May 15, 2018 / 1:58 PM / 6 months ago

Italie-M5S et Ligue poursuivent leurs négociations sur un gouvernement

* Encore des divergences entre les deux partis

* Toujours pas d’accord sur le futur chef du gouvernement

* Mattarella attend une réponse en début de semaine prochaine

par Massimiliano Di Giorgio et Crispian Balmer

ROME, 15 mai (Reuters) - Le Mouvement 5 Etoiles (M5S) anti-système et la Ligue d’extrême droite tentaient toujours mardi, pour la sixième journée consécutive, de s’entendre sur un gouvernement de coalition, plus de dix semaines après les élections législatives italiennes qui n’ont dégagé aucune majorité au Parlement.

Des divergences subsistent toujours entre les deux partis, tant sur le programme politique que sur les personnalités susceptibles de faire partie du prochain gouvernement.

Luigi Di Maio, chef de file du M5S, et Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue, étaient censés présenter lundi au président de la République, Sergio Mattarella, leur “contrat de gouvernement” et divulguer leur choix pour le poste de président du Conseil.

Ils ont obtenu du chef de l’Etat un délai supplémentaire, sans qu’aucune date précise ne leur soit officiellement fixée pour rendre leur copie.

Sergio Mattarella aurait toutefois donné aux deux partis jusqu’à la semaine prochaine pour conclure leurs négociations, selon une source à la présidence.

En cas d’accord cette semaine, la Ligue prévoit de soumettre cet accord à un référendum informel le week-end prochain à travers le pays tandis que le M5S envisage de consulter ses membres par internet.

RÈGLES BUDGÉTAIRES “ABSURDES” DE L’UE

Depuis jeudi dernier, les négociations entre Salvini et Di Maio ont progressé, notamment sur les questions de la baisse des impôts, de la hausse de la protection sociale et de la lutte contre l’immigration clandestine, mais rien n’a filtré en ce qui concerne le nom du futur chef du gouvernement.

Les promesses électorales des deux partis, si elles sont tenues, coûteront des milliards d’euros à l’Etat, ce qui inquiète Bruxelles.

La Ligue a réaffirmé mardi avec force son opposition aux règles budgétaires, “absurdes” selon elle, fixées par l’Union européenne. Le M5S semble avoir adopté sur ce dossier une approche plus prudente.

Ces “règles absurdes ont été écrites il y a de nombreuses années, alors que le monde était totalement différent”, a déclaré le porte-parole de la Ligue pour les questions économiques, Claudio Borghi.

“Il faut que nous soyons capables de parler d’une seule voix, de dire à l’UE, à laquelle nous versons des milliards d’euros chaque année, que pour nous les Italiens passent en premier”, a-t-il ajouté.

“Là où il y a des désaccords (entre Ligue et M5S), c’est sur la question de savoir si nous devons être plus agressifs à propos des chiffres budgétaires et de nos propres ambitions.”

Pour Gian Marco Centinaio, l’un des plus proches conseillers de Salvini, “il n’est pas question d’appartenir à un gouvernement qui reçoit ses ordres de l’Europe (...) comme cela s’est passé ces cinq dernières années”.

FORTE HAUSSE DE LA LIGUE DANS LES SONDAGES

Selon plusieurs sources, la principale pierre d’achoppement est toutefois le choix du futur chef de gouvernement.

Salvini et Di Maio ont finalement accepté tous deux de ne pas briguer ce poste et cherchent un candidat indépendant qui accepterait de mettre en oeuvre leur programme.

Lors d’une rencontre lundi avec Mattarella, le M5S a proposé que Giuseppe Conte, un professeur de droit de 41 ans peu connu du grand public, devienne président du Conseil. La Ligue n’a pour l’instant pas donné son feu vert à cette candidature.

D’après une source au sein du M5S, Luigi Di Maio n’aurait pas définitivement abandonné l’espoir de prendre la tête du gouvernement, en tant que chef du premier parti politique du pays.

Lors des élections du 4 mars, le M5S a obtenu 32,6% des voix et la Ligue, qui se présentait au sein d’une coalition de droite avec Forza Italia et Frères d’Italie, a recueilli 17,3% des suffrages.

Depuis, les sondages révèlent que le M5S reste stable alors que la Ligue enregistre une forte hausse dans les intentions de vote, à environ 25%.

En cas d’échec de la tentative actuelle de former un gouvernement, de nouvelles élections semblent inévitables à l’automne. (Avec Gavin Jones, Giuseppe Fonte et Steve Scherer; Guy Kerivel pour le service français)

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