March 6, 2018 / 2:43 PM / 5 months ago

France-Une charte contre les stéréotypes sexistes dans la publicité

* Rééquilibrer les rôles des femmes et des hommes

* Des annonceurs “en phase avec les attentes de leur public”

* Les femmes toujours sous-représentées à l’antenne

PARIS, 6 mars (Reuters) - Les annonceurs et les agences de publicité ont signé mardi avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) une charte de lutte contre les stéréotypes sexistes dans les publicités, en vue d’un rééquilibrage des rôles alloués aux femmes et aux hommes.

Proclamée grande cause nationale du quinquennat d’Emmanuel Macron, la lutte pour l’égalité hommes-femmes a été inscrite dans les compétences du CSA en janvier 2017, avec un amendement à la loi sur l’égalité et la citoyenneté qui le charge de veiller au respect de la dignité des personnes et de l’image des femmes dans la publicité.

Par la charte signée mardi, l’Union des annonceurs (qui compte parmi ses membres Accor, Total, L’Oréal ou encore LVMH), l’Association des agences-conseils en communication (AACC), la filière communication et le CSA s’engagent à lutter contre les stéréotypes sexuels, sexistes et sexués.

Il s’agit notamment de porter une attention particulière aux situations de “sexualisation excessive”.

“Lorsque la publicité utilise la nudité, il convient de veiller à ce que sa représentation ne puisse être considérée comme avilissante et aliénante et a fortiori ne réduise pas la personne à un objet”, précise la charte.

Pour évaluer la possible récurrence de stéréotypes dans leur production, les annonceurs signataires d’un programme spécifique de l’UDA mettront en place des grilles de lecture.

“On rééquilibre les rôles tenus par les hommes et les femmes (...) c’est l’accumulation, la persistance, la récurrence de ces rôles préattribués qui pose problème”, note Sylvie Pierre-Brossolette, présidente du groupe de travail sur le droit des femmes du CSA.

Selon une étude du CSA publiée à l’automne, les rôles d’”experts” dans les publicités sont surtout occupés par des hommes (82%), tandis que les deux tiers des annonces avec une connotation sexuelle mettent en scène des femmes.

S’ADAPTER AU PUBLIC

Le texte charge en outre le CSA de mettre en place un comité de suivi afin d’établir un bilan annuel des bonnes pratiques mises en oeuvre, et de proposer des améliorations.

Faire un constat d’échec est une sanction en soi, note Sylvie Pierre-Brossolette, tout en réservant aux autorités le droit de sortir l’arsenal répressif avec une possibilité de sanction au cas par cas.

“Ce n’est pas simplement par la coercition ou par une soudaine vertu que les publicitaires vont changer de style, c’est aussi par intérêt, pour capter un peu l’intérêt des spectateurs”, poursuit-elle, à l’heure des mouvements de dénonciation qui voient affluer les témoignages de femmes victimes de sexisme, de harcèlement ou de violences sexuelles.

Signataire de la charte, le directeur général de l’Union des annonceurs, Jean-Luc Chetrit, assure pour sa part que ses pairs sont “en phase avec les attentes de leurs publics, doivent avoir un rôle d’impulsion, identifier les stéréotypes d’habitude, comme assigner les femmes dans un rôle domestique, donner aux hommes le rôle d’expert.”

Au-delà des seules publicités, les femmes ont continué d’être sous-représentées (29%) aux heures de forte audience à la télévision et la radio, malgré une légère hausse de leur présence globale sur les antennes (40%, + 2 points), montre un rapport publié mardi par le CSA.

La part d’expertes invitées sur les plateaux a progressé de cinq points, dans un secteur toujours dominé par les hommes (65% d’hommes, 35% de femmes), a fortiori sur les chaînes privées dont le bilan en la matière est plus mauvais que celui du secteur public (41% contre 27%).

Parmi les invités politiques, la part de femmes a reculé de cinq points l’an dernier par rapport à 2016, avec 27% de femmes, un chiffre qui reflète la concentration masculine aux rôles de pouvoir malgré la progression de la parité formelle à l’Assemblée nationale et au gouvernement. (Julie Carriat, édité par Yves Clarisse)

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