June 4, 2018 / 3:52 PM / 4 months ago

LEAD 1-Audiovisuel public-La chaîne France 4 supprimée, un acte II en 2019

* Nyssen dévoile ses pistes de réforme de l’audiovisuel public

* La chaine France 4 supprimée en hertzien, France O en suspens

* Le sujet épineux des économies éludé

* La régulation, la gouvernance, la redevance renvoyées à 2019 (Actualisé avec réactions)

par Gwénaëlle Barzic

PARIS, 4 juin (Reuters) - La ministre de la Culture Françoise Nyssen a dévoilé lundi des pistes de modernisation de l’offre du service public de l’audiovisuel tout en renvoyant à 2019 un deuxième train de réformes visant la régulation, la gouvernance et la redevance.

Proximité, numérique et éducation font partie des priorités fixées par la ministre à un audiovisuel public sommé de se réformer pour répondre aux défis conjugués d’un budget rétréci, d’acteurs nouveaux aux moyens puissants et de la transformation des usages des médias.

Pour répondre à cette équation compliquée, Françoise Nyssen a annoncé pêle-mêle la fin de la diffusion de la chaîne jeunesse France 4 en hertzien, une réflexion sur le devenir de la chaîne des Outre-Mer France 0, le triplement des programmes régionaux de France 3 ou encore de nouvelles offres numériques dédiées à la culture, l’éducation ou au décryptage de l’information.

L’enveloppe pour le numérique, qui ne représente aujourd’hui que 3% du budget, sera augmentée de 150 millions d’euros par an à l’horizon 2022 tandis que celle dédiée à la création - soit 560 millions d’euros toutes entités confondues - sera sanctuarisée.

Devant les six patrons de l’audiovisuel public (France Télévisions, Radio France, Arte, France Médias Monde et INA) réunis au ministère de la Culture, Françoise Nyssen est en revanche restée muette sur le montant des économies qui leur seraient demandées, évoquant seulement la nécessité de trouver “des marges d’efficience”

Le chiffre, qui est nettement inférieur aux 500 millions d’euros évoqué dans la presse, devrait être prochainement arbitré, a seulement précisé son entourage.

“Le seul scénario, c’est de transformer pour répondre aux attentes nouvelles du public. Mon ambition est de créer un média global à vocation universelle”, a expliqué la ministre lors d’une conférence de presse.

Annoncé à l’issue de plusieurs mois de consultations, cet éventail de mesures, sans cadrage financier, a laissé certains acteurs sur leur faim.

“Les annonces de ce matin, certes importantes et portées par des engagements forts, ne constituent pas la réforme d’ampleur à laquelle les professionnels s’attendaient après les annonces du président de la République”, a regretté la Scam (Société civile des auteurs multimédias).

“FLOU”

Le syndicat CGT de France Télévisions a lui estimé que le “flou” demeure, notamment sur “le financement, le niveau de l’emploi, la réalité des rapprochements inter-sociétés, la capacité à tripler les programmes régionaux d’ici 2022, le maintien d’un maillage territorial pertinent”.

La ministre, qui dirigeait les éditions Actes Sud avant d’entrer au gouvernement, a justifié sa méthode en disant vouloir d’abord s’attacher aux missions avant de viser l’organisation et les personnes dans un secteur qui a traversé de nombreuses réformes.

“Dans un second temps, nous ouvrirons trois chantiers qui trouveront leur traduction dans les lois courant 2019”, a-t-elle dit, citant la réforme de la gouvernance, la régulation à l’heure du numérique et la réforme de la redevance.

Un comité constitué de personnalités du secteur a été chargé de mettre en musique la première partie du chantier, en précisant dans un rapport prévu mi-juillet les pistes évoquées par la ministre ce lundi.

Pour lutter contre l’éparpillement des programmes et améliorer leur visibilité, la fin de la chaîne France 4 dans sa diffusion hertzienne est d’ores et déjà actée par le gouvernement, qui souhaite le lancement d’une offre numérique éducative réunissant les contenus des différentes entités sur le modèle du site Bitesize de la BBC britannique.

Le gouvernement se donne en revanche davantage de temps concernant l’avenir de la chaîne O, peu regardée, et mènera des consultations afin de décider de son éventuel maintien.

Au chapitre des synergies, la chaîne France 3 et les stations France Bleu seront appelées à travailler ensemble, notamment dans le numérique, à l’image de la collaboration déjà existante entre France Info et France Télévisions.

Une plateforme commune de décryptage des fausses nouvelles sera par ailleurs hébergée sur le site de France Info et un portail dédié aux arts et à la culture sera créé.

Le projet de réforme suscite l’inquiétude parmi les 18.000 salariés des six entités, échaudés par les propos rapportés - puis démentis - du chef de l’Etat sur un audiovisuel public “honte de la République”.

“Il ne s’agit plus aujourd’hui d’ajuster notre modèle à la marge”, a prévenu la PDG de France Télévisions Delphine Ernotte.

“Nos ressources vont diminuer et il faudra trouver nous- mêmes nos marges de manoeuvre à travers des gains d’efficacité”, a ajouté la dirigeante, qui veut désormais faire primer les contenus sur la structure dans l’organisation du groupe.

Avec Marine Pennetier, édité par Dominique Rodriguez

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below