September 13, 2018 / 10:30 AM / 2 months ago

CHANGES-La livre turque baisse après les propos d'Erdogan sur les taux (actualisé)

(Actualisé avec nouvelles déclarations)

ANKARA, 13 septembre (Reuters) - La livre turque baissait jeudi après des déclarations du président Recep Tayyip Erdogan réaffirmant son opposition à toute hausse des taux d’intérêt, à moins de deux heures d’une décision sur les taux de la banque centrale turque.

Le chef de l’Etat, qui se présente régulièrement comme un “ennemi” des taux d’intérêt élevés, a déclaré devant un public de professionnels des marchés à Ankara que la banque centrale du pays était indépendante mais qu’il restait opposé à des coûts d’emprunt élevés.

L’inflation élevée est le résultat des décisions erronées de la banque centrale, qui doit baisser les taux d’intérêt, a-t-il indiqué.

“Si vous dites que l’inflation est la cause et les taux d’intérêt le résultat, vous ne connaissez rien à cette affaire”, a-t-il dit.

Le chef de l’Etat a également critiqué les banques privées, en reprochant à certaines d’entre elles d’avoir porté leurs taux à 50%.

La livre turque a perdu jusqu’à plus de 2,5% en réaction à ces propos. Elle cédait 1,65% face au dollar à 6,45 pour un dollar vers 10h20 GMT contre moins de 6,37 avant le discours du président.

Les investisseurs s’attendent à ce que la banque de Turquie annonce une hausse de son principal taux directeur à 11h00 GMT.

Lors sa réunion de juillet, elle a laissé, contre toute attente, son taux de prise en pension à une semaine inchangé à 17,75%. La livre a chuté de 26% après ce statu quo inattendu et, selon les statistiques officielles, l’inflation a encore augmenté en août à 17,90%, un pic de près de 15 ans.

Depuis le début de l’année, la devise turque a perdu environ 40% de sa valeur en raison de l’accélération de l’inflation, des doutes sur l’indépendance de la banque centrale et, plus récemment, de l’escalade des tensions entre Washington et Ankara.

Elle avait touché début août un plus bas historique à 7,24 pour un dollar et Recep Tayyip Erdogan avait alors déclaré que son pays était la cible d’une “guerre économique”.

Dans son discours jeudi, le président turc a ajouté que la Turquie prendrait de nouvelles mesures pour interrompre la chute de la livre, victime selon lui d’une volatilité “artificielle”, et qu’il n’hésiterait pas à prendre des initiatives “difficiles” tout en continuant à respecter les règles de l’économie de marché.

Il a déclaré qu’aucun acteur économique ne devait utiliser des devises étrangères à l’exception des importateurs et des exportateurs. Il avait auparavant annoncé que les ventes et les locations immobilières devaient désormais se faire uniquement en livres, et plus en devises étrangères.

Ece Toksabay et Tuvan Gumrukcu, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Blandine Hénault

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