April 6, 2018 / 12:39 PM / 3 months ago

CHRONOLOGIE du conflit à la SNCF

PARIS, 6 avril (Reuters) - La grève intermittente à la SNCF doit reprendre dimanche et lundi après un répit relatif de trois jours et de nouvelles concertations, organisées par le gouvernement, qui n’ont débouché sur rien selon les syndicats.

Voici les principales étapes du projet de réforme au coeur du conflit :

EN JUILLET 2017, Emmanuel Macron dessine pour la première fois des pistes de réforme lors d’un entretien avec des cheminots publié par le magazine interne de la SNCF. Il appelle alors la compagnie ferroviaire à se “réinventer”.

Le président nouvellement élu laisse par ailleurs entendre que l’Etat pourrait reprendre la dette colossale du groupe en contrepartie de sa “modernisation”.

LE 19 SEPTEMBRE 2017, le gouvernement confie à l’ancien PDG d’Air France-KLM Jean-Cyril Spinetta une mission chargée de faire des propositions permettant d’assurer l’avenir de la SNCF, l’économie du ferroviaire n’étant “pas un système durable”, selon le Premier ministre, Edouard Philippe.

LE 15 FÉVRIER, dans son rapport, Jean-Cyril Spinetta propose, parmi 43 recommandations, d’examiner la pertinence de milliers de kilomètres de petites lignes, de supprimer le statut de cheminot pour les futures recrues et de recourir à des plans de départs volontaires.

Les syndicats CGT et Sud promettent de tout faire pour empêcher la mise en oeuvre de ces préconisations.

LE 23 FÉVRIER, les quatre syndicats représentatifs (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et CFDT-Cheminots), échaudés par le rapport Spinetta, menacent l’exécutif d’engager un “conflit majeur” en cas de passage en force, autrement dit de recours à la procédure des ordonnances.

LE 24 FÉVRIER lors d’une visite au Salon de l’agriculture, Emmanuel Macron défend le principe d’une réforme du statut en dressant le parallèle avec les paysans “qui n’ont pas de jours fériés, etc., qui n’auront parfois pas de retraite”.

LE 26 FÉVRIER, Edouard Philippe dévoile les grandes lignes de son projet : le gouvernement reprend à son compte la suppression du statut pour les nouveaux entrants et projette de transformer la SNCF en société nationale à capitaux publics, le tout en passant partiellement par les ordonnances.

En revanche, il n’est pas question de toucher aux petites lignes, précise le premier ministre.

La CGT, premier syndicat chez les cheminots, estime qu’il faudra sans doute un mois de grève pour faire échouer la réforme.

Le projet de loi d’habilitation à légiférer par ordonnances est présenté au conseil des ministres du 14 MARS.

LE 15 MARS, les syndicats appellent à une grève d’un nouveau genre, avec un calendrier de deux jours d’arrêt de travail par tranche de cinq à partir du 3 avril, conçue pour permettre aux cheminots de tenir le plus longtemps possible.

Premier coup de semonce LE 22 MARS : lors d’une journée dans la fonction publique et à la SNCF, le cortège des cheminots réunit de 16.500 à 25.000 personnes à Paris, parallèlement à une première journée de grève.

Après un mois de concertation, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, présente LE 30 MARS les modalités de l’ouverture à la concurrence, qui doit s’étaler sur vingt ans au total, à partir de 2019.

Elisabeth Borne précise que les salariés sous statut transférés de la SNCF à un nouvel opérateur conserveront leur niveau de rémunération, le bénéfice du régime spécial de retraite et la garantie de l’emploi.

Ces mesures, ajoute-t-elle, ne feront pas l’objet d’ordonnances mais d’amendements adoptés la semaine suivante par les députés en commission.

La première journée de conflit, LE 3 AVRIL, entraîne de fortes perturbations pour les usagers, avec environ un train sur huit sur les liaisons TGV.

Le taux de grévistes s’élève à 33,9% tous métiers confondus et grimpe à 69% parmi les contrôleurs et à 77% parmi les conducteurs.

LE 5 AVRIL, les syndicats se disent exaspérés à la sortie d’une nouvelle réunion organisée au ministère des Transports dans le cadre de la concertation toujours en cours. La CGT parle de “mascarade” et l’UNSA prédit un durcissement du conflit. (Simon Carraud, édité par Sophie Louet)

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