June 5, 2018 / 5:03 AM / 3 months ago

RPT-MARCHÉS-La dette chinoise à la croisée des chemins-BNPP AM

(Répétition sans changement d’une dépêche diffusée lundi)

* Le marché obligataire chinois s’ouvre au monde extérieur

* La deuxième économie du monde a besoin de capitaux

* Des sommes colossales pourraient s’y investir

PARIS, 5 juin (Reuters) - La Chine s’ouvre aux capitaux étrangers non seulement sur le marché actions mais aussi sur celui de la dette, appelé à connaître un essor extraordinaire, a souligné lundi Jean-Charles Sambor, responsable adjoint des obligations émergentes chez BNP Paribas Asset Management.

A l’image des indices MSCI, qui s’ouvrent aux actions chinoises de classe A, les indices obligataires de référence, comme le Bloomberg Barclays Global Aggregate Bond Index (Global Agg), mettent le pied en Chine. D’autres devraient suivre, parmi lesquels le FTSE World Government Index (WGBI) et le Governing Bond Index-Emerging Markets (GBI-EM) de JPMorgan.

“On a fait un calcul assez simple: si on prend 6% de l’indice Global Agg, 6% de l’indice WGBI plus 10% de l’indice GBI-EM, cela fait, en flux passifs, plus de 200 milliards (de dollars) qui devraient arriver dans les prochains trimestres”, dit Jean-Charles Sambor. “C’est énorme. C’est en fait plus gros que la partie actions.”

La part de la dette chinoise détenue par des investisseurs étrangers pourrait passer à terme de 2-3% actuellement à 12-13%, un niveau équivalent à celui de la Corée du Sud, ce qui représenterait plusieurs milliers de milliards de dollars qui arriveraient sur le marché chinois ‘onshore’, ajoute-t-il.

“On est sur un point d’inflexion très important”, dit-il. “Cela fait 15 ans que je couvre le marché chinois et c’est la première fois qu’ils sont très sérieux sur l’ouverture de ce marché aux étrangers.”

Le troisième plus gros marché obligataire de la planète mais aussi le plus sous-détenu s’ouvre donc au monde extérieur, parce que les Chinois ont besoin de l’argent étranger en raison de leur niveau très élevé de dette publique, explique Jean-Charles Sambor.

BNPP AM va donc embaucher deux analystes senior à Shanghai pour l’aider sur la gestion d’un fonds ‘onshore’ de dette chinoise puis faire grossir son équipe, qui devrait compter quatre à cinq personnes à la fin de l’année, dit-il.

UN MARCHÉ DE TYPE DÉVELOPPÉ SE PROFILE

Il y a encore quelques mois, la dette chinoise faisait pourtant peur aux investisseurs étrangers.

“Quand les rendements chinois ont touché 4% l’année dernière, en novembre-décembre, tout le monde avait peur du ‘deleveraging’, avec des pressions inflationnistes qui étaient quand même assez fortes”, dit l’expert de BNPP AM.

“Notre position, totalement contraire, était de dire que le ‘deleveraging’ serait graduel, que les pressions inflationnistes allaient s’atténuer et que la croissance deviendrait un peu plus molle, ce qui n’est pas une mauvaise chose”, ajoute-t-il. “Nous ne croyons pas à l’hypothèse d’un atterrissage brutal de la croissance chinoise”.

Un marché de type développé se profile en Chine, avec une taille, un potentiel et une diversité impressionnants mais aussi la perspective de rendements plus faibles et de risques moins importants, estime Jean-Charles Sambor.

BNPP AM fait évoluer son portefeuille en conséquence, avec de la dette souveraine mais aussi des obligations quasi souveraines, essentiellement émises par les banques de développement.

Le marché de la dette d’entreprise est amené lui aussi à prendre de l’ampleur, avec de la volatilité à prévoir mais aussi beaucoup de défauts, nécessaires pour assainir le système, poursuit le spécialiste en dette émergente du gestionnaire d’actifs de la banque française.

Ces défauts alimenteraient un marché obligataire à haut rendement (high yield), soit de la dette privée classée en catégorie spéculative par les agences de notation.

Ce marché ne fait que se dessiner parce que les grandes agences internationales comme S&P et Moody’s n’évaluent que la dette chinoise externe, mais il pourrait devenir, lui aussi, énorme, avec des rendements appelés à atteindre 15% contre 7-8% au maximum actuellement, prédit Jean-Charles Sambor.

Patrick Vignal, édité par Marc Angrand

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