June 5, 2018 / 2:29 PM / 4 months ago

BNP Paribas mise sur l'organique pour croître en Allemagne

par Matthieu Protard

FRANCFORT, 5 juin (Reuters) - BNP Paribas, qui a fait de l’Allemagne un marché prioritaire pour son expansion en Europe, entend croître outre-Rhin par croissance organique mais la banque française n’exclut pas de regarder les opportunités de petites acquisitions qui pourraient se présenter.

Sur le marché allemand, où elle est présente depuis 1947 et dans désormais 16 villes, BNP Paribas s’est fixé comme objectif d’atteindre deux milliards d’euros de revenus en 2020 contre 1,7 milliard en 2017.

Pour y accélérer son développement, la banque entend s’appuyer sur l’ensemble de ses activités dans le pays, qu’il s’agisse de la banque de détail, de la banque de financement et d’investissement (BFI), de la gestion de fortune ou encore des services financiers spécialisés comme le crédit et le leasing automobile.

Toutefois, pour Lutz Diederichs, le responsable des activités de BNP Paribas en Allemagne, l’objectif de deux milliards d’euros de revenus en 2020 dépendra surtout des performances dans sa BFI et dans ses deux enseignes de banque et de services financiers en ligne Consorsbank et Consors Finanz.

“Ces trois lignes de métiers sont vraiment importantes pour la croissance. Ce sont les plus importantes”, a souligné Lutz Diederichs, lors d’une conférence de presse dans les bureaux de BNP Paribas à Francfort.

“Sans performance dans ces trois métiers, le plan (stratégique à horizon 2020, NDLR) ne peut pas être atteint.”

Le responsable de BNP Paribas en Allemagne a toutefois assuré que la conquête de parts de marché outre-Rhin ne se fera pas au détriment de la rentabilité.

Interrogé sur de possibles acquisitions en Allemagne, il a en outre expliqué que le pan stratégique à horizon 2020 avait été établi sur la base d’un développement des activités en croissance organique.

“Notre plan stratégique est exclusivement basé sur la croissance organique”, a déclaré Lutz Diederichs. “Si je vous dis que nous garderons les yeux ouverts, cela signifie que nous ne ferons que des petites acquisitions, pas de grosses acquisitions.”

Il s’est en revanche refusé à tout commentaire sur la situation de Commerzbank, dont la participation de 15% de l’Etat allemand fait régulièrement l’objet de rumeurs.

Plus généralement, Lutz Diederichs n’a pas souhaité commenter la situation individuelle de chaque banque allemande alors que la Deutsche Bank, dont la capitalisation boursière s’est effondrée de 40% depuis janvier, est engagée dans une vaste restructuration de ses activités.

BNP Paribas, qui veut accroître ses parts de marché en Allemagne dans la BFI, et en particulier sur le marché très convoité des PME, assure aussi ne pas redouter une exacerbation de la concurrence si la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne se traduit par une importante réimplantation de banques américaines ou asiatiques à Francfort.

BNP Paribas explique avoir une diversité d’activités en Allemagne pour résister à une telle concurrence.

“Ce scénario du Brexit ne nous effraie pas”, a dit Lutz Diederichs.

Plusieurs grands établissements, comme les japonais Nomura , Daiwa Securities et Sumitomo Mitsui, les américains Morgan Stanley, Goldman Sachs et Citi ou le suisse UBS, ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils avaient choisi Francfort comme base de réimplantation sur le Vieux Continent. (Edité par Dominique Rodriguez)

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