May 16, 2018 / 8:05 AM / 6 months ago

Le M5S et la Ligue veulent un geste de la BCE sur la dette

par Gavin Jones

ROME, 16 mai (Reuters) - Le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et la Ligue, les deux partis actuellement en négociation pour former un gouvernement en Italie, comptent demander à la Banque centrale européenne (BCE) d’effacer 250 milliards d’euros de dette publique italienne, à en croire un projet de contrat de coalition ayant fuité mercredi.

L’information a été démentie par un porte-parole de la Ligue.

Dans ce document de 39 pages, obtenu par le Huffington Post Italia, les deux formations réclament également une renégociation des contributions de l’Italie au budget de l’Union européenne, la fin des sanctions européennes contre la Russie et le démantèlement d’une réforme des retraites adoptée en 2011.

Ces propositions ont fait baisser la Bourse de Milan à l’ouverture et monter le rendement de l’obligation souveraine italienne à 10 ans, qui a atteint un pic de deux mois à plus de 2% en réaction à cette annonce.

Le M5S et la Ligue ont déclaré dans un communiqué que ce projet, daté du 14 mai, était “une ancienne version qui a été considérablement modifiée”. En particulier, il a été décidé de “ne pas remettre en question la monnaie unique”, ont-ils dit, sans faire allusion à la dette.

Le porte-parole de la Ligue chargé des questions économiques est par la suite intervenu pour dire que l’idée n’était pas de demander à la BCE d’effacer 250 milliards d’euros de dette italienne mais d’obtenir de l’institution qu’elle ne prenne plus en compte la dette qu’elle achète aux Etats dans son calcul du respect des règles du Pacte de stabilité.

“L’annulation de la dette n’a jamais figuré dans un quelconque projet officiel”, a déclaré Claudio Borghi dans un communiqué. “Ce que nous proposons, c’est que pour les besoins du Pacte de stabilité, la dette rachetée dans le cadre du QE (assouplissement quantitatif) de la BCE ne soit pas prise en compte dans le ratio dette/PIB.”

Luigi di Maio, chef de file du M5S, a déclaré mardi que les deux partis avaient pratiquement achevé leur programme commun et dit espérer pouvoir soumettre dès ce mercredi un accord aux partisans des deux formations.

REVENIR À L’AVANT MAASTRICHT

Le projet tel que rédigé dans le document du Huffington Post risque fort d’inquiéter Bruxelles et Francfort, où se trouve le siège la BCE. Le président italien, Sergio Mattarella, a lui-même souligné à plusieurs reprises son attachement à une ligne pro-européenne.

Pour contribuer à la réduction de la dette publique italienne, qui dépasse 130% du produit intérieur brut et représente la deuxième dette la plus lourde de la zone euro rapportée au PIB après celle de la Grèce, les deux partis demandent, selon le document publié par le Huffington Post, que la BCE efface 250 milliards d’euros d’obligations souveraines italiennes achetées par la banque centrale dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif.

Une telle mesure réduirait de dix points de pourcentage le radio dette/PIB de l’Italie.

Le Mouvement 5 Etoiles, antisystème, et la Ligue, d’extrême droite, sont connus pour leur hostilité à l’UE. Le M5S a cependant fortement tempéré sa position ces derniers mois, renonçant entre autres à l’idée d’un référendum sur l’appartenance de l’Italie à la zone euro. La Ligue réclame toujours de quitter la zone euro une fois les conditions politiques réunies.

Quelques heures après la fuite du Huffington Post, le M5S et la Ligue ont diffusé un communiqué commun déclarant qu’ils souhaitaient “réexaminer” les règles budgétaires de la zone euro avec leurs partenaires européens “avec l’ambition de revenir aux préparatifs d’avant-Maastricht” - référence au traité européen de 1992.

Dans le document du Huffington Post, les deux partis réclament également que les demandeurs d’asile arrivant en Italie soient automatiquement relocalisés dans d’autres pays de l’UE. Ils demandent la fin des sanctions européennes contre la Russie afin que Moscou devienne un “partenaire stratégique” pour résoudre des crises comme les conflits syrien et libyen.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Marc Angrand

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below