March 9, 2018 / 4:28 PM / 6 months ago

LEAD 1-France-Priorité au désendettement, pas de cagnotte, répète Le Maire

* Le Maire ferme sur la priorité au rétablissement des comptes

* Giraud propose de redistribuer une partie de la “bonne fortune”

* Multiplication des initiatives dans les rangs de LaRem (Actualisé avec proposition d’un député LaRem sur la demi-part des veuves § 14-21)

PARIS, 9 mars (Reuters) - Bruno Le Maire a réaffirmé vendredi la priorité accordée au rétablissement des comptes publics, écartant l’appel à une redistribution de “cagnotte” lancé la veille par le rapporteur du budget à l’Assemblée nationale, Joël Giraud, membre de la majorité présidentielle.

“Ne refaisons pas les erreurs du passé, où dès que les choses allaient mieux, immédiatement, on se mettait à redistribuer l’argent public, c’est-à-dire l’argent des contribuables”, a dit le ministre de l’Economie et des Finances lors d’un point de presse à Bercy.

S’il a récusé toute “obsession du chiffre”, il a réaffirmé sa volonté de tenir “le cap de la réduction des déficits et de la réduction de la dette publique”, qui commence à porter ses premiers fruits “puisque nous serons sous les 3% de déficit (public-NDLR) en 2017”.

Sans contester la nécessité de contribuer au désendettement pour “rester crédible sur la scène européenne”, Joël Giraud a proposé dans un entretien aux Echos de consacrer à des mesures d’urgence une partie de ce qu’il préfère qualifier de “bonne fortune” plutôt que de “cagnotte”.

“Disons que nous pourrions consacrer 80% au désendettement et 20% à des mesures d’urgence”, a avancé le député des Hautes-Alpes, membre du Parti radical de gauche (PRG), en évoquant par exemple les Ehpad (maisons de retraite-NDLR).

Interrogé sur cette éventualité, Bruno Le Maire a opposé une fin de non-recevoir : “La voie de la raison, c’est la réduction des déficits et la réduction de la dette.”

Le Premier ministre Edouard Philippe, Bruno Le Maire et le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin n’ont eu de cesse de démentir ces dernières semaines l’existence d’une “cagnotte”, alors qu’une activité dynamique a dopé les recettes fiscales en fin d’année et permis à l’Etat de dégager sur l’année écoulée un déficit budgétaire inférieur aux prévisions.

“JUSTICE SOCIALE”

L’aile “sociale” de La République en marche (LaRem) avait déjà soulevé cette question en début d’année, sur fond d’inquiétudes grandissantes pour le pouvoir d’achat.

L’ex-socialiste Brigitte Bourguignon, désormais membre de la majorité présidentielle, avait proposé une mise en place anticipée du rétablissement de l’exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires, prévue en 2020.

Edouard Philippe n’a pas exclu de mettre en place cette mesure plus tôt dans le quinquennat, mais il a conditionné cette éventualité à la situation des comptes publics.

Les appels à la justice sociale et fiscale n’émanent pas seulement des élus LaRem issus des rangs de la gauche.

Le député de la Vienne Sacha Houlié, co-fondateur des “Jeunes avec Macron”, plaide ainsi pour le retour de la demi-part fiscale dont bénéficiaient certaines catégories de contribuables modestes, dont les veufs et veuves.

Cette demi-part, dont la suppression avait été votée en 2008, a totalement disparu en 2013, entraînant une hausse du revenu fiscal de référence des contribuables concernés.

Le rétablissement de ce dispositif constitue “à la fois une mesure de justice fiscale et donc de justice sociale”, explique l’élu dans Les Echos.

En attendant que les effets de la suppression de la taxe d’habitation ne se fassent ressentir, à l’automne, les Français ont été confrontés à des hausses fiscales, qu’il s’agisse des prix du tabac et des carburants ou de l’augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités.

En outre, la première tranche de baisse des cotisations salariales dont ont bénéficié les salariés du privé ne semble pas avoir convaincu dans l’opinion publique, sans compter la grogne montante des fonctionnaires.

“Les Français ne croient plus aux promesses de gain de pouvoir d’achat”, observe Joël Giraud en invitant à “identifier d’éventuels angles morts pour des Français qui perdent avec nos réformes, alors que ce n’était pas prévu.” (Simon Carraud et Myriam Rivet, édité par Sophie Louet)

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