February 1, 2019 / 7:05 AM / 18 days ago

Le ralentissement se confirme en Chine et gagne l'Asie

HONG KONG, 1er février (Reuters) - L’activité industrielle a reculé en Chine comme dans la majeure partie de l’Asie en janvier, une situation qui nourrit les craintes de voir les tensions commerciales et le ralentissement de l’économie chinoise peser sur la croissance mondiale.

Cette situation renforce les anticipations d’un arrêt du resserrement voire d’un assouplissement des politiques monétaires en Asie.

L’indice PMI manufacturier chinois calculé par Caixin/Markit a chuté pour le deuxième mois consécutif, s’établissant à 48,3 le mois dernier après 49,7 en décembre.

Il traduit la plus forte contraction de l’activité depuis février 2016, alors que les économistes interrogés par Reuters attendaient un léger recul, à 49,5, un peu en dessous du seuil de 50 qui sépare contraction et expansion.

Ce chiffre, qui confirme la tendance au ralentissement marqué de l’économie chinoise déjà visible depuis plusieurs mois, pourrait conduire Pékin à prendre de nouvelles mesures de soutien à l’activité lors de la session parlementaire annuelle en mars tout en s’efforçant de parvenir à un compromis avec les Etats-Unis sur les droits de douane avant l’expiration de la trêve entre les deux pays, le mois prochain.

“Le ralentissement du secteur manufacturier en Asie continue”, a commenté Irene Cheung, stratège Asie à la banque ANZ. “De nombreux facteurs dépendent de la capacité des Etats-Unis et de la Chine à aboutir à un accord raisonnable. C’est à cette condition qu’on pourra peut-être éviter une récession liée au commerce; mais pour l’instant, on en reste au stade des hypothèses.”

UN ACCORD COMMERCIAL AVEC LES USA SE FAIT ATTENDRE

Le président américain, Donald Trump, a déclaré jeudi qu’il rencontrerait prochainement son homologue chinois, Xi Jinping, pour sceller un accord commercial global et Washington a évoqué des progrès “substantiels” dans les pourparlers avec Pékin.

Mais en attendant l’annonce définitive et les modalités détaillées d’un accord, les indicateurs les plus récents suggèrent que la situation économique pourrait continuer de se dégrader.

Au-delà de la contraction manufacturière en Chine, le PMI industriel taïwanais est au plus bas depuis septembre 2015, le sud-coréen au plus bas depuis novembre 2016 et en Indonésie, le secteur a subi en janvier sa première contraction depuis un an.

Au Japon, la croissance de l’activité affiche son rythme le plus faible depuis 29 mois et la dégradation des exportations comme de la production suggère que le secteur pourrait prochainement entrer en contraction, d’autant que se profile une nouvelle hausse de la TVA dans l’archipel, en octobre.

L’impact du ralentissement chinois se fait aussi sentir au-delà du seul secteur industriel: à la veille de la semaine de congés du Nouvel an en Chine, les professionnels du transport aérien et de l’hôtellerie s’attendent à ce que les touristes qui profiteront de l’occasion pour partir à l’étranger choisissent des destinations plus proches, au détriment de pays comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande.

Certains bons connaisseurs de la Chine accueillent toutefois avec prudence les indicateurs publiés à cette période de l’année, l’approche du nouvel an lunaire ayant tendance à fausser les données disponibles.

DE NOUVELLES MESURES DE RELANCE EN MARS ?

Beaucoup d’entreprises chinoises réduisent leur production voire ferment leurs portes pendant cette période de festivités dans tout le pays, période qui débute le 4 février cette année. Et il semble que ces fermetures aient débuté plus tôt que les années précédentes, ce qui pourrait être lié aux tensions commerciales.

Les autorités chinoises ont multiplié ces derniers mois les mesures visant à amortir le ralentissement de l’économie, avec entre autres le lancement de grands projets d’infrastructures, des baisses d’impôts et des injections massives de liquidités dans le système financier, tout en favorisant la baisse des coûts du crédit.

Certains investisseurs s’attendent à un nouveau plan de relance pendant la session parlementaire annuelle de mars. Mais l’impact de ces mesures sur la croissance pourrait ne pas se faire sentir avant le second semestre.

“Même si nous pensons que la croissance du PIB (chinois) finira pour toucher un point bas, les marchés ne semblent pas avoir intégré un ralentissement aussi marqué et ils pourraient selon nous accorder une confiance imméritée à l’efficacité du soutien gouvernemental”, écrivaient les économistes de Nomura dans une note récente.

Marius Zaharia; Marc Angrand pour le service français, édité par Blandine Hénault

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