January 31, 2019 / 12:14 PM / 3 months ago

L'Italie en récession après une baisse de 0,2% du PIB au T4

* “Récession technique” avec 2 trimestres de contraction du PIB

* PIB du T4 -0,2%, +0,1% sur un an, inférieur aux attentes

* Le gouvernement attribue la récession à des facteurs extérieurs

* Il dit privilégier la relance en 2019

par Gavin Jones

ROME, 31 janvier (Reuters) - L’économie italienne s’est contractée pour le deuxième trimestre d’affilée sur les trois derniers mois de l’an dernier, selon des statistiques publiées jeudi, plongeant le pays dans la récession.

Le produit intérieur brut (PIB) de la troisième économie de la zone euro a baissé de 0,2% au quatrième trimestre après une contraction de 0,1% au troisième, a annoncé l’Istat, l’institut national de la statistique.

Sur un an, le PIB reste en hausse, mais de 0,1% seulement.

La contraction du quatrième trimestre est plus forte que prévu puisque les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne un repli de 0,1% du PIB d’un trimestre sur l’autre et une croissance de 0,3% sur un an.

Commentant ces chiffres, le vice-président du Conseil italien Luigi Di Maio a déclaré que le gouvernement souhaitait obtenir de l’Union européenne une flexibilité accrue en matière budgétaire.

Il a attribué la contraction des troisième et quatrième trimestres au précédent gouvernement de centre-gauche, ajoutant que son gouvernement rétablirait la situation en 2019.

Il a ajouté que les élections européennes de mai seraient de-facto un référendum sur l’austérité budgétaire. “Je crois que ce référendum aura une issue positive pour ceux qui refusent l’austérité.”

Le président du Conseil, Giuseppe Conte, a assuré de son côté ne pas être préoccupé par la situation économique, mettant la récession de la fin 2018 sur le compte de la situation internationale.

LE GOUVERNEMENT CONFIANT POUR 2019, LES ÉCONOMISTES MOINS

“Même les plus naïfs des analystes savent qu’il y a une guerre commerciale en cours entre les Etats-Unis et la Chine. Et surtout, l’Allemagne nous ralentit (...) Il s’agit d’une phase de transition qui dépend de facteurs extérieurs”, a-t-il dit.

“Nous nous concentrons sur la relance de notre économie, qui se produira certainement en 2019, a-t-il ajouté. Cette relance atteindra son plein régime au second semestre.”

L’opposition juge pour sa part que le gouvernement de coalition en place depuis juin, qui associe le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et La Ligue, a aggravé la situation économique en entrant en conflit avec Bruxelles et en créant une perte de confiance qui a fait grimper les taux d’intérêt et affecté l’activité.

Sur l’ensemble de l’année 2018, la croissance de l’Italie a ralenti à 1%, après 1,7% en 2017.

L’Istat attribue la contraction à un recul de la demande intérieure qui a pris le pas sur la contribution positive du commerce extérieur.

Il n’a pas publié de chiffres sur les différentes composantes du PIB au quatrième trimestre mais précise que l’activité s’est contractée dans l’industrie comme dans l’agriculture et qu’elle avait été “globalement stable” dans les services.

Pour 2019, le gouvernement vise une croissance de 1% mais la plupart des organismes indépendants s’attendent à ce qu’elle ne dépasse guère 0,5%.

Les 46 économistes interrogés récemment par Reuters prévoient en moyenne une progression de 0,7% du PIB en 2019. La Banque d’Italie et le Fonds monétaire international (FMI) tablent pour leur part sur 0,6%.

Avec Giuseppe Fonte et Francesca Piscioneri, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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