May 21, 2018 / 4:57 PM / 2 months ago

LEAD 2-Italie-Conte proposé à la présidence du Conseil, Mattarella temporise

(Actualisé avec décision du président)

par Massimiliano Di Giorgio et Steve Scherer

ROME, 21 mai (Reuters) - Le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue ont proposé lundi au président italien Sergio Mattarella de nommer Giuseppe Conte, un professeur de droit de 54 ans peu connu du grand public, à la tête du gouvernement de coalition qu’ils ont convenu de former.

Plutôt que de valider immédiatement leur choix, le chef de l’Etat a souhaité consulter au préalable les présidents des deux chambres du Parlement.

Les contestataires du M5S et la Ligue, formation d’extrême droite, ont fait valider ce week-end à leurs adhérents leur “contrat” de gouvernement, qui prévoit entre autres des allégements fiscaux de plusieurs milliards d’euros, une augmentation des dépenses publiques en faveur des plus défavorisés et l’abandon d’une réforme des retraites impopulaire, autant de mesures qui inquiètent les marchés.

“Je suis très content et très fier. Giuseppe Conte sera à la tête d’un gouvernement politique constitué par deux forces politiques”, s’est félicité Luigi Di Maio, chef de file du M5S, après avoir été reçu par le président Mattarella.

“Laissez-nous nous mettre au travail avant de nous critiquer. Vous êtes tout à fait en droit de leur faire, mais laissez-nous commencer à travailler”, a-t-il insisté, s’adressant à la presse.

Le président, qui s’est ensuite entretenu avec Matteo Salvini, secrétaire fédéral de la Ligue, aurait pu mettre fin immédiatement à la crise provoquée par les élections du 4 mars, qui n’ont donné aucune majorité parlementaire, mais a donc préféré temporiser.

Selon une source proche de ses services, Sergio Mattarella a besoin d’un délai de réflexion. Il a insisté auprès de ses interlocuteurs du jour sur l’importance de la fonction de président du Conseil, a-t-on ajouté.

Giuseppe Conte, qui enseigne à l’université de Florence, n’a aucune expérience politique. Le M5S l’avait déjà présenté comme l’une des personnalités “ministrables” et lui-même s’est alors dit prêt à simplifier le “labyrinthe” burocratique italien. Il s’agissait de sa première apparition publique.

OBJECTIF: RÉDUIRE LA DETTE

L’universitaire n’a apparemment pas pris part à l’élaboration du contrat de gouvernement signé par le M5S et la Ligue. Matteo Salvini et Luigi Di Maio ont renoncé d’un commun accord a briguer eux-mêmes la présidence du Conseil pour éviter que l’une des deux formations ne considérée comme l’élément dominant de la coalition.

Si Sergio Mattarella valide leur choix à temps, le gouvernement pourrait être formé dans la semaine et son chef pourrait solliciter aussitôt la confiance du Parlement.

Paulo Gentiloni, président du Conseil sortant, expédie les affaires courantes depuis les législatives, qui ont fait du M5S la première force parlementaire avec 32% des voix. La coalition de droite formée par la Ligue, Forza Italia et Frères d’Italie a quant à elle obtenu 37% et c’est le mouvement de Matteo Salvini qui s’en est le mieux tiré des trois avec 17%.

En sortant du Quirinal, le chef de file de la Ligue a assuré que le prochain gouvernement comptait bien réduire la dette publique en stimulant la croissance.

“Notre politique économique sera très différente de celles du passé qui ont creusé la dette de 300 milliards d’euros. Notre objectif sera donc de faire croître l’économie dans le but de réduire la dette”, a-t-il dit en ciblant les politiques passées d’austérité.

Le rendement des emprunts d’Etat italiens à dix ans a franchi lundi 2,35%, au plus haut depuis plus d’un an, et celui des titres à deux ans, à 0,277% en fin de séance, est au plus haut depuis novembre 2016. Il était encore négatif en début de semaine dernière.

L’écart de rendement (“spread”) entre les titres à dix ans italien et allemand a parallèlement dépassé 180 points de base, retrouvant ses niveaux d’octobre dernier.

La Bourse de Milan, elle, a cédé 1,52%, de nouveau plombée par le secteur bancaire (-3,14%). Elle a chuté de 10,47% sur les dix dernières séances.

Bureau de Rome; Guy Kerivel, Marc Angrand et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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