May 15, 2018 / 9:03 AM / 3 months ago

France-Deux ONG demandent la mise en examen de Lafarge

PARIS, 15 mai (Reuters) - Deux organisations non gouvernementales ont annoncé mardi qu’elles avaient demandé la mise en examen du cimentier Lafarge en tant que personne morale pour complicité de crimes contre l’humanité en Syrie.

Sherpa et le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR) sont déjà à l’origine de l’ouverture à Paris d’une information judiciaire qui s’est traduite par la mise en examen de huit anciens dirigeants et cadres de Lafarge, dont son ex-PDG Bruno Lafont.

La justice enquête sur les conditions dans lesquelles le cimentier français, absorbé en 2015 par le suisse Holcim pour former le géant LafargeHolcim, a maintenu en activité son usine de Jalabiya en 2013-2014 dans une région du nord de la Syrie sous contrôle du groupe Etat islamique (EI).

Elle s’intéresse notamment aux versements effectués par Lafarge, par le biais d’intermédiaires, à des organisations armées, notamment à l’EI, pour permettre le fonctionnement de l’usine, la circulation des salariés et des marchandises.

Elle s’intéresse également à l’achat éventuel de matières premières à des intermédiaires proches de ces groupes.

Dans un communiqué, les deux ONG jugent pour leur part “inéluctable” la mise en examen de Lafarge, qu’elles demandent dans une note juridique adressée le 9 mai dernier aux juges d’instruction chargés de ce dossier.

Pour elles, le cimentier s’est rendu coupable de complicité de crimes contre l’humanité en maintenant sur place son activité au détriment de la sécurité de ses salariés et “en finançant l’EI à hauteur de plusieurs millions d’euros”.

Les deux ONG évoquent aussi dans leur note la possible fourniture ou la vente de ciment à l’EI, soit pour son propre usage, soit comme source de revenus.

Si l’enquête le vérifiait, cela constituerait aussi un acte de complicité de crimes contre l’humanité, estiment-elles.

“La société Lafarge et ses dirigeants ne pouvaient ignorer qu’ils contribuaient ainsi aux crimes contre l’humanité commis par l’EI en Syrie (...) mais aussi dans le reste du monde”, ajoutent Sherpa et l’ECCHR.

Pour ces deux ONG, l’hypothèse que ces fonds aient pu également servir à financer des attentats en Europe, dont ceux du 13 novembre 2015 à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles, ne peut notamment pas être écartée. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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