May 30, 2018 / 5:00 AM / 5 months ago

3 QUESTIONS À Candriam - Le risque d'une crise de la dette avec l'Italie est réel

(Répétition sans changement d’une dépêche diffusée mardi soir)

PARIS, 30 mai (Reuters) - L’envolée des rendements obligataires italiens devrait se poursuivre et le risque d’une nouvelle crise de la dette dans la zone euro serait réel si un parti eurosceptique venait à l’emporter aux élections législatives qui se profilent dans la troisième économie de la zone euro, déclare Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam.

1/ Existe-t-il un risque de contagion aux autres obligations périphériques de la zone euro ?

Nicolas Forest - “L’Espagne, le Portugal ou la France sont dans des situations bien meilleures et ont fait de très belles évolutions économiques et fiscales. Il n’y a pas de raison qu’il y ait une contagion, si ce n’est juste le risque italien.

“La question qu’il faut d’abord se poser est : est-ce que cela va continuer en Italie ? Si les taux italiens continuent à monter, par sympathie, les autres taux périphériques progresseraient aussi.

“Le risque est important. Il est difficile de voir ce qui pourrait calmer la progression de la hausse des taux. Ce qui a changé aujourd’hui, ce n’est pas la tenue de nouvelles élections, c’est surtout le fait que la dynamique politique de la Ligue devient jusqu’au-boutiste. Les sondages le montrent. Le fait de refuser un personnage plus modéré au ministère des Finances est à l’origine de la non-formation du gouvernement. La Ligue se sent plus puissante et rien n’indique que son discours sera moins populiste dans les prochains jours.

“La Banque centrale européenne, elle, ne peut pas faire plus que ce qu’elle fait aujourd’hui. Il est peu probable que la BCE fasse de grandes annonces avant les élections. Donc il n’y a pas vraiment de filet de sécurité et il nous apparaît logique que les marchés restent très volatils jusqu’aux prochaines élections.

“La BCE est dans une certaine difficulté parce que cela fait des mois qu’elle aurait dû resserrer sa politique et elle ne l’a pas fait. Je pense qu’elle aura de réelles difficultés à réduire le risque d’achats, donc elle est bloquée.”

2/ Existe-t-il un risque d’éclatement de la zone euro ?

Nicolas Forest - “Ce n’est pas mon scénario parce que je pense que les Italiens ne veulent pas quitter la zone euro. On a vu dans l’histoire récente de l’Europe du Sud, notamment avec la Grèce, qu’il y avait peu d’opportunités pour des solutions aventureuses. Si vous dites aux Italiens qu’ils risquent de perdre leur épargne dans leur banque, je ne suis pas sûr qu’ils resteront eurosceptiques. Plus de flexibilité budgétaire, de la turbulence, oui, mais je ne crois pas à l’éclatement de la zone euro, d’autant moins que les institutions italiennes sont solides et ne le permettraient pas. Est-ce que cela va continuer sur l’Italie ? Je crois malheureusement que oui. Mais à la fin de l’histoire, l’Europe du Sud montrera que, malgré tout, il n’existe pas de solution alternative.”

3/ S’oriente-t-on vers une nouvelle crise de la dette ?

Nicolas Forest - “Il y a un risque de contagion à d’autres classes d’actifs. Si l’on reste à ces niveaux-là, cela peut se calmer. Mais aujourd’hui, vous avez le risque que la troisième économie de la zone euro, fondatrice de l’Union européenne, vote pour un parti eurosceptique, ce qui n’est jamais arrivé.

“Une nouvelle crise de la dette est un risque. Cela dépendra des élections. Si vous avez vraiment un gouvernement populiste, le risque est très clair.”

Propos recueillis par Patrick Vignal, édité par Blandine Hénault

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