January 31, 2019 / 5:04 PM / 21 days ago

LEAD 1-Pour Weidmann (BCE), croissance et inflation resteront faibles en 2019

(Actualisé avec précisions et contexte)

FRANCFORT, 31 janvier (Reuters) - Le passage à vide que traverse l’économie allemande sera plus marqué et plus long qu’estimé initialement et le flux de mauvaises nouvelles est encore loin d’être tari, a déclaré jeudi Jens Weidmann, le président de la Bundesbank.

Il a ajouté que l’inflation dans la zone euro devrait être plus faible que prévu en raison de la baisse des cours du pétrole mais a jugé que la Banque centrale européenne (BCE) ne devait pas pour autant retarder inutilement la normalisation de sa politique monétaire.

La faiblesse inattendue de la croissance en Allemagne pourrait, selon de nombreux économistes, conduire la BCE à renoncer pour l’instant à la poursuite de la normalisation de sa politique, voire à annoncer de nouvelles mesures de soutien dans les prochains mois.

“Contrairement à notre prévision de décembre, la baisse de la croissance devrait se prolonger cette année”, a dit Jens Weidmann dans un discours prononcé à Mannheim.

“Du point de vue d’aujourd’hui, l’économie allemande croîtra donc probablement bien moins que le taux de croissance potentiel de 1,5% en 2019. Les mauvaises nouvelles sur l’économie allemande pourraient continuer d’arriver pendant un certain temps.”

La BCE a révisé à la baisse la semaine dernière son évaluation des risques entourant ses prévisions économiques pour intégrer la persistance des tensions commerciales et la baisse de la confiance des chefs d’entreprise et des ménages, mais elle a réaffirmé que le passage à vide actuel était temporaire et laissé la porte ouverte à une hausse de taux cette année.

“LA POLITIQUE MONÉTAIRE A BESOIN DE MARGES DE MANOEUVRE”

Jeudi, Jens Weidmann, considéré comme l’un des plus orthodoxes des membres du Conseil des gouverneurs de la BCE et comme un candidat potentiel à la succession de Mario Draghi à la tête de l’institution, a maintenu la prévision de la Bundesbank d’un rebond de la croissance en Allemagne, en soulignant que les prévisions pour 2020 et 2021 restaient valables en dépit de la dégradation des perspectives 2019.

“Toutefois, l’incertitude sur l’évolution de la situation économique est élevée et pour l’Allemagne, les risques à la baisse prédominent”, a-t-il reconnu.

L’Allemagne, après avoir été pendant plusieurs années le principal moteur économique de la zone euro, a vu son produit intérieur brut (PIB) se contracter au troisième trimestre de l’an dernier. En décembre, la Bundesbank avait dit tabler sur une croissance de 1,6% du PIB allemand en 2019 puis en 2020.

Concernant l’ensemble de la zone euro, Jens Weidmann a estimé que la prévision d’inflation pour cette année devrait être revue à la baisse.

“Du point de vue d’aujourd’hui, la baisse des cours du pétrole en particulier se traduira par une inflation probablement nettement inférieure cette année à celle prévue en décembre”, a-t-il dit.

Il a néanmoins jugé que la banque centrale ne devait pas perdre inutilement du temps avant de normaliser sa politique monétaire, afin de se redonner les moyens nécessaires pour combattre une éventuelle crise à l’avenir.

“Après tout, la politique monétaire a de nouveau besoin de marges de manoeuvre pour réagir à une crise économique inattendue à l’avenir”, a-t-il dit.

Balazs Kornayi, avec Michelle Martin à Berlin; Marc Angrand pour le service français

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