June 1, 2018 / 1:09 PM / 5 months ago

PORTRAIT-Pedro Sanchez, un socialiste à la tête du gouvernement espagnol

par Sonya Dowsett et Julien Toyer

MADRID, 1er juin (Reuters) - Le secrétaire général du Parti socialiste espagnol (PSOE) Pedro Sanchez, qui vient de prendre la tête du gouvernement espagnol, revient de loin.

Il y a deux ans, il avait joué gros face aux “barons” de son parti en refusant de s’abstenir, comme le demandait le PSOE, lors du vote d’investiture du président du gouvernement, le conservateur Mariano Rajoy, auquel il était viscéralement opposé.

Il a été patient et a finalement obtenu gain de cause vendredi en forçant Rajoy à se retirer après avoir perdu la confiance du Parlement, lors du vote d’une motion de censure déposée par le PSOE.

A 46 ans, Sanchez, économiste de formation, devient le septième chef de gouvernement de l’Espagne post-franquiste, grâce à une alliance hétéroclite qui a donné une majorité à la motion de censure.

Mais avec seulement 84 élus socialistes sur 350 députés au Congrès des députés, il aura du mal à s’assurer des soutiens nécessaires pour gouverner.

“Je suis conscient de mes responsabilités dans cette difficile période politique que traverse notre pays et je ferai face à tous les défis avec humilité et dévouement”, a-t-il dit après sa désignation à la tête du gouvernement.

“Je veux moderniser et transformer le pays, répondre aux urgences sociales pour défendre tous ceux qui souffrent de la précarité et des inégalités”, a-t-il ajouté.

La tâche qui l’attend est immense. Il doit assurer la poursuite de la reprise économique après des années d’austérité, faire face à la crise catalane et défendre son parti contre la concurrence des centristes de Ciudadanos et du mouvement de la gauche radicale Podemos.

“NON, C’EST NON !”

Passionnément pro-Européen, Pedro Sanchez a suivi des études en master d’économie politique à Bruxelles. Il a travaillé au Parlement européen et aux Nations unies.

Il s’est engagé à respecter les règles budgétaires de l’UE et a approuvé le projet de budget récemment présenté par le gouvernement de Mariano Rajoy.

En raison de la faiblesse des socialistes au Congrès, il est peu probable qu’il cherche à revenir sur les réformes structurelles que les conservateurs ont fait adopter ces dernières années.

Souvent sous-estimé par ses adversaires, y compris au sein de son propre parti, il a réussi au fil du temps à se forger une réputation de persévérance, voire d’obstination, notamment lors de la crise politique de 2016, quand il répétait “non, c’est non !” à propos d’un nouveau gouvernement Rajoy.

Ses partisans louent son calme, ses adversaires lui reprochent un manque de charisme et de vision politique.

Sous sa direction, le PSOE, qu’il a rejoint à l’âge de 21 ans, a connu bien des déboires électoraux. Ainsi, les socialistes ont obtenu aux élections de 2015 leur pire résultat depuis 1977, avant un nouvel échec l’année suivante.

Dans le nouveau paysage politique issu de la crise économique, avec l’émergence de partis populistes et anti-système, le PSOE s’est battu pour prouver qu’il avait toujours sa place.

Nommé secrétaire général du PSOE en 2014, Sanchez a été contraint à la démission en octobre 2016, mis en minorité par les cadres du parti. Quelques mois plus tard, il reprenait la tête du parti, s’appuyant sur le soutien de la base.

Fan de basket, Pedro Sanchez est marié et père de deux filles. (Guy Kerivel pour le service français)

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