April 6, 2018 / 7:19 AM / in 7 months

LEAD 4-AfSud-Le procès de Zuma repoussé au 8 juin

(Actualisé avec les déclarations de Zuma, manifestation)

par Nqobile Dludla

DURBAN, Afrique du Sud, 6 avril (Reuters) - L’ancien président sud-africain Jacob Zuma répondra le 8 juin d’accusations de corruption lors de la signature d’un contrat de vente d’armes d’un montant de 2,5 milliards de dollars (2 milliards d’euros) à la fin des années 1990, a décidé vendredi un tribunal de Durban. L’ancien chef d’Etat a comparu ce vendredi devant le tribunal de Durban mais ses avocats tout comme le ministère public ont demandé un report de l’audience afin de mieux la préparer. Escorté par des gardes du corps, Jacob Zuma est apparu souriant et a salué une foule de partisans venus le soutenir.

L’audience a duré moins d’un quart d’heure et le juge Themba Sishi a approuvé le renvoi au 8 juin.

Jacob Zuma s’est ensuite adressé à des milliers de ses partisans rassemblés devant le tribunal, clamant une fois de plus son innocence.

“La vérité éclatera. Qu’ai-je fait ?”, a-t-il demandé. “Je ne peux croire qu’on déverse tant de mensonges sur moi. Je suis innocent tant que ma culpabilité n’aura pas été prouvée.”

Flanqué de membres de sa famille et de dirigeants religieux, il a dénoncé les “mensonges” de ses opposants et affirmé que ses droits de citoyens étaient bafoués car on voulait lui faire payer la politique qu’il a menée pendant des années en faveur de la majorité noire du pays.

“Ça me sidère de voir les gens me traiter comme si j’avais baissé les bras. Ils veulent qu’on me traite comme un prisonnier”, a-t-il lancé, sous les acclamations de la foule.

“NE TOUCHEZ PAS À ZUMA”

Devant les policiers en tenue anti-émeute, l’ancien président a ensuite entonné avec ses partisans le chant “Umshini wami” (“Apportez-moi ma mitrailleuse”), datant de la lutte armée contre l’apartheid.

Des manifestants portaient des pancartes où l’on pouvait lire “Ne touchez pas à Zuma”.

Poussé à la démission en février par le Congrès national africain (ANC), Zuma est soupçonné d’avoir touché, alors qu’il était vice-président, des pots-de-vin pour acheter de l’équipement militaire à des entreprises européennes, dont la française Thalès.

Il doit répondre de 16 chefs d’accusation dont ceux de fraude, racket, corruption et blanchiment d’argent.

L’annonce de son inculpation le mois dernier a constitué un nouveau rebondissement dans cette affaire, pour laquelle il avait déjà été poursuivi avant d’accéder à la présidence de la République en 2009.

Les charges avaient ensuite été abandonnées et Jacob Zuma a mené pendant neuf ans une bataille judiciaire pour empêcher la réouverture de l’enquête. Son conseiller financier de l’époque, Schabir Shaikh, a été condamné pour corruption dans cette affaire.

Lâché par l’ANC le mois dernier au profit de son vice-président Cyril Ramaphosa, l’ancien chef de l’Etat âgé de 75 ans conserve néanmoins des partisans qui ont appelé à une manifestation de soutien ce vendredi à Durban. (Avec Joe Brock, Alexander Winning, Ed Cropley et Vuyani Ndaba; Tangi Salaün, Nicolas Delame et Guy Kerivel pour le service français)

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