June 7, 2018 / 5:04 PM / 5 months ago

France-Macron appelé à muscler son discours social

* Inquiétudes sur la réforme des aides sociales

* La politique de Macron jugée “juste” par 31% des Français

* Edouard Philippe interpellé à Toulouse sur les retraites

PARIS, 7 juin (Reuters) - Le président du MoDem, François Bayrou, a appelé jeudi Emmanuel Macron à muscler son discours social à l’heure où la réforme annoncée des aides sociales continue d’agiter les rangs de la majorité et de susciter les critiques de l’opposition.

“On a fait beaucoup de choses”, a dit le maire de Pau dans l’émission “Questions d’info” (LCP, Le Point, AFP), citant notamment la revalorisation programmée de l’allocation adulte handicapé (AAH) et “l’augmentation d’un certain nombre de minima sociaux”.

“Tout ça c’est important mais on ne l’a pas entendu et c’est le président de la République qui a comme vocation et comme mission de le faire entendre”, a-t-il ajouté.

L’ancien ministre de la Justice a, depuis son départ du gouvernement, appelé à plusieurs reprises le chef de l’Etat, taxé de “président des riches” par l’opposition, de mettre davantage en avant ses mesures sociales.

Ce nouvel appel du leader du MoDem, partenaire de la République en Marche à l’Assemblée nationale, intervient à quelques semaines d’arbitrages attendus et potentiellement explosifs sur la stratégie de lutte contre la pauvreté et la modernisation de l’action publique. L’exécutif, qui souhaite baisser le niveau des dépenses publiques de plus de trois points de PIB (produit intérieur brut) d’ici 2022 grâce à un effort réparti sur l’ensemble des administrations publiques, reste flou sur ses intentions et assure que rien n’a encore été acté.

Mais sans rassurer ni convaincre totalement. Seuls 31% des Français jugent “juste” la politique menée par Emmanuel Macron et son gouvernement et une majorité (55%) considèrent que l’exécutif n’en fait pas assez pour les plus démunis, selon un sondage BVA pour la Tribune diffusé mercredi.

Le gouvernement met régulièrement en avant l’augmentation de 100 euros par mois de l’AAH et du minimum vieillesse, promesses de campagne d’Emmanuel Macron déjà actées dans les textes budgétaires pour 2018. Mais ces revalorisations ne seront pleinement effectives qu’à fin 2019-début 2020, sous l’effet d’augmentations progressives.

RÉFORME SOCIALE DÉLICATE

Après la baisse controversée des APL et la hausse de la CSG, qui a alimenté la grogne des retraités, la réforme des aides sociales s’annonce dans ce contexte délicat pour l’exécutif, si ce n’est explosif. Signe de la sensibilité du sujet, les arbitrages ont été repoussés à plusieurs reprises et seront désormais dévoilés “à la tournure de l’été”.

Dans le collimateur du gouvernement, le “maquis injuste et illisible”, selon les mots de la ministre des Solidarités Agnès Buzyn, des prestations sociales.

La fuite dans la presse d’un rapport de la direction du Budget proposant de réduire les prestations sociales a mis le feu aux poudres, nourrissant une nouvelle fois les reproches récurrents de l’opposition de gauche sur la politique économique et fiscale du gouvernement. Des réserves ont également été émises au sein de la majorité présidentielle.

“Ce débat pour savoir si les aides sociales vont baisser est un non-débat”, a dit le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux mercredi. “En revanche, on ne s’interdit pas d’ouvrir la réflexion sur l’efficacité des aides sociales, sur le fait que vous avez 30% des bénéficiaires du RSA qui n’ont pas accès au RSA”, a-t-il ajouté, n’excluant pas une évolution des critères d’attribution dans un souci d’équité et d’”efficacité”.

En déplacement à Toulouse jeudi, où il a délocalisé pour deux jours Matignon, le Premier ministre Edouard Philippe a eu un rapide aperçu de la tension sociale.

Interpellé dans le quartier sensible du Mirail par une femme lui demandant de faire “quelque chose pour les retraites”, le chef du gouvernement a quelques heures plus tard fait face à une coupure d’électricité revendiquée par la CGT alors qu’il prononçait un discours à Mondouzil.

“C’est important de ne pas perdre de vue l’aspect protection, il faut libéraliser mais il faut aussi protéger”, avait mis en garde la semaine dernière sur France Inter Philippe Aghion, économiste et professeur au Collège de France, proche d’Emmanuel Macron. “Il est nécessaire qu’on rappelle qu’Emmanuel Macron a été élu sur un mandat qui avait les deux côtés”. (Marine Pennetier et Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)

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