July 26, 2018 / 1:04 PM / 3 months ago

Entre Juncker et Trump, tout a commencé par un baiser sur la joue

BRUXELLES, 26 juillet (Reuters) - Les milieux d’affaires européens ne tarissent pas d’éloges jeudi sur le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker qui semble avoir désamorcé, lors d’une rencontre avec Donald Trump la veille à Washington, les risques de guerre commerciale entre l’UE et les Etats-Unis.

Après des semaines de tensions croissantes, le président américain a annoncé s’être entendu avec le chef de l’exécutif européen pour que les deux blocs travaillent à l’abaissement des barrières commerciales.

L’ancien Premier ministre luxembourgeois, malmené par les rumeurs qui ont couru sur son état de santé lors du récent sommet de l’Otan, se veut toutefois prudent sur les résultats de sa rencontre avec Donald Trump, connu pour ses déclarations parfois erratiques et ses brusques changements de position du jour au lendemain.

La France s’est félicitée que l’Union européenne et les Etats-Unis aient renoué le dialogue sur les questions commerciales mais a exprimé son hostilité à la négociation d’un grand accord du type TTIP (partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement) avec l’administration Trump.

Reste que cette amorce de détente est largement attribuée au talent personnel de Jean-Claude Juncker, présenté comme un “vieux renard” ayant plus d’un tour dans son sac.

Une photographie largement diffusée montre l’ancien Premier ministre luxembourgeois, à la Maison blanche, embrasser sur la joue le président américain, en guise d’ouverture des discussions. Un geste qui a poussé Donald Trump à envoyer un tweet sur “l’amour” qui prévaut des deux côtés de l’Atlantique.

“APPRIVOISER TRUMP”

“Juncker sait comment apprivoiser Trump”, écrit le journal autrichien Der Standard, saluant dans la performance du président de la Commission un “chef-d’oeuvre”. “Le vieux renard a montré que, même dans les situations politiques les plus difficiles, il sait trouver une issue diplomatique.”

Jean-Claude Juncker, qui n’avait pas manqué de critiquer Donald Trump en public comme en privé ces dernières semaines, s’était rendu à Washington avec l’intention de rompre la glace.

Pour rappeler les épreuves du passé affrontées en commun, il a offert au président américain plusieurs photographies de cimetières militaires américains dans son pays, avec notamment la tombe du fameux général George Patton, auquel Trump voue une grande admiration.

“Cher Donald, nous avons une histoire en commun”, a souligné Jean-Claude Juncker.

Le dirigeant européen a déclaré au site d’informations Politico que les discussions avaient été facilitées, aussi surprenant que cela puisse paraître, par sa bonne entente avec Donald Trump et sa franchise lors du sommet du G7 le mois dernier au Canada. Le président américain, a-t-il dit, “n’aime pas les gens qui tournent autour du pot”.

Les conseillers de Jean-Claude Juncker, très prudents voire pessimistes avant la réunion, ont eux-mêmes été surpris de voir combien la rencontre se passait bien.

Pour expliquer ce succès, un haut responsable de l’UE pense que les Américains ont notamment été séduits par les offres d’augmentation des importations de gaz naturel liquéfié et de soja de l’UE. (Alastair Macdonald avec Peter Maushagen; Guy Kerivel pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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