March 8, 2018 / 10:11 AM / 2 months ago

LEAD 1-La croissance japonaise au T4 révisée en forte hausse

* La hausse du PIB annualisé au T4 revue à 1,6% contre +0,5%

* Le Japon connaît sa plus longue séquence de croissance depuis 28 ans

* La BoJ devrait laisser sa politique monétaire inchangée au vu de la faiblesse persistante de l’inflation (Actualisé avec détails)

par Tetsushi Kajimoto

TOKYO, 8 mars (Reuters) - La croissance de l’économie japonaise au quatrième trimestre 2017 a été nettement plus forte qu’en première estimation, montrent les statistiques officielles publiées jeudi, qui intègrent à la fois une révision à la hausse des investissements et des stocks, confirmant que l’archipel bénéficie de sa plus longue période d’expansion depuis 28 ans.

A l’instar de ce qui est observé chez les autres grands exportateurs asiatiques, la bonne tenue de la demande mondiale pour des produits de hautes technologies à entraîné une vive hausse des investissements dans nombre de secteurs à forte valeur ajoutée comme l’automobile, les semi-conducteurs et les machines de haute précision.

Malgré la bonne santé économique du Japon - qui enregistre un huitième trimestre consécutif de croissance - les économistes estiment faible la probabilité de voir la banque centrale du pays s’engager sur la voie d’une accélération du calendrier de sortie de sa politique monétaire ultra-accommodante.

La faiblesse de la hausse des salaires a en effet empêché, à ce stade, une accélération aussi bien de la consommation des ménages que de l’inflation, qui reste, à 0,9% en janvier, très éloignée de l’objectif de 2% que s’est fixé la Banque du Japon (BoJ).

Vendredi, le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, avait évoqué pour la première fois l’éventualité d’une sortie de la politique monétaire ultra-accommodante si l’inflation atteignait l’objectif de 2% au cours de l’année fiscale se terminant le 31 mars 2020.

Mais, au vu de l’appréciation du yen et des tensions sur les rendements des obligations d’Etat japonaises provoqués par ses propos, il les a tempérés lundi, disant que toute sortie de cette politique serait très progressive pour éviter toute perturbation sur les marchés financiers.

La Banque du Japon entame ce jeudi une réunion de politique monétaire de deux jours qui devrait, selon les économistes, déboucher sur le statu quo.

“L’inflation est la clef du débat sur la sortie (de la politique monétaire ultra-accommodante) mais elle n’accélérera pas tant que les salaires et la consommation des ménages manqueront d’élan haussier, même si les dépenses d’investissement augmentent”, estime Yoshimasa Maruyama, économiste en chef chez SMBC Nikko Securities.

“De ce point de vue, l’accent sera mis sur les négociations salariales annuelles à venir plutôt que sur les indicateurs économiques.”

POSSIBLE RALENTISSEMENT AU PREMIER TRIMESTRE

Sur la période octobre-décembre, le produit intérieur brut (PIB) du Japon a augmenté de 1,6% en rythme annualisé, contre 0,5% en première estimation et alors que le consensus des estimations d’économistes recueillies par Reuters ressortait à 0,9%.

Le nouveau chiffre équivaut à une croissance de 0,4% par rapport au troisième trimestre en données réelles, ajustées de l’évolution des prix, contre 0,1% annoncé initialement et un consensus à 0,2%.

Le poste des dépenses d’investissement a augmenté de 1,0% par rapport au troisième trimestre contre une hausse de 0,7% en première estimation.

Les stocks ont contribué à hauteur de 0,1 point de pourcentage à la hausse du PIB, alors que la précédente estimation montrait une contribution négative de ce poste de 0,1 point.

La consommation des ménages, qui pèse à hauteur de 60% du PIB du pays, a augmenté de 0,5% sur la période octobre-décembre par rapport au troisième trimestre, une donnée confirmée par rapport à la première estimation.

Au vu de certaines statistiques relatives aux premiers mois de 2018, notamment la chute de 6,6% de la production industrielle en janvier, certains redoutent une décélération de la croissance au premier trimestre de cette année.

“Des données récentes peu encourageantes pour la production industrielle et les ventes au détail en janvier indiquent que la croissance du PIB pourrait ralentir au premier trimestre 2018”, note ainsi Masaki Kuwahara, économiste chez Nomura Securities.

Une enquête publié fin janvier par Reuters a montré que près des trois quarts des entreprises japonaises voient le cycle actuel de croissance de l’économie du pays se poursuivre jusqu’à au moins la fin de l’année. (Avec la contribution de Daiki Iga; Jean Terzian et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand)

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