March 6, 2018 / 4:28 PM / 8 months ago

GRAPHES-Cinq questions pour la BCE avant la réunion de jeudi

par Dhara Ranasinghe et Ritvik Carvalho

LONDRES, 6 mars (Reuters) - A l’approche de la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) de jeudi, les interrogations des investisseurs sur le calendrier et les modalités de la sortie du programme d’assouplissement quantitatif reviennent sur le devant de la scène.

S’il est largement attendu que la BCE s’en tiendra à une orientation prudente en matière de politique monétaire, les économistes estiment en majorité que le biais en faveur d’un nouvel assouplissement monétaire en cas de besoin devient de plus en plus difficile à maintenir au vu de la robustesse de la reprise au sein de la zone euro.

Vous trouverez ci-dessous cinq graphiques qui résument les questions que se posent les investisseurs à l’approche du conseil des gouverneurs du 8 mars:

1. La BCE peut-elle abandonner son biais accommodant ?

Les responsables monétaires sont susceptibles de débattre de la question de l’abandon du biais accommodant mais une révision plus large de l’orientation de la politique monétaire ne devrait intervenir que plus tard, peut-être au cours de l’été, ont dit des sources au fait des discussions à Reuters la semaine dernière.

Si aucun changement majeur n’est attendu jeudi, près d’un tiers des 56 économistes interrogés par Reuters ont dit que la BCE pourrait renoncer à son biais accommodant. Ils ont ajouté qu’une telle éventualité pousserait l’euro et les rendements obligataires au sein de la zone euro à la hausse.

2. La BCE pourrait-elle aller jusqu’à adopter un biais restrictif ?

C’est très peu probable. La BCE sera soucieuse d’éviter toute initiative qui déclencherait une hausse injustifiée de l’euro ou des coûts de financement au sein de la zone euro. Cela signifie qu’un abandon du biais accommodant serait contrebalancé par une tonalité générale de prudence.

Aucun changement majeur n’est attendu jeudi, ont dit des sources à Reuters la semaine dernière. Les récentes turbulences sur les marchés financiers, la vigueur de l’euro, un fléchissement de l’inflation et l’impasse politique en Italie après les élections législatives de dimanche plaident pour la prudence.

Mais il n’y a guère de doute sur l’orientation générale de la politique monétaire et les investisseurs continuent d’anticiper une hausse de taux directeurs début 2019, qui serait la première depuis plus de dix ans.

3. Quelle est la répercussion de l’appréciation de l’euro sur les débats de politique monétaire au sein de la BCE ?

Depuis la réunion de politique monétaire du 25 janvier, le rythme d’appréciation de l’euro a ralenti et la monnaie unique européenne a même perdu jusqu’à 2% avant de regagner du terrain. Mais elle ne s’est pas dépréciée en terme de taux de change effectif pondéré par les échanges extérieurs, atteignant même un plus haut de plus de trois ans contre la devise américaine à 1,25 dollar le mois dernier.

Le président de la BCE, Mario Draghi, avait éludé la question de la vigueur de l’euro fin janvier en rappelant que la banque centrale n’avait pas d’objectif de taux de change. Il pourrait être à nouveau confronté à la question jeudi alors que le dynamisme de l’économie de la zone euro s’essouffle après un début d’année en fanfare.

L’indice des surprises économiques pour le bloc calculé par Citigroup est tombé au plus bas depuis 2016, repassant même en territoire négatif, ce qui signifie que dans l’ensemble les indicateurs économiques sont récemment ressortis en dessous des attentes.

4. La BCE peut-elle revoir ses anticipations d’inflation ?

La BCE doit publier ses nouvelles projections économiques jeudi mais les économistes ne s’attendent pas à de grands changements dans ses prévisions sur l’inflation et la croissance.

“La combinaison de prix du pétrole et de l’alimentation un peu plus élevés et d’une devise qui s’est appréciée devrait être neutre en termes de projections d’inflation”, a dit Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet Wealth Management.

L’inflation au sein de la zone euro est revenue en février à 1,2%, son plus bas niveau depuis 14 mois, et elle demeure inférieure à l’objectif de la BCE d’une hausse des prix proche de mais inférieure à 2% à moyen terme.

Les anticipations d’inflation à cinq ans cinq ans , une donnée de marché très suivie par la BCE pour apprécier l’ancrage des anticipations inflationnistes, s’établissent actuellement à 1,7%, non loin de leurs plus bas de l’année, signe que la faiblesse de l’inflation demeure un obstacle déterminant à la “normalisation” de la politique monétaire.

5. La BCE s’inquiète-t-elle des risques de guerre commerciale internationale ?

Après la pique de Mario Draghi le 25 janvier qui visait les propos de Steven Mnuchin, le secrétaire américain au Trésor, se félicitant de l’affaiblissement du dollar, les investisseurs seront particulièrement attentifs aux éventuelles déclarations du président de la BCE sur l’annonce par le président américain Donald Trump de son intention d’imposer des droits de douanes élevés aux importations d’acier et d’aluminium.

Les craintes d’une guerre commerciale ont déstabilisé les marchés financiers et porté un coup au dollar, accentuant la pression haussière sur l’euro; un mouvement malvenu pour les responsables monétaires européens, la vigueur de l’euro déprimant les prix à l’importation et compliquant en conséquence la réalisation de l’objectif d’inflation.

avec Saikat Chaterjee et Fanny Porkin, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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