September 10, 2018 / 1:14 PM / 9 days ago

Les républicains US proposent d'amplifier la réforme fiscale de Trump

WASHINGTON, 10 septembre (Reuters) - Les élus républicains de la Chambre des représentants vont présenter cette semaine un projet de baisses supplémentaires des impôts dans l’optique des élections de mi-mandat du 6 novembre prochain.

Un nouveau débat sur la fiscalité, estiment-ils, serait à même de renforcer et amplifier le message économique porté par les candidats du Parti républicain aux Midterms.

“Chaque fois que nous parlons de baisses des impôts et de croissance de l’économie, nous gagnons”, a expliqué Matt Gorman, porte-parole du comité parlementaire républicain, principale entité du parti soutenant les candidats à la Chambre.

La réforme de la fiscalité, promulguée à la fin de l’année dernière, est l’une des principales réalisations de Donald Trump depuis son arrivée à la Maison blanche, en janvier 2017.

D’une ampleur sans précédent depuis la refonte du code des impôts sous la présidence de Ronald Reagan il y a 30 ans, elle a ramené le taux d’imposition sur les bénéfices des entreprises de 35% à 21% et allégé, jusqu’en 2025, la fiscalité des particuliers.

Le président républicain a lui-même évoqué au début de l’été la possibilité d’amplifier encore les baisses d’impôts à la faveur d’une seconde réforme, vers l’automne.

Les républicains, pour l’heure majoritaires à la Chambre des représentants et au Sénat, s’appuient sur une étude de la Tax Foundation, un institut indépendant qui prévoit la création de 1,5 million d’emplois et des hausses de salaires si les réductions d’impôts accordées aux particuliers inclues dans la réforme Trump sont pérennisées.

RÉTICENCES

Des observateurs de la vie parlementaire jugent néanmoins que les républicains pourraient éprouver des difficultés à obtenir les 216 voix nécessaires à la Chambre pour voter une nouvelle proposition de loi.

Son effet sur le déficit du budget fédéral, déjà amplement creusé par les 1.500 milliards de dollars de baisses des impôts sur dix ans prévues par la réforme Trump, pourrait dissuader des élus de s’associer à cette nouvelle réforme.

“Ajouter plusieurs centaines de milliards de dollars supplémentaires au déficit est un développement auquel certains républicains, je pense, vont réfléchir à deux fois”, analyse John Gimigliano, chargé de la législation fiscale et des services de régulation chez le cabinet de consultant KPMG.

Surnommée “Tax Reform 2.0”, le projet de la Chambre creuserait le déficit fédéral de 576 milliards de dollars supplémentaires, selon les calculs de la Tax Foundation.

Son principal promoteur, Kevin Brady, président républicain de la commission des Voies et des Moyens, qui a compétence sur les questions de fiscalité, entend en dévoiler le contenu en début de semaine avec mise aux voix au niveau de sa commission dès jeudi.

Dans son calendrier idéal, la proposition serait débattue en séance plénière et votée d’ici au 1er octobre. (David Morgan Henri-Pierre André pour le service français)

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