d’expression et l’ONG dénonce le “climat de peur” qui règne chez les journalistes.

Dans un rapport publié jeudi, HRW constate que “les critiques du gouvernement, de l’armée ou de leurs responsables, ainsi que des abus commis dans les États de Rakhine ou de Kachin, font souvent l’objet d’arrestations et de poursuites”.

“Le gouvernement d’Aung San Suu Kyi, qui avait une réelle occasion de démanteler les outils d’oppression prisés par les juntes militaires, a préféré s’en servir contre des opposants et des manifestants pacifiques”, a déploré Linda Lakhdhir, conseillère juridique auprès de la division Asie à Human Rights Watch et auteure du rapport.

Voir aussi:

L’ENQUÊTE qui a conduit à la condamnation de Wa Lone et Kyaw Soe Oo (Jean Terzian et Nicolas Delame pour le service français)

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