March 7, 2018 / 8:19 AM / 6 months ago

LEAD 1-USA-Lagarde inquiète de l'impact "redoutable" de mesures sur l'acier

* Il n’y a que des perdants dans une guerre commerciale, dit-elle

* Le FMI “soucieux” que Trump ne mette pas sa menace à exécution

* Lagarde évoque un travail pas “très approfondi” à Washington

* Elle salue les réformes engagées par Macron (Actualisé avec autres déclarations de la dirigeante du FMI)

PARIS, 7 mars (Reuters) - La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) estime que la menace de Donald Trump d’imposer de fortes taxes douanières sur les importations américaines d’acier et d’aluminium aurait un impact “redoutable” sur la croissance mondiale si elle était mise à exécution.

Le président américain a annoncé la semaine dernière son intention d’imposer des droits de douane de 25% pour l’acier et de 10% pour l’aluminium sur les importations aux Etats-Unis afin de protéger l’industrie sidérurgique nationale. L’Union européenne, notamment, a précisé préparer des mesures de rétorsion.

“En toute hypothèse, l’impact macroéconomique serait sérieux non seulement si les Etats-Unis passaient à l’action mais s’il y avait des mesures de rétorsion qui étaient prises également par d’autres pays, notamment ceux qui seraient le plus affectés par ces mesures : on pense au Canada, à l’Europe et en particulier à l’Allemagne”, a commenté Christine Lagarde sur RTL, dans une interview enregistrée mardi soir et diffusée mercredi.

“Dans une guerre commerciale entre guillemets qui serait alimentée par une augmentation réciproque des tarifs douaniers, personne ne gagne, on retrouve en général des perdants des deux côtés”, a-t-elle souligné.

“Si le commerce international était remis en cause par des mesures de ce type-là, ce serait un canal de transmission d’une baisse de la croissance, d’une baisse des échanges et ça serait redoutable”, a jugé l’ancienne ministre française de l’Economie.

“Je ne suis pas intime de la Maison blanche, mais tout ce qu’on lit ici à Washington sur l’ensemble du mécanisme de la prise de décision laisse à penser qu’il n’y avait pas eu un travail très très approfondi sur les risques de rétorsion, sur l’ensemble de la procédure.”

Elle a évoqué une guerre interne entre “deux camps”. Le conseiller économique de la Maison blanche, Gary Cohn, a présenté mardi sa démission après avoir échoué à dissuader Donald Trump de revenir sur son projet.

PRUDENT SATISFECIT POUR MACRON

Le FMI, “très soucieux que ce déclenchement n’intervienne pas”, appelle à “des négociations, des concertations” entre les pays concernés, a dit Christine Lagarde.

La dirigeante du FMI considère toutefois que le président américain a “quelques bonnes raisons de protester contre la situation actuelle” où des pays “ne respectent pas forcément les accords de l’OMC”. “On pense naturellement à la Chine mais la Chine n’est pas le seul pays à avoir ce genre de pratiques.”

Christine Lagarde a par ailleurs observé que “l’aggravation d’inégalités excessives” dans le monde constituait “un frein à une croissance durable”. Elle a évoqué un “rattrapage” en améliorant notamment l’”efficacité de la dépense publique”.

Interrogée sur la vague de réformes engagée en France depuis l’élection d’Emmanuel Macron en mai 2017, elle a noté que le chef de l’Etat avait lancé des chantiers “recommandés” par le FMI sur le marché du travail, la formation et l’assurance chômage.

“Le deuxième grand volet de réformes qu’au FMI on a recommandé de longue date aussi, et auquel il semble s’attaquer, c’est la question de la dépense publique qui est très très élevée en France par rapport à l’ensemble des pays de l’UE et qui nécessite de gérer de manière efficace”, a poursuivi Christine Lagarde.

Elle a souligné à ce titre la nécessité d’ajouter à cette politique d’assainissement “un volet de réduction des effectifs de la puissance publique.”

A l’évocation du plaidoyer contesté d’Emmanuel Macron, en octobre dernier, en faveur des “premiers de cordée” de l’économie française, Christine Lagarde a mis en garde contre l’effet “simplificateur” d’une “image”.

“C’est à la fois beaucoup plus compliqué et beaucoup plus long comme effort de politique économique”, a-t-elle dit.

Lors d’une interview sur TF1, Emmanuel Macron avait affirmé que “si on commence à tirer des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui dégringole”. (Sophie Louet et Jean-Michel Bélot)

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