January 30, 2019 / 1:27 PM / 19 days ago

Brexit-Westminster demande à May de renégocier, l'UE dit non

LONDRES/BRUXELLES, 30 janvier (Reuters) - Le Parlement britannique a demandé à la Première ministre Theresa May de renégocier la clause de sauvegarde censée éviter le rétablissement d’une frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord après le Brexit, une demande déjà repoussée par les partenaires européens de Londres.

A deux mois de la date fixée pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le 29 mars, c’est toujours l’incertitude: va-t-on vers un divorce sans accord, vers un report de la date de départ, voire vers un renoncement pur et simple à quitter l’Union ?

Plusieurs gouvernements européens se sont dit préparés à tous les scénarios.

Les députés britanniques, par 317 voix contre 301, ont chargé mardi soir Theresa May de rediscuter la clause de sauvegarde (backstop).

Ils avaient massivement rejeté le 15 janvier le projet d’accord présenté par le gouvernement.

La Première ministre s’est engagée à demander à ses partenaires “des modifications juridiquement contraignantes” de l’accord de divorce conclu en novembre dernier après deux années de tumultueuses négociations.

Theresa May a été forcée de reconnaître qu’il n’y avait à Bruxelles qu’”un appétit limité” en faveur d’une modification de l’accord et a averti que la négociation ne serait pas facile.

Pour faire bouger ses interlocuteurs, elle compte brandir la menace d’un Brexit sans accord.

La réponse des capitales européennes a été claire et nette.

DEMANDES DE CLARIFICATIONS

La France a souligné qu’il ne pouvait être question d’une renégociation de l’accord et a souhaité que Londres présente des propositions “crédibles”.

Le gouvernement allemand a demandé à Londres des “clarifications” sur ses intentions et réaffirmé qu’une renégociation de l’accord n’était pas à l’ordre du jour.

L’Irlande a estimé qu’on ne pouvait remplacer par une “formule magique” le backstop, qui est “une solution qui fonctionne”.

Theresa May doit s’entretenir au téléphone à 17h45 GMT avec le président du Conseil européen Donald Tusk, qui a également exclu une renégociation.

Elle s’entretiendra aussi dans la journée avec le Premier ministre irlandais Leo Varadkar et doit rencontrer à 15h00 GMT au Parlement de Westminster le dirigeant de l’opposition, le travailliste Jeremy Corbyn, qui veut exclure un Brexit sans accord.

La Première ministre espère pouvoir présenter le 13 février prochain un accord amendé aux parlementaires britanniques. Si ce n’est pas possible, les députés se prononceront le 14 février sur la marche à suivre.

Les “Brexiters” craignent que ces délais ne servent surtout à retarder la sortie du Royaume-Uni de l’UE, voire à l’empêcher purement et simplement.

Des diplomates s’attendent à ce qu’une décision n’intervienne qu’au tout dernier moment tandis que plusieurs responsables jugent de plus en plus probable un report du Brexit, ou un Brexit désordonné. (Guy Faulconbridge et Gabriela Baczynska, avec Kate Holton et Elizabeth Piper; Guy Kerivel pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below