May 16, 2018 / 2:46 PM / 5 months ago

RPT-BOURSE-Engie-Le marché espère un nouvel élan avec l'arrivée de Clamadieu

(Répétition, coquille §7)

* Clamadieu sera nommé vendredi à la présidence du conseil

* L’Etat veut mieux valoriser ses 24,1% au capital

* Engie doit encore expliquer ses “solutions clients”

* Le groupe est aussi attendu sur sa politique d’acquisitions

* Revalorisation envisageable au S2 avec un Investor day

par Benjamin Mallet

PARIS, 16 mai (Reuters) - L’arrivée de Jean-Pierre Clamadieu à la présidence d’Engie devrait s’accompagner d’une clarification des perspectives du groupe et de sa stratégie de croissance dans les services et en matière d’acquisitions, selon des observateurs et des analystes interrogés par Reuters.

L’actuel patron du chimiste belge Solvay a été choisi en février pour succéder à Gérard Mestrallet à la présidence non-exécutive du groupe énergétique français, en pleine mutation, et former ainsi un nouveau tandem avec la directrice générale Isabelle Kocher.

Selon une source bancaire, la nomination de Jean-Pierre Clamadieu, effective vendredi à l’issue de l’assemblée générale des actionnaires, traduit d’abord la volonté de l’Etat de mieux valoriser sa participation résiduelle de 24,1% au capital d’Engie - qui aura cédé pour près de 15 milliards d’euros d’actifs en trois ans - avant un probable désengagement.

“L’Etat ne va pas vouloir vendre au plus bas, les gens qui sont au pouvoir vont chercher à cristalliser la valeur avant de sortir - à un horizon de 12 à 18 mois - et c’est là que Clamadieu sera déterminant”, estime cette source.

“A un moment ou un autre, ils vont se dire qu’il faut faire quelque chose pour valoriser les différents morceaux d’Engie.”

L’action de l’énergéticien, qui n’affiche qu’une faible progression depuis l’accession d’Isabelle Kocher à la direction générale et l’annonce de l’actuel plan stratégique, début 2016, a tout juste commencé à rebondir après la publication des résultats 2017 et le relèvement du dividende.

“On est un peu dans une phase d’entre-deux qui explique que la revalorisation du titre n’a pas été encore plus conséquente ces derniers temps. Le plan de transformation sur 2016-2018 étant déjà quasiment achevé, cette phase-là est d’une certaine manière derrière nous”, souligne Pierre Antoine Chazal, analyste chez Bryan Garnier, à l’achat sur Engie avec un objectif de cours de 16,00 euros.

“Si ‘re-rating’ il y a, il aura plutôt lieu au second semestre”, ajoute-t-il. “Il y a encore beaucoup de petites poches de valeur qui ne sont pas encore pleinement exploitées.”

Parmi les trois grandes catégories de métiers privilégiés par Engie depuis 2016, à savoir la production d’électricité à partir de gaz et de renouvelables, les infrastructures énergétiques et les “solutions clients”, cette dernière est celle qui suscite le plus d’interrogations mais aussi le plus d’attentes.

“Si on gratte un peu la surface, cette partie est très disparate, or c’est la seule que Kocher peut faire croître et pour laquelle le groupe peut maîtriser son destin en bougeant de façon volontariste”, selon la source bancaire interrogée par Reuters.

Dans le cadre de son plan stratégique, Engie veut faire croître l’Ebitda de ses “solutions intégrées” - constituées majoritairement de services et qui représentent aujourd’hui un quart de son Ebitda - de 50% sur la période 2016-2018, grâce notamment à une cinquantaine d’acquisitions de taille modeste réalisées depuis début 2016.

Mais toute la difficulté pour les investisseurs consiste à appréhender des métiers aussi variés et aux dynamiques aussi diverses que la vente de gaz et d’électricité aux particuliers, l’efficacité énergétique, le “facility management”, la mobilité électrique, les réseaux de chaleur ou encore l’éclairage public.

Pour Morgan Stanley, ces activités sont “les moins bien comprises” d’Engie, notamment parce qu’elles n’ont pas vraiment d’équivalent chez ses rivaux et qu’il faut donc les comparer à celles Vinci ou de Spie.

L’intermédiaire a cependant relevé début mai sa recommandation sur Engie, à “surpondérer” avec un objectif de cours de 17 euros, en expliquant que ces “solutions clients” constituent les métiers les plus prometteurs du groupe et que celui-ci pourrait encore accélérer leur développement avec des acquisitions.

Jean-Pierre Clamadieu, dans ses premières déclarations publiques en tant que futur président non-exécutif d’Engie, a estimé que le groupe devait mieux identifier ses moteurs de croissance et s’interroger sur sa politique de croissance externe.

Per Lekander, gérant de fonds chez Lansdowne Partners, juge pour sa part que si l’ensemble des grandes “utilities” européennes souffrent de décotes de conglomérats, Engie est probablement encore celle qui en subit le plus les effets car “personne ne sait ce qu’il y a dans la boîte”.

Engie compte répondre aux questions encore suscitées par sa transformation en précisant ses perspectives à moyen-terme à l’occasion d’une journée investisseurs, programmée au quatrième trimestre, qui nourrit déjà des espoirs de rebond boursier.

Pour l’heure, son titre se négocie à un niveau en ligne avec celui de ses principaux concurrents et légèrement supérieur à sa moyenne historique par rapport au secteur mais qui, selon les analystes de Morgan Stanley, ne reflète pas encore “le succès (du groupe) en matière d’amélioration de son mix d’activités et de capacité de croissance”.

Engie va également devoir clarifier dans les mois qui viennent ses perspectives dans le nucléaire en Belgique et sa position sur Suez, deux dossiers dont le dénouement influeront sur sa valorisation.

En Belgique, tout l’enjeu pour le groupe sera d’obtenir la prolongation d’une partie au moins des sept réacteurs exploités par sa filiale Electrabel - ou leur remplacement par d’autres moyens de production - alors que le gouvernement envisage pour le moment de sortir du nucléaire d’ici à 2025.

Quant à Suez, Engie devra dans un premier temps s’assurer que l’horizon du n°2 mondial de la gestion de l’eau et des déchets se dégage, avant deux issues possibles : une reprise de contrôle du groupe ou, à l’inverse, la vente de sa participation de 32% au capital.

Avec Geert De Clercq, édité par Jean-Michel Bélot

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