June 10, 2018 / 3:10 AM / 5 months ago

SYNTHESE-G7-Trump plombe les efforts communs sur le commerce

par Roberta Rampton et Jean-Baptiste Vey

LA MALBAIE, Canada, 10 juin (Reuters) - Donald Trump a jeté le trouble sur les efforts des dirigeants du G7 d’afficher un front commun sur le commerce samedi en s’en prenant au Premier ministre canadien Justin Trudeau et en laissant entendre que les Etats-Unis pourraient imposer des droits de douane sur les voitures importées.

Le président américain, qui a écourté samedi sa participation au sommet organisé au Canada, a annoncé dans la soirée avoir demandé à ses représentants de ne pas cautionner le communiqué commun établi par les dirigeants du G7, plombant un consensus fragile sur le commerce entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux.

“Le PM Trudeau du Canada s’est montré docile et modéré pendant nos réunions au G7, tout cela pour donner une conférence de presse après mon départ dans laquelle il déclare que ‘les droits de douane américains sont presque insultants’ et qu’il ne ‘se laissera pas bousculer’”, a dit Trump sur Twitter.

“Très malhonnête et faible”, a-t-il poursuivi à propos du dirigeant canadien. “Nos tarifs douaniers sont en réponse à ses droits de douane de 270% sur les produits laitiers!”

Durant sa conférence de presse, Justin Trudeau a évoqué des mesures de rétorsion que le Canada prendrait le mois prochain suite à l’instauration par Washington de droits de douane sur les importations américaines d’acier et d’aluminium en provenance du Canada, de l’Union européenne et du Mexique.

“Nous Canadiens sommes polis, raisonnables, mais nous ne nous laisserons pas bousculer”, a déclaré le Premier ministre canadien, hôte du sommet de deux jours au Québec.

Trudeau “n’a rien dit qu’il n’ait pas déjà déclaré auparavant - que ce soit en public ou lors de discussions privées avec le président (Trump)”, a réagi le gouvernement canadien dans un communiqué en réponse au tweet de Donald Trump.

Le Premier ministre canadien “reste focalisé sur ce qui a été accompli pendant le sommet”, ajoute-t-on à Ottawa.

BOUSCULER LE STATU QUO

Cette salve de Donald Trump couronne deux journées marquées par des controverses, entre le plaidoyer du président américain pour un retour de la Russie dans le G7 et, raconte une source française, la liste de griefs à l’égard des partenaires commerciaux des Etats-Unis qu’il a détaillée lors d’une discussion sur la question des droits de douane.

Donald Trump affiche, une nouvelle fois, sa volonté de bousculer le statu quo, après avoir retiré les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat et de l’accord sur le programme nucléaire iranien.

Les dirigeants du G7 (Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, France, Italie, Allemagne et Japon) se sont mis d’accord samedi sur la nécessité d’un “commerce libre, équitable et mutuellement bénéfique” et sur l’importance de la lutte contre le protectionnisme, selon le communiqué commun, qui semblait avoir effacé les dissensions.

Le revirement de Trump, annoncé alors qu’il se rendait à Singapour pour sa rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, a laissé ses homologues du G7 dans le flou.

“Nous nous en tenons au communiqué établi par tous les participants”, a dit un représentant européen sous couvert d’anonymat.

Une source à la présidence française a dit qu’Emmanuel Macron a été averti au décollage de son avion du tweet de Donald Trump. A ce stade il n’y a pas de commentaire, a-t-elle précisé.

Les homologues de Donald Trump se sont démenés cette semaine pour tenter de trouver un semblant de consensus avec Washington sur le commerce et d’autres questions essentielles.

ESCALADE

Avant le tweet de Donald Trump dans la soirée, Emmanuel Macron a dit samedi que l’accord entre tous les membres du G7 sur la question commerciale a permis de stopper une escalade avec les Etats-Unis.

Mais il appartient désormais à ces derniers d’agir en conséquence, a ajouté le chef de l’Etat français.

D’importants différends persistent, a-t-il insisté, notamment les droits de douane sur l’acier et l’aluminium exportés par certains alliés des Etats-Unis, dont les Européens, et la menace d’autres pénalités, notamment sur l’automobile.

L’administration Trump a annoncé il y a deux semaines qu’elle envisageait d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 25% sur les voitures importées en invoquant des raisons de sécurité nationale.

Washington devrait enquêter sur les importations automobiles dans le cadre d’un dispositif juridique, la Section 232 d’une loi de 1962 sur le commerce, qui pourrait conduire à l’instauration de ces droits de douane.

Donald Trump s’est appuyé sur cette Section 232, qui autorise le mise en place de protections commerciales au nom de la “sécurité nationale” des Etats-Unis, pour annoncer des droits de douane sur l’acier et l’aluminium.

Des tarifs douaniers sur les importations de voitures et de pièces détachées pourraient affecter notamment l’industrie automobile allemande notamment et avoir des conséquences dévastatrices sur l’industrie automobile canadienne. (Avec Andrea Hopkins, David Ljunggren, Giselda Vagnoni, Jan Strupczewski et William James à La Malbaie, Jonathan Landay et David Lawder à Washington, Henri-Pierre André, Danielle Rouquié et Jean Terzian pour le service français)

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