May 24, 2018 / 10:58 AM / in 6 months

AVANT-PAPIER-Les syndicats de la SNCF de retour vendredi à Matignon

(Actualisé avec Jean-Baptiste Djebbari et précisions, §§ 3-4, 9-10, 18)

* Les syndicats reçus à tour de rôle par Edouard Philippe

* Des annonces attendues, notamment sur la dette

* L’exécutif pourrait s’engager sur 35 milliards d’euros

* “On espère bien que quelque chose sortira du chapeau”

PARIS, 24 mai (Reuters) - Edouard Philippe promet de faire de nouvelles annonces vendredi sur la réforme de la SNCF, en premier lieu sur la dette de la compagnie, lors de rencontres potentiellement décisives avec les syndicats après bientôt deux mois de grève en pointillé.

“Un rendez-vous important”, à en croire le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

L’exécutif pourrait s’engager par la voix du Premier ministre à soulager la SNCF Réseau d’environ 30 à 35 milliards d’euros de dette, sur un total de 47 milliards, selon le rapporteur du texte à l’Assemblée, Jean-Baptiste Djebbari.

L’opération, loin d’être anodine puisqu’elle représenterait près d’1,5 point de PIB, pourrait se faire en deux temps - 2020 et 2022, croient savoir Les Echos.

La CGT, l’Unsa, Sud et la CFDT attendent depuis longtemps des engagements chiffrés sur la question financière, devenue l’un des points majeurs de la réforme du système ferroviaire.

La transformation de la compagnie en société anonyme, inscrite dans le projet de loi, rend en effet inévitable l’intervention de l’Etat, la future SNCF ne pouvant être viable avec plusieurs dizaines de milliards d’euros sur les épaules et 1,5 milliard d’euros d’intérêts chaque année.

Mais une reprise seulement partielle ne saurait suffire, selon la CGT.

“Cette dette publique devrait être intégralement reprise”, a déclaré mercredi le secrétaire général du premier syndicat de la SNCF, Laurent Brun, lors d’une conférence de presse.

Selon Maxime Djebbari, qui s’exprimait jeudi sur LCP, ces annonces s’accompagneront de la promesse de “plus d’investissements sur l’infrastructure, notamment sur le fret ferroviaire, sur le réseau, sur les voies, sur les aiguillages, la signalisation”.

“Je pense que ces mesures-là seront de nature à apaiser, à rassurer les cheminots sur leur avenir”, a-t-il ajouté.

Au-delà, les syndicats représentatifs demandent à être rassurés après les camouflets ressentis depuis le début du processus et après un premier rendez-vous à Matignon, le 7 mai, qui n’a débouché sur aucun engagement tangible.

“DES ÉLÉMENTS CONCRETS”

Depuis lors, la CFDT et l’Unsa ont renoué le dialogue avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne, dans l’espoir d’obtenir des concessions, principalement sur le sort des cheminots une fois le marché ouvert à la concurrence et le statut des cheminots enterré pour les nouvelles recrues.

Les deux syndicats réformistes ont eu gain de cause sur certains volets, notamment sur l’unité sociale de la SNCF, qui se traduisent par des amendements adoptés au Sénat. Mais ils jugent les avancées du gouvernements encore insuffisantes.

“On espère bien que, le 25, quelque chose sortira du chapeau”, a déclaré mercredi Roger Dillenseger, de l’Unsa ferroviaire. “Parce que, s’il nous reçoit encore une fois pour nous dire qu’on va réfléchir dans trois semaines, la preuve de la non-responsabilité de certains sera établie.”

“Les cheminots n’arrêteront pas la grève tant qu’ils n’auront pas des éléments concrets”, a prévenu Laurent Brun.

Les leaders syndicaux, qui seront accompagnés du numéro un de leurs confédérations respectives, pourront cette fois brandir les 94,97% de “non” à la réforme enregistrés lors de leur consultation auprès des cheminots (sur 91.068 participants).

Comme le 7 mai, les délégations seront reçues à tour de rôle dans la matinée par Edouard Philippe, en présence d’Elisabeth Borne. Le président de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), Thierry Mallet, et la haute hiérarchie de la SNCF, dont Guillaume Pepy, sont conviés dans l’après-midi.

Les rencontres de vendredi auront lieu au lendemain du onzième épisode de grève, marqué par de nouvelles perturbations sur le réseau ferroviaire et un taux de grévistes sous les 15% - 14,22% mercredi et 14,97% jeudi. (Simon Carraud avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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