June 6, 2018 / 9:46 AM / 2 months ago

LEAD 1-BCE-Praet et Weidmann confiants sur l'inflation et l'arrêt du QE

* Praet souligne les signes de remontée de l’inflation vers 2%

* Weidmann juge “plausible” d’anticiper la fin du QE en 2018

* Les rendements obligataires et l’euro montent

* Les anticipations de hausse de taux mi-2019 aussi (Répétition avec précision au §5)

BERLIN, 6 juin (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) est de plus en plus convaincue d’un retour progressif de l’inflation vers son objectif et discutera la semaine prochaine de l’opportunité de mettre progressivement fin à son programme de rachats d’actifs (QE), a déclaré mercredi Peter Praet, le chef économiste de la BCE.

Le président de la Bundesbank allemande, Jens Weidmann, a pour sa part jugé “plausibles” les anticipations d’un arrêt d’ici la fin de l’année des achats d’obligations.

Ces opérations, menées dans le cadre du programme d’assouplissement quantitatif (“quantitative easing”, QE) lancé en 2015, dont le montant global devrait atteindre 2.550 milliards d’euros, ont permis d’éloigner définitivement la menace de la déflation tout en soutenant la croissance.

La BCE envisage donc désormais la possibilité d’entamer à l’automne le démantèlement de ce programme, même si son président, Mario Draghi, a évité jusqu’à présent toute discussion formelle sur le sujet dans l’attente de nouveaux éléments confirmant la remontée de l’inflation dans la zone euro vers l’objectif d’un peu moins de 2% que s’est fixé la banque centrale.

"Les signaux montrant la convergence de l'inflation vers notre objectif s'améliorent et tant la vigueur sous-jacente de l'économie de la zone euro que le fait qu'une telle vigueur a un effet croissant sur la formation des salaires renforcent notre confiance dans le fait que l'inflation atteindra un niveau inférieur, mais proche, de 2% à moyen terme", a dit Peter Praet dans un discours here prononcé en anglais à Berlin.

“La dissipation des attentes par le marché de nouvelles augmentations importantes de notre programme ont été accompagnées d’anticipations d’inflation qui sont de plus en plus conformes à notre objectif”, a ajouté ce proche allié de Mario Draghi, dans sa dernière intervention avant la période de réserve (“quiet period”) avant la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE, le 14 juin.

De son côté, Jens Weidmann, dans un message vidéo diffusé lors de la même conférence, a jugé “plausible” l’hypothèse d’un arrêt du QE cette année.

RENDEZ-VOUS À RIGA LE 14 JUIN

“Depuis quelque temps déjà, les acteurs du marché financier s’attendent à ce que les rachats d’actifs s’arrêtent avant la fin de 2018”, a-t-il dit.

“En l’état actuel des choses, je trouve que ces attentes de marché sont plausibles”, a-t-il dit, ajoutant que ce serait le premier pas vers une normalisation de la politique monétaire.

Si certains responsables de la politique monétaire n’attendent qu’en juillet une décision définitive sur l’arrêt définitif ou non des rachats d’actifs, les propos de Peter Praet et Jens Weidmann incitent à penser que la discussion commencera dès la semaine prochaine lors de la réunion du Conseil des gouverneurs à Riga.

“La semaine prochaine, le Conseil des gouverneurs devra évaluer si les progrès réalisés jusqu’à présent ont été suffisants pour justifier une réduction progressive de nos achats nets”, a dit Peter Praet.

Sur les marchés, ces déclarations ont provoqué une hausse des rendements des emprunts d’Etat et des anticipations de hausse de taux.

Le rendement du Bund allemand à dix ans, en hausse de plus de six points de base, a atteint 0,435%, son plus haut niveau depuis le 28 mai, contre 0,41% environ avant les déclarations de Peter Praet.

Les marchés monétaires, eux, anticipent désormais une probabilité de 70% d’une hausse de taux de la BCE en juin 2019, contre 50% environ lundi, et de 90% pour juillet 2019.

Quant à l’euro, il s’appréciait de 0,35% face au dollar vers 09h30 GMT à 1,1756 après un plus haut de deux semaines à 1,1770, alors que les tensions liées à la crise politique italienne l’avaient fait tomber tout près du seuil de 1,15 dollar la semaine dernière.

“Le marché est très sensible à l’évolution des perspectives des banques centrales et aux signes suggérant un changement de position de la BCE”, explique Jan von Gerich, responsable de la stratégie d’investissement de Nordea.

Les rachats d’actifs de la BCE, poursuivis actuellement au rythme de 30 milliards d’euros par mois, doivent se prolonger jusqu’à fin septembre, mais les responsables monétaires ont longtemps soutenu qu’ils devraient ensuite être réduits progressivement, sur plusieurs mois.

Michelle Martin et Reinhard Becker, avec Dhara Ranasinghe, Saikat Chatterjee et Tom Finn à Londres, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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