May 18, 2018 / 10:44 AM / 4 months ago

BOURSE-Telecom Italia dégradé, Berenberg redoute un "cocktail toxique"

MILAN, 18 mai (Reuters) - L’action Telecom Italia recule vendredi à la Bourse de Milan après l’abaissement par Berenberg de sa recommandation sur le premier opérateur télécoms italien, craignant la conjugaison de l’impact de l’arrivée d’Iliad, d’interférences politiques et de conflits de gouvernance.

Berenberg a changé sa recommandation sur la valeur de “conserver” à “vendre” et abaissé son objectif de cours de 7% à 0,66 euro.

En milieu de journée, l’action de Telecom Italia cède 1,77% à 0,7544 euro, après avoir déjà concédé plus de 2% la veille.

Le fonds activiste Elliott a remporté début mai la bataille pour le contrôle du conseil après deux mois d’affrontements avec le premier actionnaire Vivendi mais les défis s’accumulent pour l’ancien monopole.

“Mélangez une guerre de prix qui menace, des interférences politiques, des conflits de gouvernance et un impact des devises et vous obtenez un cocktail toxique. C’est ce qui s’annonce pour Telecom Italia”, s’alarme Berenberg dans une note.

Le vote de l’assemblée générale de TIM début mai, qui a permis à Elliott d’obtenir les deux-tiers des sièges au conseil, était censé donner une part prépondérante aux administrateurs indépendants et desserrer l’emprise du groupe de médias.

Mais le français, qui a pour premier actionnaire Vincent Bolloré, a prévenu jeudi soir qu’il pourrait convoquer une nouvelle assemblée générale en vue de remanier le conseil, évoquant un risque de démantèlement.

Au-delà d’un changement de gouvernance, Elliott a également proposé pendant sa campagne une scission du réseau, une conversion des actions d’épargne en actions ordinaires, un retour au dividende et des cessions d’actifs.

Souhaitant conserver l’administrateur délégué de TIM Amos Genish, proche de Vincent Bolloré et apprécié des investisseurs, le fonds a toutefois amendé sa position, en laissant à la décision du nouveau conseil et de la direction d’adopter ou non ces propositions.

“Les investisseurs devraient prendre la menace au sérieux car elle témoigne de la résistance de Vivendi à la perspective d’une conversion attendue de longue date des actions d’épargne et pourrait provoquer une instabilité managériale chez TIM”, souligne Berenberg.

L’attitude de Vivendi contraste avec les propos tenus dans la même journée par Amos Genish, qui avait estimé avoir le soutien total de son conseil pour mener à bien son plan stratégique présenté en mars.

Lors d’une conférence avec des analystes, le dirigeant a indiqué qu’aucune des propositions d’Elliott n’avait été discutée, soulignant que la filiale Inwit et les activités au Brésil étaient considérées comme stratégiques et donc pas à vendre.

Le dirigeant israélien a conditionné son maintien à la tête de l’opérateur à la possibilité d’appliquer son plan à trois ans qui prévoit une transition vers le numérique, un assainissement des finances et le retour à une note de crédit “investment grade”.

Après le vote de l’assemblée générale, les investisseurs se sont de nouveau concentrés sur les défis opérationnels de l’opérateur italien, dont sa lourde dette de 25,5 milliards d’euros et l’arrivée d’ici fin juin du nouveau concurrent Iliad.

Agnieszka Flak, Gwénaëlle Barzic pour le service français, édité par Blandine Hénault

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below