July 27, 2018 / 2:00 PM / 2 months ago

POINT HEBDO-Le commerce domine, résultats et banques centrales encore au menu

* Le thème des tensions commerciales reste omniprésent sur les marchés

* L’accord Trump-Juncker a rassuré, toujours des tensions en Chine

* Les entreprises alertent sur les barrières douanières

* Mais les performances du T2 restent globalement solides

* BoJ, Fed et BoE tiennent leur réunion de politique monétaire

par Blandine Henault

PARIS, 27 juillet (Reuters) - La saison des résultats d’entreprises a bien du mal à supplanter les tensions commerciales dans l’esprit des investisseurs et il n’est pas sûr que les annonces de politique monétaire qui se profilent parviennent également à détourner leur attention.

Si les Bourses mondiales s’acheminent vers un nouveau gain hebdomadaire, cela s’explique en grande partie par l’issue favorable inattendue de la rencontre entre Donald Trump et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Les deux hommes se sont entendus mercredi pour travailler à l’abaissement des barrières commerciales entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Les deux blocs se sont engagés à ne pas instaurer de droits de douane supplémentaires pendant leurs négociations, ce qui a permis de suspendre la menace de taxe américaine sur les exportations européennes automobiles.

Beaucoup d’investisseurs ont toutefois souligné que cela ne faisait que renforcer le conflit entre Washington et Pékin. Les deux premières puissances économiques mondiales ne semblent toujours pas être engagées dans un quelconque processus de négociations.

Pour l’heure, la Chine semble vouloir calmer le jeu et n’a toujours pas annoncé de mesures de représailles à la liste de 200 milliards de dollars de produits chinois susceptibles d’être taxés, dévoilée début juillet par les Etats-Unis.

Entre temps, Donald Trump a menacé de taxer jusqu’à 500 milliards d’importations chinoises et a accusé Pékin de manipuler sa devise.

EN CHINE ET AUX USA, LA CROISSANCE INTERROGE

En pleine transition, l’économie chinoise ralentit depuis plusieurs années et la perspective d’une guerre commerciale avec les Etats-Unis ne fait qu’alimenter les craintes autour d’un brusque tassement de la croissance du pays.

En témoigne la chute du yuan et des Bourses chinoises , tout comme celle du cours du cuivre, la Chine étant un des plus gros consommateurs de ce métal.

Les autorités chinoises restent à la manoeuvre et s’accommodent de la faiblesse du yuan qui permet de compenser d’éventuels tarifs douaniers américains supplémentaires. L’état de la deuxième économie mondiale reste néanmoins surveillé de près et les indicateurs d’activité PMI attendus dans les prochains jours seront donc suivis avec attention.

Aux Etats-Unis, la croissance du produit intérieur brut (PIB) est ressortie sans surprise à 4,1% en rythme annualisé au deuxième trimestre mais la progression du PIB a été revue à la hausse pour les trois premiers mois de l’année, à 2,2% contre 2%.

L’indice des prix PCE “core” s’est inscrit en dessous des attentes pour le deuxième trimestre, ce qui devrait porter l’attention sur les chiffres des revenus et dépenses des ménages, attendus mardi, et sur ceux du salaire horaire moyen, publiés vendredi à l’occasion du rapport mensuel sur l’emploi pour le mois de juillet.

Les investisseurs s’inquiètent surtout pour la croissance future de la première puissance économique mondiale. “Je pense que si d’autres pays pourraient souffrir davantage à court terme, les Etats-Unis pourraient bien finir par être les plus grands perdants d’une guerre commerciale à long terme”, estime Kristina Hooper, responsable de la stratégie mondiale des marchés chez Invesco.

Plusieurs entreprises américaines ont d’ailleurs alerté ces derniers jours sur l’impact d’un renforcement des barrières douanières, à l’instar de General Motors ou encore Harley Davidson.

Le secteur automobile est en première ligne : Fiat Chrysler , Daimler, Faurecia se sont tous montrés prudents face aux incertitudes créées par les tensions commerciales.

D’autres acteurs ont aussi alerté, comme STMicroelectronics ou des entreprises plus petites à l’image d’Eramet ou de Coface.

DES RÉSULTATS QUI RESTENT SOLIDES

Si le flux de publications va sensiblement ralentir dans les prochains jours, les annonces de Caterpillar, lundi, pourraient alimenter les inquiétudes.

Le numéro un mondial des engins de chantier a déjà prévenu fin avril que la hausse des coûts des matières premières pourrait peser sur ses marges, à la suite de la promulgation par Donald Trump de taxes sur les importations d’acier.

Autres publications à suivre, celles d’Apple, Sanofi, Credit Suisse (mardi), BNP Paribas (mercredi), Société Générale, Altice et BMW (jeudi) ou encore Toyota et Crédit Agricole (vendredi).

Malgré les récents avertissements, et certaines déceptions fracassantes comme Facebook, la saison des résultats est globalement jugée solide aux Etats-Unis comme en Europe, ce qui explique en partie les performances positives des marchés d’actions sur le mois de juillet.

Selon les données Thomson Reuters, les profits des entreprises du S&P 500 devraient avoir progressé de 22,4% au deuxième trimestre, contre une hausse de 20,7% attendue au début du mois.

Le bal des publications touche doucement à sa fin et les investisseurs devraient tourner leurs regards vers les banques centrales.

Dans les prochains jours, la Banque du Japon (BoJ), la Réserve fédérale (Fed) et la Banque d’Angleterre (BoE) tiendront successivement leur réunion de politique monétaire.

Si peu d’annonces sont attendues du côté de la Fed, la BoJ pourrait en revanche dévoiler mardi des changements sensibles à sa politique en cours.

DES CHANGEMENTS À LA BOJ ?

Plusieurs sources ont indiqué à Reuters que la banque centrale nippone pourrait ajuster ses objectifs de taux et ses méthodes d’achat d’actions et s’arranger pour que son programme d’assouplissement quantitatif (QE) soit plus facilement gérable.

Le journal Nikkei a rapporté de son côté que la BoJ pourrait décider de changer la composition de ses achats de fonds indiciels, en augmentant le montant consacré aux ETF adossés au Topix et en réduisant ses achats d’ETF basés sur le Nikkei.

D’autres sources ont par ailleurs indiqué que la banque centrale pourrait reconnaître à l’occasion de sa réunion de politique monétaire de ce mois-ci que l’inflation n’atteindra pas son objectif de 2% pendant au moins trois ans.

Ces informations ont provoqué une envolée du rendement des emprunts d’Etat japonais à 10 ans à un plus haut de 0,11% vendredi, un niveau inédit depuis février 2017.

Cela a entraîné une remontée de l’ensemble des rendements souverains, le 10 ans américain et son équivalent allemand étant revenus à leur niveau de la mi-juin.

Outre-Manche, la BoE devrait selon toute vraisemblance annoncer jeudi un relèvement de ses taux d’intérêt, tout en maintenant un discours prudent sur leur trajectoire en raison des incertitudes liées au processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

La Banque centrale européenne a pour sa part déjà tiré le rideau pour cet été: dans une conférence de presse plus courte qu’à l’accoutumée, son président Mario Draghi a maintenu jeudi sa politique monétaire, indiquant que les risques de guerre commerciale mondiale ne sauraient justifier de revenir sur ses récentes décisions.

La Fed et son patron Jerome Powell, critiqués récemment de façon ouverte par Donald Trump, devraient opter mercredi peu ou prou pour le même discours.

VOIR AUSSI :

GESTION-Retour prudent sur les actions US, l’obligataire privilégié-BAML (Édité par Bertrand Boucey)

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